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Normalisation comptable : Le bilan "stérile" devient un outil de gestion

Par L'Economiste | Edition N°:98 Le 07/10/1993 | Partager

Dans le nouveau plan comptable (NPC), la conception du bilan adopte une approche financière. Ce qui constitue, aux yeux des spécialistes, une innovation majeure par rapport à la version de 1957.

"Autrefois le bilan était un alignement de chiffres, une photographie de l'entreprise établie à un moment conventionnel. Aujourd'hui, il devient un instrument de gestion", constate M. Rachid Bellal, expert comptable. "Nous avons désormais un bilan intelligent. C'est très parlant", ajoute M. Az-Eddine Chraibi, professeur universitaire et expert-consultant. "Sous le régime de 1957, le bilan ne traduisait pas l'image fidèle de l'entreprise. Avec le NPC, il est devenu plus fonctionnel, avec à l'appui un comparatif avec l'exercice précédent" renchérit M. Mohamed Hassoune, responsable de la comptabilité du groupe Ciments du Maroc. Pour sa part, M. Jaouad Chbani Idrissi, expert-comptable et membre de l'AMDEC, estime que "la conception du nouveau bilan permet de ressortir facilement le fonds de roulement fonctionnel, le besoin de financement global et la trésorerie nette de l'entreprise". Il ajoute "désormais, le bilan est un outil d'analyse financière".

Experts ou responsables comptables d'entreprises, les professionnels ne tarissent pas d'éloges à l'adresse du nouveau bilan (BL), un des cinq états de synthèse prévus par le NPC dans le cadre du modèle normal. S'il s'inscrit, par endroit, en rupture avec l'ancienne version de 1957, il présente, en revanche, de nettes ressemblances avec le BL, tel que conçu par le plan comptable général français de 1982.

Classification fonctionnelle

Dans la présentation générale du bilan sous le régime de 1957, les actifs sont classés par ordre de liquidité croissante. Autrement dit, "du plus lourd au plus léger" : valeurs immobilisées, stocks, comptes de tiers, comptes financiers. De leur côté, les comptes du passif sont classés par ordre d'exigibilité croissante : capitaux permanents, comptes de tiers et comptes financiers.

Sous le régime du NPC, la classification des emplois et des ressources abandonne les critères de liquidité-exigibilité au profit de celui de la nature des actifs et passifs. "C'est la destination finale de l 'opération qui détermine le classement", fait observer M. Chbani Idrissi. Résultat, les "emplois" sont classés en fonction de leur destination économique, alors que les "ressources" sont classées en fonction de leur origine. C'est toute l'approche financière du NPC qui ressort au niveau du bilan, font remarquer les spécialistes.

L'actif est divisé en trois "masses" : Actif Immobilisé, Actif Circulant (hors trésorerie) et Trésorerie Actif.

L'actif immobilisé se ventile en cinq catégories : immobilisations en non-valeurs (frais d'établissement), immobilisations incorporelles (brevets, marques...), corporelles (terrains, matériel et outillage...), financières (prêts immobilisés...) et écarts de conversion. Par rapport au plan de 1957, les experts font remarquer que les immobilisations incorporelles ont été érigées en rubrique. Ils mettent, d'autre part, en relief l'apparition des comptes des écarts de reconversion. En effet, le Code général de normalisation comptable prescrit que les "créances immobilisées" et les "dettes de financement" en monnaies étrangères doivent être obligatoirement converties et comptabilisées en DH sur la base du dernier cours de change connu à la date de clôture de l'exercice.

Dans l'Actif circulant, on retrouve les comptes des ex-valeurs d'exploitation et valeurs réalisables. Cette deuxième "masse" est ventilée en quatre catégories : stocks, créances de l'actif circulant, titres et valeurs de placements ainsi que les écarts de conversion.

Résultat net de l'exercice

Enfin, le compte financier qui a cédé la place à une terminologie plus soft : "Trésorerie-Actif", ne constate plus que les disponibilités en caisse, banque et chèques postaux...En revanche, tout ce qui est prêts à moins d'un an, effets à recevoir... intègrent l'Actif circulant. "Ceci marque le côté fonctionnel des postes du bilan. Car il y a toujours le risque de ne pas être payé..."

Côté passif, la plus grande innovation apportée par le NPC est que le résultat net de l'exercice n'est plus inscrit au "bas du bilan". Désormais, il figure dans la masse du "financement permanent", I 'équivalent des capitaux permanents dans le plan de 1957. Ce qui est, indiquent les experts, une décision logique et normale : "lorsque le résultat de l'exercice est conservé dans l'entreprise, il constitue l'auto-financement. Donc, il fait partie du financement permanent de l'entreprise". Le financement permanent reprend sous une nouvelle terminologie les principaux postes figurants dans les capitaux permanents (capitaux propres, réserves, dettes à moyen et long termes...). On notera ici également le rajout du compte écarts de conversion.

Il en est de même pour la seconde masse, le "passif circulant" hors trésorerie qui coiffe l'essentiel des comptes des tiers et comptes financiers.

Enfin, au niveau de la "Trésorerie-Passif", on remarque l'apparition d'un nouveau compte : crédit d'escompte.

A.Z.

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