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Notre développement sera dans la petite entreprise
Par Zakaria FAHIM, membre du Centre des Jeunes Dirigeants

Par L'Economiste | Edition N°:2160 Le 29/11/2005 | Partager

La création d’entreprise doit être ouverte à toute personne porteuse d’un projet viable, nonobstant l’épaisseur de son portefeuille. On se lamente à juste titre que notre système scolaire n’ait pas encore réussi sa mission de transmettre des compétences et non pas du savoir pour le savoir, pour que tous -et non pas une minorité- puissent avoir un métier et des perspectives. L’Education nationale n’a pas pu mettre les jalons pour encourager la graine d’entrepreneurs. En effet, les jeunes dans leur majorité plébiscitent le fonctionnariat.Pourquoi? On leur a toujours expliqué que leur contribution se limitait à exécuter des tâches définies par d’autres et ce, jusqu’à la retraite. On a oublié de leur rappeler que les temps ont changé et que l’Administration fait une cure amaigrissante pour revenir à des standards plus acceptables. Le ratio masse salariale de la Fonction publique/PIB est de l’ordre de 6 à 7% dans des pays à économie similaire, contre 13% au Maroc.Tout cela pour dire que la création de richesses passe par l’entreprise et que l’administration, en rationalisant ses effectifs, essaye de se recentrer sur sa mission régalienne pour être un facilitateur pour les opérateurs privés et l’interlocuteur du justiciable. Il serait dans ce cas irresponsable de mettre de côté les principes de l’orthodoxie financière et oublier le postulat: «Tout projet rentable doit trouver financement». Mettre le financement comme un préalable est une erreur de diagnostic et un frein à l’esprit d’entreprendre.Nous sommes persuadé qu’il faut soutenir contre vents et marées, les quelques promoteurs «fous» qui veulent se lancer dans la création d’une entreprise. La responsabilité de la collectivité est d’aider celui qui accepte de prendre le risque, à apprendre son métier d’entrepreneur. Celle du banquier est de s’inscrire dans une dynamique (qu’il aurait dû toujours avoir) et arrêter d’être un prêteur sur gages. Il est vrai que l’absence de transparence militait difficilement pour le contraire.Aujourd’hui, la dimension humaine de l’entreprenariat commence à être appréhendée par les décideurs politiques qui veulent encourager les jeunes qui osent en levant certains freins à la création. Beaucoup oublient que la TPE (toute petite entreprise) est le premier employeur du Maroc et que surtout, elle n’est pas une grande entreprise en miniature.. Le Maroc ne sera jamais un pays industrialisé La TPE a des attentes spécifiques et répond à des caractéristiques propres. Le créateur d’une TPE, souvent porteur de projets faiblement capitalistiques où ses atouts sont sa combativité, sa proximité, sa réactivité et son prix. Il peut dans la plupart des cas, démarrer chez lui avec un besoin en fonds de roulement réduit.En effet, nous devons nous rappeler que le Maroc n’est pas et ne sera pas un pays industrialisé, même si des niches de cotraitance sont à développer dans le cadre du partenariat, notamment Euromed. Et si le Maroc est le monde de la TPE, il est d’abord et surtout celui des services.Le jeune qui se lance dans les services de proximité, dans la sous-traitance, a besoin beaucoup plus d’un cadre juridique sécurisant que de fonds importants de démarrage (même s’ils sont toujours les bienvenus).La SARL à 10.000 dirhams, libérable par quart, répond exactement aux attentes des jeunes créateurs riches en projets, mais souvent sans le sou.Cette mesure a pour principale vocation de démocratiser l’acte de création d’entreprise et d’éviter aux créateurs d’entreprise de démarrer dans l’informel. Et à l’instar de la cigarette, beaucoup essaient d’arrêter mais il y a très peu d’élus. L’accoutumance est rapide et la tentation de continuer de confondre chiffre d’affaires avec bénéfice est très forte.L’autre alternative qui se présente aux créateurs potentiels de projets à taille humaine, découragés par le montant élevé du capital social de la SARL ou de la SA, c’est de créer une entreprise individuelle en espérant changer cette structure en société. Mais souvent, cela ne se fait pas par peur des conséquences fiscales liées à la transformation de l’entreprise individuelle, ou par négligence.Alors pourquoi hypothéquer le patrimoine personnel de l’entrepreneur en l’obligeant à passer par l’entreprise individuelle qui implique une unicité des patrimoines personnel et professionnel? Entreprendre, c’est prendre des risques et il faudrait limiter le risque aux fonds investis dans le projet si, par malheur, l’aventure n’aboutissait pas.Faudrait-il continuer de s’inscrire dans la bipolarité informel/chômage? L’avenir de l’entreprise Maroc, TPE ou PME, est dans le service.Le créateur doit apprendre son métier d’entrepreneur. Comment? Nos entrepreneurs doivent donner aux jeunes talents un peu de leur temps pour les accompagner dans cette belle aventure. L’accompagnement d’un créateur, par son pair expérimenté et formé, pendant 18 à 24 mois, est une réponse forte contre la mortalité prématurée de la petite entreprise.Osons croire en ces jeunes qui, chaque fois qu’on les a interpellés pour créer, ont répondu présent. L’émission Challengers a été un témoin pour nous rappeler que la bouteille est à moitié pleine. Les mesures de soutien financier proposées par le gouvernement peuvent paraître pour un profane en dehors des normes édictées par le banquier, à savoir un engagement réciproque banquier/entrepreneur 50/50, si on omet de rappeler que l’Etat prend en charge 85% du risque crédit par l’intermédiaire de la Caisse centrale de garantie.Tout le monde n’a pas un Père… Noël, l’Etat peut apporter à ces jeunes exclus actuellement du système bancaire, dont le seul capital est leur know-how et leur volonté de gagner, une aide financière conditionnée à un accompagnement à travers des réseaux ad hoc et à la production de comptes certifiés et/ou supervisés par un professionnel pour une meilleure lisibilité de leurs opérations comptables et financières.Il ne faudra surtout pas répéter l’erreur commise lors de l’octroi du crédit dit «jeunes promoteurs». Si l’Etat doit financer indirectement des créateurs d’entreprises via sa garantie en endossant l’habit du capital risker, il doit exiger et s’assurer que ces deniers sont affectés à leur objet. C’est dans l’intérêt des deux parties. Le rêve du jeune ne doit pas se transformer en cauchemar.


La SARL à capital librement fixé a le vent en poupe

A son lancement en août 2003 en France, personne ne croyait en la mesure-phare de la loi Dutreuil, à savoir la SARL à 1 euro.Qu’en est-il deux ans plus tard? Les chiffres parlent d’eux-mêmes: 9.000 SARL à 1 euro créées à Paris. En 2003, elles ne représentaient que 1,69% des SARL immatriculées, contre 33% en 2005.En terme de pérennité, seuls 4% des SARL à 1 euro ont cessé leur activité. Les créateurs ont compris la portée de cette mesure: permettre de mettre les pieds à l’étrier.Beaucoup de porteurs de projets ont compris qu’il n’est pas possible d’évoluer avec 1 euro. Seuls 5% ont démarré avec 1 euro, la moyenne est plutôt de l’ordre de 2.000 à 2.500 euros.Les banques au départ sceptiques, ont finalement joué le jeu et sur Paris, 300 prêts non garantis ont été accordés sur 2005.

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