×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

International

OMC: Le cycle de Doha agonise

Par L'Economiste | Edition N°:2327 Le 26/07/2006 | Partager

. Echec de la réunion de la dernière chanceLa suspension des négociations à l’OMC risque de signer l’arrêt de mort du cycle de Doha sur un nouvel ordre commercial mondial, faute de consensus politique aux Etats-Unis à propos de l’agriculture, estimaient mardi 25 juillet les analystes. «Est-ce que la suspension du cycle risque d’entraîner sa mort? La réponse est oui», a reconnu le patron de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), Pascal Lamy, après avoir renoncé à obtenir un accord d’ici la fin de l’année. Au mieux, les cinq années de négociations lancées à Doha en 2001 risquent d’être au réfrigérateur pour longtemps, les différents comités de négociations thématiques (agriculture, produits industriels, services...) cessant de se réunir. Lamy s’est refusé à fixer une date pour une reprise des travaux, laissant ce soin aux 149 Etats membres. Les six grands acteurs de l’OMC (Australie, Brésil, Etats-Unis, Inde, Japon, UE) n’ont pas pu s’entendre lundi 24 juillet lors d’une réunion de la dernière chance. Brésil, Inde et UE ont publiquement accusé les Américains d’être responsables de l’impasse en refusant de réduire davantage leurs subventions agricoles. L’échec a enterré tout espoir de parvenir à un accord avant l’expiration des pouvoirs spéciaux de négociation commerciale de l’administration américaine, le 30 juin 2007. Ces pouvoirs permettent à la Maison-Blanche de négocier des accords commerciaux puis de les soumettre au Congrès pour approbation sans que les parlementaires aient le pouvoir de les amender. L’Administration Bush risque d’hésiter à s’engager dans une bataille politique à l’issue incertaine et le prochain président ne sera pas en fonction avant janvier 2009. Par ailleurs, l’Asie-Pacifique, dont la très militante Australie, a exprimé le 25 juillet sa déception, mais a refusé de prononcer la mort de l’ensemble du cycle de Doha. De son côté, Séoul, parlant d’une «impasse regrettable», a dit «espérer» une reprise des négociations «le plus tôt possible». Pour sa part, le ministre néo-zélandais du Commerce, Phil Goff, a souligné que le précédent cycle, le cycle de l’Uruguay lancé au début des années 1990, avait survécu à des crises semblables. Toutefois, New Delhi s’est montrée largement moins optimiste. A noter que l’échec des négociations risque de pousser les pays d’Asie à multiplier les pactes de libre-échange entre eux et à aggraver l’effet «plat de spaghetti», surnom donné par les experts à un méli-mélo inextricable d’accords bilatéraux. Pour sa part, Xavier Compain, président du syndicat d’exploitants agricoles familiaux Modef, considère cet échec comme «une bonne nouvelle pour les peuples et les paysans».



Les perdants et les gagnants de l’impasse

. Les perdants- L’économie mondialeLa Banque mondiale avait assuré qu’une conclusion réussie de Doha sur la libéralisation du commerce permettrait de doper les échanges de plusieurs centaines de milliards de dollars au total et en conséquence la croissance mondiale. Un avis contesté toutefois: la fondation américaine Carnegie estime qu’un accord du cycle de Doha n’augmenterait la richesse mondiale que de 40 à 60 milliards de dollars. Elle doute en outre que la libéralisation des échanges agricoles bénéficie aux pays en développement. Avis partagé par l’ONU qui juge aussi que la libéralisation du commerce n’est pas forcément la panacée pour les pays les plus vulnérables. - Les pays pauvres: Ils avaient le plus à gagner d’une ouverture accrue des marchés agricoles des pays riches. Les pays industrialisés et émergents risquent à présent de multiplier les accords de libre-échange entre eux, en ignorant les pays les moins avancés. - Le Brésil et l’Australie:Poids lourds du nouvel ordre agricole mondial, ces deux grands pays exportateurs comptaient beaucoup sur un accord à l’OMC afin de pouvoir conquérir de nouveaux marchés.. Les gagnants - Les agriculteurs des pays richesDans l’UE, aux Etats-Unis ou au Japon, ils étaient sous pression pour faire des efforts importants en vue d’un commerce plus équitable: baisse des droits de douane surtout pour les Européens et le Japon (l’archipel imposant des droits de douane de... 778% sur le riz!), recul des subventions internes aux exploitants américains. Les producteurs de coton du sud des Etats-Unis perçoivent par exemple plus de 4 milliards de dollars par an de subventions. - L’IndeContrairement au Brésil, l’Inde a tout fait pour protéger ses millions de petits exploitants agricoles d’une concurrence internationale trop féroce et obtient un répit avec la suspension.- Le gouvernement américainAux élections de mi-mandat cet automne, l’Administration Bush et les élus républicains vont se targuer d’avoir tenu bon face aux demandes de baisse des subventions agricoles aux Etats-Unis, où le lobby agricole est puissant.- Certains pays européens:La France et quelques pays européens mettaient un frein à de nouvelles concessions sur l’ouverture des marchés agricoles.Synthèse L’Economiste

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc