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    Tribune

    Non, Amine, ne pars pas !

    Par Mohamed Laaroussi

    Par L'Economiste | Edition N°:609 Le 05/10/1999 | Partager

    · Le DG d'Avenir Conseil, Mohamed Laroussi, invente une autre fin au roman de Réda Lamrini, «Les puissants de Casablanca»

    Non, tu ne partiras pas. Pas toi, Amine. Pas moi. Aucun de nous ne doit partir. Si nous partons, nous leur rendrons service. Si nous partons, eux resteront. Et ils profiteront de notre fuite pour se régaler, détruire, voler, piller, et tout cela en toute impunité et en toute tranquillité. Dis-moi: si tu surprends des cambrioleurs chez toi, dans ton propre foyer, est-ce que, honnêtement et sans rougir, tu prendrais la fuite, est ce que tu lâcherais, est-ce que tu délaisserais, est-ce que tu laisserais tomber, tout ce que, honnêtement et à la sueur de ton front et celui de ta famille, tu as réussi à bâtir, à mettre en place et à organiser? Non, je sais, tu ne le feras pas, je sais que tu ne vas pas fuir, pas toi, pas moi, pas nous. Non, nous, nous n'allons pas prendre nos enfants et les arracher de leur terre, de leurs racines, "pour les sauver". Ce n'est pas à nous de nous sauver. Si nous nous sauvons, eux vont rester là, sains et saufs. Non, tout sauf ça.
    A nos enfants, nous devons leur apprendre à se battre, tout le temps et toujours: se battre d'abord pour ce qui leur appartient -et le Maroc appartient, avant tout, à nos enfants-; se battre pour ce qui appartient aux autres et que d'autres leur ont enlevé; se battre pour ce qui appartient à tous et que seuls quelques-uns se sont appropriés.
    Oui, Amine, je sais que Youssef a compris, t'a compris, mais il n'a pas réussi à te convaincre, n'a pas réussi à te retenir. Tu es écoeuré, tu es mal dans ta peau, et tu as mal dans ta chair. Et parce que tu as mal, tu fuis, tu veux fuir comme un lâche, comme un "bon à rien".
    Mais je sais que tu le sais: le lâche, le "bon à rien", c'est lui, ce salaud de Yamani, ce sont eux les lâches et les voyous, ses amis, ses chefs et ses sous-chefs, ses protecteurs et ses protégés, ceux qui se croient tout permis, qui volent et qui violent comme pas permis. Ce sont eux les lâches les voyous, et tu le sais bien. Au premier coup de vent, ils commencent à trembler et ils font dans leur froc, leur froc plein de fric, un fric qu'ils piquent à tout le monde, y compris aux flics. Mais un jour, et ça aussi tu le sais bien, ils seront avec tout leur fric, trempés jusqu'aux os, dans des flaques puantes et pourries.
    Ils crieront: au secours! Ils demanderont de l'aide, ils chialeront comme ils ont fait chialer toutes leurs victimes, ils demanderont pardon, pour une fois, à genoux et l'échine courbée. Tout ça, on l'appellera ce que tu veux; la justice divine, la fatalité de l'Histoire, la vengeance de l'avenir brillant et libérateur sur le passé archaïque et dévastateur. Et je voudrais qu'à ce moment-là, ce moment merveilleux, tu sois là et non ailleurs. Je voudrais que tu contemples ces "impuissants en puissance", ces loques minables et misérables, ces rébus de l'Histoire, se donner en spectacle, et tu applaudirais, toi, ta femme et tes enfants, vous applaudirez en sifflant et en criant: plus jamais ça, plus jamais de "puissants"!
    Oui, c'est ça la fatalité de l'Histoire, la fatalité de l'avenir. Et comme dirait Amine: Seul Dieu est puissant.
    A nous l'avenir.

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