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«Nous n’avons pas relevé de ventes à découvert»Dounia Taarji, DG du CDVM

Par L'Economiste | Edition N°:2868 Le 25/09/2008 | Partager

. Nous allons continuer nos investigations. La conjoncture internationale a beaucoup joué sur la psychologie des vendeurs. Attention aux anticipations spéculativesLe gendarme du marché analyse la portée de la correction du 15 septembre. Pour les transactions de la semaine dernière, les investigations du CDVM font partie des procédures d’usage. Mais il n’y a pas d’enquête au sens juridique du terme. Du moins pas pour l’heure. Alors que le débat fait rage sur les dérives des ventes à découvert, Dounia Taarji explique pourquoi le Maroc avait pris ses précautions en interdisant depuis longtemps ce type d’opérations. Entretien - L’Economiste: Quel regard portez-vous sur la correction du lundi 15 septembre?- Dounia Taarji: Elle était attendue, même si beaucoup pensaient que nous aurions «un atterrissage en douceur». En effet, le niveau de valorisation de notre marché, et de certaines valeurs en particulier, était trop élevé; et depuis un moment, les analystes appelaient à un retour à des valorisations plus raisonnables. Maintenant, le moment du déclenchement a surpris beaucoup de gens. Je suis persuadée que le contexte de crise financière internationale a beaucoup joué sur la psychologie des vendeurs, qui ont souhaité vendre «avant que cela ne baisse comme cela se passe ailleurs». D’ailleurs on retrouve, parmi les principaux vendeurs, des institutionnels étrangers habituels de notre marché, qui devaient solder leurs positions compte tenu de ce qui se passait ailleurs. - Toujours pour cette journée du 15 septembre, avez-vous constaté des dépassements pour certains ordres de vente? - Nous étudions les fichiers des transactions pour voir si des transactions suspectes ont été réalisées, ou si des comportements non conformes aux règles sont relevés, et cela fait partie de notre travail habituel. Ainsi par exemple, pour rechercher les tentatives de manipulation de cours, nous regardons les ordres fictifs ou les ordres hors fourchette. Nous ne diligentons une enquête que si nous relevons des éléments anormaux qui ne sont pas élucidés après les premières collectes d’informations auprès des sociétés de Bourse, ce qui prend un peu de temps. A la date d’aujourd’hui nous sommes toujours dans cette phase d’analyse, et aucune «enquête» (dans le sens juridique du terme) n’est pour le moment en cours sur les transactions de la semaine dernière. Nous allons continuer nos investigations, et bien entendu si nous relevons quelque chose d’anormal, nous mettrons en œuvre les mécanismes de sanction prévus par la loi.- Certaines critiques sont tournées vers les ventes à découvert que l’on accuse d’avoir précipité la baisse. Faut-il s’attendre à une nouvelle jurisprudence du CDVM en la matière?- Les ventes à découvert sont sous le feu des projecteurs à l’étranger car c’est une technique spéculative qui peut avoir pour résultat d’accélérer les mouvements de baisse. Au Maroc, cette technique est interdite tacitement car nous avons construit nos règles sur le principe qu’on ne peut pas vendre des titres que l’on ne possède pas encore. De ce fait, ce n’est pas une technique habituelle, et même si les opérateurs nous ont souvent demandé de réfléchir à un assouplissement de notre position en la matière, le CDVM garde une approche conservatrice sur ce sujet. Dans la pratique, elle est rendue impossible par deux verrous:- la plupart des sociétés de Bourse ont des systèmes de contrôle informatique qui vérifient que les titres mis en vente sont effectivement détenus par le vendeur avant de valider l’ordre de vente. Ceci en particulier pour les sociétés de Bourse qui sont dépositaires ou pour les sites de Bourse en ligne.- Le principe de la vente à découvert c’est que l’on vend un titre que l’on ne possède pas, anticipant sur la baisse de son cours. Pour le livrer, on emprunte un titre, et quand le cours a baissé on rachète le titre pour rendre celui qu’on a emprunté. Il faut donc, pour que cette technique spéculative fonctionne, qu’il y ait un marché du prêt de titres qui soit actif. Ce n’est pas le cas au Maroc, il n’y a aucun encadrement du prêt de titres, lequel n’est utilisé pour l’instant que de façon exceptionnelle.En revanche, les ventes à découvert sont une pratique courante sur les marchés internationaux, et il n’est pas impossible que les brokers étrangers y aient recours sur notre marché. Comme généralement ils passent par une société de Bourse qui n’est pas leur dépositaire, la société de Bourse ne peut savoir, au moment où le broker étranger passe son ordre, si les titres sont effectivement détenus ou non. Si les titres sont vendus à découvert, cela se traduira par un suspense au moment du dénouement, car le dépositaire ne disposera pas des titres à livrer. C’est un des indicateurs que nous suivons.Donc, à ce jour, le CDVM n’a pas relevé de ventes à découvert qui auraient servi de détonateur à la baisse du 15 septembre, mais nous continuons nos investigations. Et il n’est pas nécessaire de changer notre jurisprudence en la matière car nous avons déjà une position très conservatrice.- Mais est-ce qu’il n’y a pas de risque de brimer le marché, la spéculation étant quelque part au cœur du fonctionnement de la Bourse. Autrement dit, comment concilier entre les impératifs de liquidité et de transparence?- Ce n’est pas une question facile et le CDVM ne prétend pas avoir une réponse toute faite. Aucun système n’est parfait, il y aura toujours des règles pensées pour protéger et limiter les risques et des gens qui essaieront de gagner plus en étant «borderline» ou en ne respectant pas les règles.- Les investisseurs semblent démunis face aux faux signaux sur les cours?- S’il était possible de lire de façon infaillible des signaux qui permettent de deviner l’évolution future des cours, nous serions tous milliardaires, ou plutôt il n’y aurait plus de marché! La seule façon de se protéger c’est de prendre des décisions basées sur une analyse sérieuse des fondamentaux des entreprises, et non sur des anticipations spéculatives. Ce n’est pas forcément l’attitude la plus payante à court terme, mais c’est la seule rationnelle à moyen terme.


25% de vendeurs étrangers

Selon l’analyse du CDVM, les statistiques des intervenants sur la Bourse pour les 3 journées du 15 au 17 septembre montrent que:- les vendeurs ont été les personnes physiques marocaines (26% des ventes), suivies par les étrangers (25%) puis par les OPCVM (24%). Les acheteurs sont d’abord les personnes morales marocaines (50% des achats) suivies par les personnes physiques marocaines (28%).- Le vendeur le plus important a représenté uniquement 10% du volume global des ventes. C’est un OPCVM marocain.- L’acheteur le plus important a représenté 14% des achats. C’est un institutionnel marocain.- Les programmes de rachat ont été fortement mis à contribution pendant ces 3 jours. Ils représentent l’une des façons de «protéger» le cours pour les petits porteurs dans des périodes de forte baisse, mais ne peuvent pas empêcher la baisse.Propos recueillis par Mohamed BENABID

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