Culture

Nass El Ghiwane
Hommage aux «Rolling Stones» de l’Afrique

Par L'Economiste | Edition N°:3492 Le 23/03/2011 | Partager
Un ouvrage qui raconte les 40 ans du groupe mythique
Un travail soutenu par la Fondation BMCI
Omar Sayed, «gardien du temple»

Omar Sayed et Mourad Chérif, président du conseil de surveillance de BMCI, présentant le livre-hommage consacré au groupe Nass El Ghiwane. Deux éditions, grand public et prestige, sont disponibles aux prix respectifs de 350 et 1.600 DH (Ph. Mofik)

MARTIN Scorsese est l’un de leurs plus fervents admirateurs. Quand le cinéaste américain découvre Nass El Ghiwane, via le documentaire Transes, c’est le coup de foudre. «Grâce à eux, j’ai appris à connaître et à aimer le Maroc… », écrit Scorsese dans la préface du livre consacré au groupe marocain. Coédité par Senso Unico et les éditions du Sirocco, l’ouvrage intitulé tout simplement «Nass El Ghiwane» a bénéficié du soutien de la Fondation BMCI pour la solidarité et la culture. Ce projet s’inscrit dans le cadre du programme de la fondation pour la promotion de l’édition et de la musique. «C’est un livre à caractère historique; il relate un patrimoine musical unique, inventé par Nass El Ghiwane. Notre fondation est fière d’avoir pu contribuer à sa réalisation», souligne Mourad Chérif, président du conseil de surveillance de la BMCI. «Ce livre, nous l’avons longtemps rêvé, aujourd’hui il est réalisé», renchérit avec émotion Omar Sayed, l’un des fondateurs du groupe avec Boujemâa Hgour - dit Boujmii-, Larbi Batma, Moulay Abdelaziz Tahiri, Allal Yâala et plus tard Abderrahmane Kirrouche, dit Paco.
Présenté en avant-première à la presse, mardi 22 mars, l’ouvrage sera disponible dans les librairies dans les prochains jours. Deux éditions, grand public et prestige, sont au menu.
Les fans de ceux que l’on qualifie de «Rolling Stones de l’Afrique» et que l’on compte par millions dans le monde apprécieront l’histoire extraordinaire de ce groupe mythique né dans les années 1970, dans le quartier populaire de Hay Mohammadi à Casablanca. Une histoire racontée par Omar Sayed, gardien du patrimoine de Nass El Ghiwane depuis 40 ans. Ce travail est le fruit d’entretiens et de témoignages recueillis pendant une année par Karine Joseph, des éditions du Sirocco. «C’est une magnifique aventure éditoriale et humaine que j’ai eu l’occasion de partager avec Omar Sayed», dit-elle. Effectivement, l’ouvrage projette le lecteur dans la vie fascinante des Ghiwane. Ce sont 400 pages de chansons, de concerts sur les scènes nationales et internationales et d’anecdotes qui sont restitués par les éditeurs en photos et en textes. Divisée en trois grandes parties - Ouled el Hay, Bhel el Oued et Dima Ghiwane -, l’histoire des Ghiwane démarre à Hay Mohammadi avec l’amitié de cinq jeunes musiciens autodidactes qui vont créer, presque par hasard, un style de musique révolutionnaire et qui sera «le porte-voix des sans voix». Très vite, le groupe connaît un succès auprès des jeunes générations éprises de liberté et de démocratie. Pendant quatre décennies, malgré les deuils et les séparations, les feux de la rampe restent allumés pour les Ghiwane. Leur musique continue d’hypnotiser les générations de toutes les couches sociales et d’inspirer de nombreux artistes. S’ils n’ont pas fait fortune comme les Rolling Stones, ils ont acquis l’amour du public, qui apprécie leur modestie et leur authenticité. «L’amour du public est un bien inestimable qui nous aide à continuer», affirme Omar Sayed. A noter que le groupe Nass El Ghiwane bénéficie d’une pension à vie leur permettant d’être à l’abri de la précarité octroyée par le Roi Mohammed VI en 2007.
Aujourd’hui, le groupe composé de l’éternel Omar Sayed, Rachid et Hamid Batma, Allal Yâala et Abdelkrim Chrifa, continue de soulever les foules avec autant de ferveur et de passion. Ils sont au programme du festival Mawazine, du 20 au 28 mai à Rabat, et préparent un nouvel album qui sortira dans les prochaines semaines.

 

Mécénat


DEPUIS sa création, la Fondation BMCI a parrainé une douzaine d’ ouvrages dédiés à la valorisation du patrimoine culturel marocain. Parmi eux, «Leur Maroc, regards d’écrivains, artistes, voyageurs venus d’ailleurs», de Mehdi de Graincourt (2010), «Maroc, un certain regard 1900-1966», de Frédéric Mittérand et Abdellah Taia (2006), «Art et architecture berbères du Maroc», de Salima Naji (2001) et «Casablanca, portrait d’une ville», du journaliste Jean-Michel Zurfluh (2000). Le mécénat de la Fondation BMCI vise la diffusion auprès d’un large public des ouvrages qu’elle parraine. Ils sont en effet disponibles dans les bibliothèques des quartiers populaires, gérées par l’association Al Jisr.


Fatima EL OUAFI

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