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    OCP: L'internationalisation en marche

    Par L'Economiste | Edition N°:452 Le 26/02/1999 | Partager

    Le Groupe OCP vient de passer un accord pour fournir au géant norvégien Norsk Hydro Asa les matières premières phosphatées pour ses centres de production en Europe. Ce partenariat porte sur 160.000 tonnes d'acide phosphorique et doit générer un chiffre d'affaires variant entre 70 et 100 millions de Dollars par an.

    L'information est passée presque inaperçue. Un communiqué de presse lapidaire répercuté par des agences de presse et repris par quelques journaux. Pourtant, la nouvelle est de taille. L'OCP vient de réussir le tour de force en signant un protocole d'accord avec Norsk Hydro Asa, numéro un mondial de l'azote. En fait, les premiers contacts entre le Norvégien et l'OCP remontent à trois ans, au moment de la privatisation de Fertima, filiale de l'OCP.
    Le Groupe sera désormais le fournisseur privilégié des matières phosphatées pour les centres de production d'engrais de Norsk Hydro en Europe. Ce dernier est considéré comme la plus importante société d'engrais azotés avec 17 usines de production.
    L'entrée en vigueur de l'accord démarrera progressivement cette année avec la fermeture de l'usine de Norsk Hydro de Hollande (voir encadré ci-contre). Il faudra attendre l'an 2000 pour une véritable vitesse de croisière
    Pour l'heure, l'accord passé avec le partenaire norvégien va générer un chiffre d'affaires variant entre 70 et 100 millions de Dollars, soit une fourchette entre 670 et 970 millions de DH.
    L'accord prévoit de couvrir les besoins du Norvégien en acide phosphorique ou en engrais. Pour l'Office, c'est un nouveau débouché d'acide et de produits dérivés. En d'autres termes, l'OCP fournira à son partenaire toute la gamme de produits dérivés des phosphates en Europe (acide, phosphates et engrais).
    Il s'agit de 160.000 tonnes d'acide phosphorique, un volume équivalent aux quantités produites annuellement par l'usine de Norsk Hydro en Hollande. "Il en transforme une partie et en vend une autre", précise M. Driss Ksikes, directeur commercial à l'OCP. Pour lui, la fermeture impliquera une réduction de l'offre de ce produit, puisque 160.000 tonnes vont disparaître subitement du marché.
    Cette baisse présente un avantage stratégique pour l'OCP, d'autant que, sur le marché de l'acide phosphorique, il est le premier exportateur avec 50% des parts du marché mondial.
    Avec cet accord, c'est un nouveau partenaire de stature internationale qui accepte de faire alliance avec l'OCP. C'est la politique de diversification et de partenariat initiée par M. Mourad Chérif, directeur général de l'Office, qui s'installe. Après l'Inde, la Chine, la Belgique et l'Allemagne, c'est au tour de la Norvège de marquer sa confiance pour le Groupe. Ce dernier va continuer à sécuriser ses débouchés à long terme sans déséquilibrer le marché.
    Par ailleurs, ce protocole est considéré comme un premier pas vers une coopération plus large avec le Norvégien. D'autres développements vont voir le jour. La coopération qui se dessine devra en effet revêtir d'autres formes de partenariat. Ainsi, il sera question de réaliser en commun des projets d'investissement afin de fabriquer de nouveaux produits. Les possibilités sont énormes, laisse-t-on entendre du côté de l'OCP. Des projets sont déjà identifiés. Il s'agira d'effectuer des études de faisabilité et préciser l'approche économique. Un projet commun à Jorf Lasfar pour la production de l'acide purifié n'est pas écarté.


    Un géant entre au Maroc


    Le groupe norvégien Norsk Hydro Asa pèse 11 milliards de Dollars de chiffre d'affaires, soit presque le tiers du PIB marocain.
    Plusieurs activités contribuent à ce chiffre d'affaires. L'agriculture (ammoniac et engrais) arrive en première position avec 41%. Sur ce registre, Norsk Hydro produit 3 millions de tonnes d'ammoniac et vend plus de 19 millions de tonnes d'engrais dans le monde. Avec de telles quantités, le groupe est leader du marché européen des engrais avec des unités de production dans plusieurs pays du vieux continent. Il dispose d'intérêts dans d'autres pays, notamment au Moyen-Orient et en Amérique du Nord. Le groupe vend des engrais dans plus de 100 pays.
    Cette activité est suivie des métaux légers avec 29%. En effet, Norsk Hydro est l'un des principaux producteurs mondiaux d'aluminium et de magnésium. La production est basée sur l'énergie hydroélectrique générée en partie par des centrales propres du groupe. L'aluminium est produit dans cinq usines en Norvège, le magnésium en Norvège et au Canada.
    Le pétrole et le gaz viennent en troisième position dans la contribution au chiffre d'affaires avec 20%. Sur ce registre, le groupe opère dans la prospection, le développement, l'exploitation des gisements pétrolifères ainsi que dans le raffinage. Norsk Hydro a des intérêts dans tous les systèmes de pipelines pour le transport du pétrole et du gaz naturel en Norvège.
    Le reste revient à la pétrochimie qui contribue à hauteur de 8%. En effet, le groupe norvégien produit du VCM en Scandinavie. Cette matière première est utilisée pour la production de PVC et dérivés en Scandinavie, Grande-Bretagne et en Extrême-Orient.
    La participation de l'Etat au capital se situe à hauteur de 51%. Le groupe norvégien s'est lancé, depuis une vingtaine d'années, dans une stratégie pour développer sa stature internationale. Il a ainsi développé une maîtrise des industries dérivées de l'énergie, particulièrement du pétrole, et une plus grande présence dans le domaine des engrais azotés et phosphatés.


    Recomposition chez Norsk Hydro


    Du statut de producteur à celui d'importateur, il n'y a qu'un pas que s'apprête à franchir le groupe norvégien Norsk Hydro Asa, propriétaire de la filiale hollandaise Hydro-Agri à Rotterdam. Le numéro un mondial de l'azote a en effet décidé de fermer son usine de production d'acide phosphorique. Mais la fermeture de cette unité située à Vlaardingen aux Pays-Bas sera progressive et achevée au plus tard avant fin 1999. Ainsi, l'effectif sera réduit d'environ la moitié, en passant de 167 à 82 person- nes.
    La capacité de production de l'usine est estimée à 160.000 tonnes d'acide phosphorique. L'OCP doit lui assurer un approvisionnement régulier en matières premières et produits intermédiaires. La convention établie entre les deux groupes pourrait se traduire par un transfert des équipements de l'usine de Vlaardingen vers Safi ou Jorf Lasfar. Pour l'heure, le protocole ne prévoit pas de clause dans ce sens.
    Selon un communiqué de presse diffusé par Hydro en Europe, le devenir de l'usine est incertain pour des con- traintes écologiques, mais aussi économiques.
    L'actuel permis d'émission de déchets de production de gypse accordé par les autorités hollandaises expire fin 1999. Après cette date, les mesures réglementaires de protection de l'environnement seront renforcées. En dépit de ces différentes contraintes, l'usine a envisagé dans une première étape la possibilité de maintenir l'activité, mais a fini par abandonner le projet, eu égard aux coûts supplémentaires qu'une telle opération pourrait générer.
    Toujours selon Hydro, la fermeture de l'usine coûtera près de 21 millions de Dollars dont 13 millions seront couverts par les recettes d'exploitation du dernier trimestre 1998. Le reliquat sera financé par les recettes du premier trimestre de cette année.
    Le communiqué précise que la société continuera de produire les fertilisants liquides et solubles, dont le marché est en pleine croissance, sur site de Vlaardinguen.

    Mohamed CHAOUI

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