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Economie

Nouveau projet de réforme à l'éducation nationale : Des enseignants: "Pas dans le coup"

Par L'Economiste | Edition N°:219 Le 29/02/1996 | Partager

L'école, ce sont des élèves face à un enseignant. Aussi toute tentative de changement doit-elle impliquer en premier ressort ces enseignants. Le risque est "qu'ils rejettent une réforme, qu'ils pourraient considérer" comme "une ingérence dans leur travail par l'administration de tutelle".

Ce risque n'existe pas, soulignent les responsables du Ministère. En fait, les enseignants sont mis au courant: une enquête a été lancée pour recueillir leurs impressions sur le système d'enseignement actuel. A ce niveau, des questionnaires ont été envoyés auprès d'un échantillon de 10%, réparti sur toutes les régions du pays.

Mais au Lycée Imam Malek de Aïn Sabaâ-Hay Mohammadi , et au Collège Mohamed Abdou d'Anfa, la dizaine d'enseignants interrogés par nos soins n'ont pas entendu parler de ce questionnaire.

Le taux de réponses, assure le MEN, est de 100%. Ce qui "illustre la conscience des enseignants des enjeux et de la nécessité de revoir l'enseignement", estime le Ministère.

Le questionnaire comporte des questions fermées, où l'interviewé a à cocher la case correspondante à son impression, et des questions ouvertes où il devra faire part de son avis.

Le questionnaire se compose de plusieurs parties, chacune traitant d'un aspect bien déterminé qui peut être différent selon la fonction de l'interviewé. Des questions concernent les objectifs, qu'ils soient généraux ou spécifiques, le contenu des programmes, les méthodes et moyens didactiques ainsi que le suivi et l'évaluation de l'élève, etc...

A titre d'exemple, le questionnaire relatif à l'évaluation du 2ème cycle de l'enseignement fondamental comporte une question où l'enseignant est appelé à donner son avis sur l'adéquation des procédés d'évaluation avec:

- les programmes et les recommandations pédagogiques;

- l'horaire imparti;

- la réalité de l'école marocaine.

L'interviewé doit choisir parmi cinq options: tout à fait adéquats, adéquats, sans opinion, inadéquats ou tout à fait inadéquats.

Mais il n'en reste pas mais qu'un sentiment de marginalisation est ressenti par les enseignants. L'avis d'un professeur de langue anglaise exerçant dans un lycée casablancais, qui "n'a aucune idée sur le questionnaire", résume ce sentiment. Raison: le système des académies "ne nous donne plus la possibilité d'évaluer nos propres élèves". Les examens et même les corrections sont préétablis. Si c'est l'équité qui est recherchée par le système des académies, "il faudrait au moins que tous les élèves du pays aient les mêmes épreuves", estime cette enseignante.

M.E.


La corvée d'eau plutôt que l'école

A la campagne, 4 personnes sur 5 ne sont jamais allées à l'école. Dans les villes, l'analphabétisme touche actuellement plus d'une personne sur trois. La situation est encore plus dramatique pour les femmes: presque la moitié des citadines (47%) est analphabète, tandis qu'à la campagne, il est quasi-impossible d'échapper à l'analphabétisme: seulement une femme sur dix sait lire et écrire.

Mais les chiffres sont aussi inquiétants pour l'avenir: la situation ne va pas s'arranger rapidement. En effet, le taux de scolarisation est médiocre, voire faible. Seuls 59,5% des enfants et adolescents marocains entre 7 et 13 ans(1) vont à l'école. En ville, 81,5% des enfants sont scolarisés, alors qu'à la campagne seulement deux enfants sur cinq fréquentent l'école (39,9%).

Après les mères, les filles

La situation des filles n'est pas très éloignée de celle qu'avaient vécue leurs mères: deux garçons sur trois (68,3%) vont à l'école, mais seulement une fille sur deux (49,5%) y va, en moyenne dans le pays.

En ville, la scolarisation des garçons, et même des filles a gagné du terrain par rapport à ce qu'avaient vécu leurs parents. Trois filles sur cinq (78,1%) suivent une scolarité en ville, mais une seule fille de la campagne sur quatre (24,6%) va à l'école. Ainsi, à quatre ans de l'an 2000, les quarante années d'efforts depuis l'indépendance n'ont eu que peu de résultats. Les messages selon lesquels le développement est intimement lié à l'éducation, surtout celle des femmes, ont eu peu d'impact. Apparemment, les campagnes de formation pour le contrôle des naissances ont eu plus de portée que les efforts pour la scolarisation des filles.

"Pour les filles, le véritable concurrent de l'école, c'est la corvée ménagère, surtout celle de l'eau". C'est ce qu'explique M. Mohamed Kharbach, directeur de l'Enseignement Secondaire. Observation simple, mais qui jusqu'à présent n'avait pas été ressentie suffisamment fort pour être un élément de stratégie(2).

Une autre leçon ressort des propos des responsables du Ministère de l'Education Nationale: se rapprocher des besoins réels et pratiques des familles dont on veut attirer les enfants.

M.E.J.

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