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    Nucléaire : La première centrale opérationnelle dans quinze ans

    Par L'Economiste | Edition N°:220 Le 07/03/1996 | Partager

    Le Maroc entrera probablement dans le cercle des pays produisant de l'énergie nucléaire. L'enjeu est de diversifier les sources d'énergie et de réduire la dépendance du pays par rapport à l'étranger. L'atout de l'électronucléaire, c'est surtout et avant tout sa compétitivité par rapport aux autres techniques de production.


    Dans une perspective à long terme, l'option du nucléaire dans la production de l'électricité est devenue un acquis. Valeur aujourd'hui, explique M. Driss Benhima, directeur général de l'Office National de l'Electricité, la capacité du réseau ne justifie pas l'introduction d'une centrale nucléaire. Selon les projections du Ministère de l'Energie et des Mines, l'énergie atomique ne peut être introduite dans des conditions de sécurité pour le réseau qu'au-delà de 2.010. Par ailleurs, les experts de l'ONE estiment en effet qu'à cette échéance la puissance maximale appelée à la pointe sur le réseau national pris isolément atteindra 6.000 mégawatts environ, niveau permettant d'envisager l'insertion d'une unité électronucléaire dans le réseau du palier 900 Mw représentant le seuil minimum d'efficacité.

    L'argument du coût de production

    Deux contraintes restent cependant à lever: outre la capacité d'absorption du réseau, il faudra être en mesure de pallier tout incident en disposant instantanément d'une réserve capable de relayer la centrale en cas de panne, soit l'équivalent de 1.000 mégawatts.
    En sa faveur, le nucléaire a surtout l'avantage d'offrir de l'électricité bon marché. Par rapport au thermique et à l'hydraulique, sa compétitivité est indiscutable. L'argument du coût de production sera de fait déterminant au moment où il faudra définitivement décider de la poursuite du programme dans l'un des pays où l'électricité est la plus chère au monde. De même, le nucléaire pourrait contribuer à la couverture des besoins de certaines régions en eau potable, grâce notamment à la technique de dessalement de l'eau de mer. Avec l'AIEA (Agence Internationale de l'Energie Atomique), l'Office National de l'Electricité est interlocuteur dans un projet de production d'eau par le nucléaire.
    Pour l'instant, il est prévu la construction d'un centre d'études nucléaires dont le rôle sera, entre autres, d'assurer la formation du personnel.
    Le site retenu est la forêt de la Maâmora. Ce centre sera doté d'un réacteur de type Triga Mark II de conception américaine d'une puissance de 2 mégawatts avec une possibilité de passage à 3 Mw. Les travaux étaient en principe programmés en 1995 et sa mise en service effective en 1997, mais le projet a dû accuser douze mois de retard sur le calendrier initial en raison des contraintes financières.

    Réduire la part du thermique

    D'après nos indications, le problème a été résolu et les négociations seraient enfin entrées dans la dernière ligne droite avec l'entreprise qui pilotera la réalisation du projet.
    L'énergie électronucléaire s'inscrit dans la politique de diversification des sources d'électricité. Les pouvoirs publics ont maintes fois réaffirmé "l'impérieuse nécessité" de réduire le poids du thermique et l'excessive dépendance énergétique du pays de l'extérieur. En attendant l'infrastructure, c'est le Conseil National de l'Energie Nucléaire (CNEN) qui sera chargé de définir les orientations générales en matière d'énergie nucléaire.
    Dans la perspective aujourd'hui quasi-certaine de la réalisation d'une centrale électronucléaire, le CNESTEN (Centre National de l'Energie, des Sciences et des Techniques Nucléaires), chargé de la gestion du Centre de la Maâmora, prêchera les vertus de l'atome auprès du public. M. Khalid El Mediouri, directeur général du Centre, estime qu'il faut convaincre l'opinion par l'information. Les risques, certes maîtrisés, que présente le nucléaire font de la transparence de l'information un facteur capital. La sûreté du site arrive en tête de liste des préoccupations des gestionnaires des centrales nucléaires et de l'opinion publique, de même que le retraitement des déchets radioactifs. A l'heure actuelle, seule une poignée de pays disposent de moyens techniques adéquats pour assurer le recyclage de leurs déchets. D'autres déversent les leurs dans les pays en développement avec la complicité d'élites dirigeantes de ces pays. La presse internationale se fait d'ailleurs régulièrement l'écho de trafics clandestins de matières radioactives.
    En dépit de niveaux assez bas des cours du pétrole, la part du nucléaire dans la production de l'énergie va en s'accroissant. Le Conseil Mondial de l'Energie estime que d'ici le début du XXIème siècle la moitié de l'électricité produite dans le monde sera issue de l'atome.

    Abashi SHAMAMBA

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