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    Economie

    OCP: Les détails de la stratégie 2008-2020

    Par L'Economiste | Edition N°:2829 Le 28/07/2008 | Partager

    . Baptisée Leadership 2009, son cheval de bataille est un hub . Un port et un pipeline pour séduire les investisseurs. Des usines «Plug and Play» à Jorf Lasfar«Piloter le changement»! Voilà la devise choisie par l’Office chérifien des phosphates (OCP) pour sa nouvelle stratégie industrielle et commerciale 2008-2020. Baptisée «Leadership 2009», son articulation se base sur cinq axes: production, gisements, logistique, développement durable et recherche-développement. Elle s’insère dans un planning lancé dès 2006. Ses points cardinaux sont la mutation statutaire de l’Office en SA, la restructuration financière et l’ouverture du capital, en cours de finalisation, aux institutionnels nationaux...«Leadership 2009 est actuellement en cours de déploiement et devrait s’achever à la fin de l’année prochaine», assure Mostafa Terrab, DG de l’OCP. L’idée est d’anticiper sur l’avenir. Car la physionomie du marché mondial d’engrais de phosphates (DAP et MAP) va relativement changer. L’International Fertilizer Association (IFA) table d’ici trois ans sur une production en hausse de 4 millions de tonnes de DAP. Saoudiens, Tunisiens, Algériens, Jordaniens, Péruviens... vont se lancer sans pitié dans une course à la production. Le projet le plus proche est une usine d’acide phosphorique à Skhira en Tunisie. Son démarrage est prévu pour fin 2009. Avec son complexe Al Jalamid, annoncé pour début 2011, l’Arabie Saoudite mise gros: un investissement de 5,6 milliards de dollars pour une production annuelle de DAP qui flirte avec les 3 millions de tonnes. Ce qui représente plus que le double des capacités des exportations marocaines en engrais d’ammonium de phosphates. Les Américains, par contre, font marche arrière. Ils réduiront d’un million de tonnes de P205 leur capacité de production d’ici 2011. Les stratèges de l’OCP ripostent par les usines «Plug and Play» à Jorf Lasfar. La nouvelle filiale porte le nom de Jorf Phosphat Hub (JPH). «Une sorte de TMSA des phosphates ayant des capacités de production dissuasives vis-à-vis des concurrents», commente le PDG de l’Office. Cette plateforme est destinée aux investisseurs étrangers et particulièrement les poids lourds du marché. Les entreprises s’y implantent pour fabriquer leurs produits phosphatiers. La semaine dernière, des mémorandums ont été envoyés à une quinzaine d’opérateurs. «L’OCP met à leur disposition des terrains, une usine clés en main, main-d’œuvre qualifiée, logistique, approvisionnement en minerai et produits intermédiaires», poursuit-il. D’ici 2020, dix nouvelles unités de production d’engrais seront lancées pour un coût d’installation de 600 millions de dollars/unité et une capacité de production d’un million de tonne/an. «Ces futures usines pourraient s’opérer en joint-ventures s’il y a une demande dans ce sens», précise Mohamed El Kadiri, SG de l’Office. L’OCP l’a déjà fait avec le Pakistanais Fauji et le Brésilien Bunge. La plate-forme est dotée aussi d’un port en eau profonde où accosteront des bateaux d’une capacité d’environ 100.000 tonnes. Réduire les coûts et fiabiliser l’approvisionnement sont les pièces maîtresses de ce concept. «Les mines marocaines de phosphates ont une réserve de 700 ans», argumente le top management. L’OCP devra conforter son rôle de 1er exportateur en régulant le marché. Comment? «En comblant le gap de la demande pour éviter que les concurrents ouvrent de nouvelles mines. Notre production va passer de 33 à 55 millions de tonnes», rétorque Terrab. Mais tout se joue sur les coûts de production, dont le transport. Le hub de Jorf Lasfar sera relié à Khouribga par un pipeline pour minerai d’une longueur de 250 km. «Il faut être leader en coût puisque le prix FOB du transport sera de 7 dollars», résume Terrab. Le phosphate, dilué avec l’eau dessalée, sera transporté par un système de gravitation. Actuellement, le transport de la production se fait par train. C’est à ce titre que les deux Offices, des phosphates et des chemins de fer, négocient «en toute sérénité un contrat de transition», selon la formule de Terrab. La dernière réunion remonte à mardi dernier. Le budget du pipeline est estimé à 2,5 milliards de dollars. Un investissement qui regroupe la conduite, l’extension du port, le dessalement de l’eau et d’autres infrastructures... L’activité phosphatière du port de Safi sera, elle aussi, déplacée à côté du site de Maroc Phosphore.


    Savoir-faire et gros contrats

    L'OCP ne se contentera plus d’exporter le minerai mais aussi de vendre du conseil et du savoir-faire: conception et construction de complexes phosphatiers. Premier client, Libya Africa Investment Portfolio. Avec qui l’OCP a signé un mémorandum de faisabilité. Le projet, d’un montant d’un milliard de dollars, porte sur la création de 3 unités. Elles vont d’ici 2011 produire un million de tonnes/an d’acides phosphoriques notamment. Le DAP sera produit à Jorf Lasfar, l’ammoniaque en Libye et les engrais dans une unité dont le site n’est pas encore fixé. Ce projet va développer également la production minière de Khouribga pour passer de 18 à 38 millions de tonnes de roche par an. «Nous visons non seulement le marché libyen des engrais, mais aussi le marché africain», conclut le DG de l’Office. Un autre protocole d’accord a été signé avec un consortium indonésien.Faiçal FAQUIHI

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