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Economie

Niveau inquiétant de la corruption dans le monde

Par L'Economiste | Edition N°:1164 Le 13/12/2001 | Partager

. L'indice de perception de la corruption 2001 révèle cette nouvelle tendance. Près des deux tiers des pays classés affichent des niveaux élevés de corruption. Cette année, le Maroc est absent du classement, faute de données suffisamment actuelles «On ne voit pas de fin à l'abus de pouvoir dans les services publics et les niveaux de corruption sont perçus comme plus hauts que jamais, tant dans les pays développés que dans le monde en développement«, déclare Peter Eigen, président de Transparency International, lors de la publication pour 2001 de l'Indice de Perception de la Corruption.Portant sur 91 pays, ce nouvel indice révèle le niveau critique de la corruption dans le monde. Près des deux-tiers des pays classés par l'organisme affichent des niveaux élevés de corruption.Les pays ayant obtenu un score inférieur à 5 sur une note maximum de 10 (degré de corruption le plus bas) ne sont pas forcément les pays les moins avancés, a souligné Peter Eigen. Certains pays de l'Union européenne affichent des niveaux de corruption préoccupants. C'est le cas de la Grèce, notamment, qui ne se place qu'en quarante-deuxième position avec un maigre indice de 4,2 (moins bien que la Jordanie, la Malaisie, le Botswana, la Namibie...).Dans le nouvel IPC, certains pays riches (la Finlande, le Danemark, la Nouvelle Zélande, l'Islande, Singapour et la Suède) ont récolté 9 ou plus sur un score maximum de 10, indiquant de très bas niveaux perçus de corruption.La Finlande arrive largement en tête des pays les moins corrompus, avec un score presque parfait de 9,9. Cependant, 55 pays (dont beaucoup font partie des plus déshéritées de la planète) enregistrent des scores inférieurs à 5. De tels scores augurent de hauts niveaux de corruption dans les gouvernements et les administrations publiques de ces pays. l'Azerbaïdjan, la Bolivie, le Cameroun, le Kenya, l'Indonésie, l'Ouganda, le Nigeria et le Bangladesh obtiennent un score inférieur ou égal à 2. L'IPC enregistre également de très hauts niveaux de corruption dans des pays en transition, notamment en ex-URSS. La Roumanie, le Kazakhstan, l'Ouzbékistan, la Russie et l'Ukraine ont tous des scores inférieurs ou égaux à 3.0. «Les leaders des pays de l'ex-Union Soviétique ont encore beaucoup à faire pour établir le règne de la loi et de la transparence dans le gouvernement«, remarque le président de TI. L'IPC, publié pour la première fois par Transparency International en 1995, est une analyse de sondages s'appuyant sur des enquêtes pertinentes. «Ces enquêtes reflètent la perception des milieux d'affaires, des universitaires et des analystes-pays«, expliquent les responsables de Transparency International. Menées sur les trois dernières années, les enquêtes de TI revêtent une importance majeure. Après la publication des résultats de l'enquête IPC, menée par Transparency International en 1995, le gouvernement pakistanais de l'époque (avec Benazir Butho Premier ministre), classé en avant-dernière position dans une liste de 54 pays, avait été démis de ses fonctions.Les scores de la plupart des grands pays industrialisés sont, somme toute, élevés. La plupart d'entre eux affichent des niveaux de corruption assez bas. C'est parce que «l'IPC se concentre surtout sur les cas de corruption impliquant des agents publics et ne comptabilise pas les paiements occultes destinés au financement des campagnes électorales, de la complicité des banques dans le blanchiment d'argent ni de la corruption pratiquée par les multinationales«, explique Peter Eigen.Conscients de cette faiblesse de l'Indice de Perception de la Corruption, les responsables de Transparency International comptent publier un nouvel «indice de corruption des pays exportateurs dès 2002 pour mesurer la tendance des entreprises des pays développés à recourir aux pots-de-vin dans les économies des pays émergeants«.


Absence

Certains pays avaient été classés dans les enquêtes précédentes de Transparency International, mais ne font plus partie des 91 pays répertoriés dans l'IPC 2001, faute de données suffisamment actuelles. Il s'agit notamment du Maroc où, malgré la présence d'une antenne locale, les données n'ont pu être accueillies à temps pour figurer dans l'enquête.Le score recueilli par le Maroc était de 4,7 en 2000 (en projetant ce score en 2001, le Maroc se serait classé 40me sur les 91 pays classés). De la même façon, en 1999, le Maroc s'était classé en 45me position (sur 99 pays) avec un score de 4,1. «L'absence de nombreux pays n'implique en aucune manière que les perceptions de la corruption relatives à ces pays se soient améliorées ou dégradées depuis l'an passé«, commente Eigen.Mehdi LAABOUDI


Pour mieux comprendre

- L'indice de Perception de la Corruption (IPC) de Transparency International classe cette année 91 pays en fonction du degré de corruption ressenti comme existant dans les administrations publiques et la classe politique. C'est un indice composite faisant appel à 14 études et sondages différents, réalisés par sept organismes indépendants auprès des milieux d'affaires et des analystes de risques-pays. S'ajoutent des études auprès de la population locale et expatriée.- Définition de la corruption selon les indices TI: Transparency International concentre son attention sur la corruption dans le secteur public et définit la corruption comme l'abus d'une fonction publique à des fins d'enrichissement personnel. Les études recueillies pour établir l'IPC tendent à poser des questions en rapport avec l'abus d'un pouvoir officiel dans un intérêt personnel, en mettant l'accent, par exemple, sur l'acceptation de pots-de-vin par des fonctionnaires dans les marchés publics.- L'IPC un instrument précieux: l'IPC découle de 14 études différentes qui recueillent à la fois la perception des habitants et des expatriés du pays mais aussi des hommes d'affaires, des universitaires et des analystes de risques. L'indice donne un aperçu de l'opinion des décideurs qui jouent un rôle majeur en matière d'investissement et de commerce. L'IPC crée une conscience publique du problème de la corruption et renforce la pression exercée sur les gouvernements, pour qu'ils s'attaquent directement au problème et à la mauvaise image de leur nation, reflétée par un mauvais classement à l'IPC.- L'IPC est basé uniquement sur des perceptions car il est difficile de fonder des affirmations comparatives sur les niveaux de corruption dans différents pays en se servant de données factuelles rigoureuses, par exemple en comparant le nombre de poursuites judiciaires ou de procès. De telles données internes à un pays ne reflètent pas les niveaux réels de corruption mais plutôt l'aptitude de l'appareil judiciaire et/ou des médias à dévoiler la corruption. La seule méthode pour rassembler des données comparatives est donc de se référer à l'expérience et aux perceptions de ceux qui sont le plus directement confrontés aux réalités de la corruption. Source: Transparency International

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