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    Economie

    Moutons de l'Aïd : 4 milliards de DH pour le monde agricole

    Par L'Economiste | Edition N°:178 Le 04/05/1995 | Partager


    Il reste une semaine pour célébrer l'Aïd Al Adha. Pour l'occasion, 4 millions de têtes devront être sacrifiées. La vente de ces animaux représentera un chiffre d'affaires de l'ordre de 4 milliards de DH. De nouvelles formes de commercialisation apparaissent.


    Si la vente et les négociations des moutons à la veille de l'Aïd dans les souks suivent leur trajectoire classique, elles subissent ailleurs la loi de la grande distribution.
    Ainsi, à l'instar des conserves, des boissons ou encore du fromage, le mouton fait aujourd'hui l'objet de "promotions sur les lieux de vente" des grandes surfaces. C'est ainsi, par exemple, que pour l'achat d'un congélateur ou d'un réfrigérateur de marques déterminées à Makro, le consommateur aura en prime un mouton gratuit à concurrence de 1.200 DH.
    Cette année, les besoins en animaux de l'Aïd Al Adha sont évalués à 4 millions de têtes (ovins et caprins) contre 4,4 millions et 4,2 millions respectivement en 1994 et 1993, et ce selon les résultats des enquêtes réalisées par le Ministère de l'Agriculture et de la Mise en Valeur Agricole.
    Les ventes de ces animaux représentent un chiffre d'affaires de l'ordre de 4 milliards de DH. D'après la Direction de l'Elevage, ce montant permettra aux éleveurs de maintenir et d'entretenir le cheptel reproducteur de base.
    Ces importantes ressources financières transférées en grande partie de la ville à la campagne allégeront l'impact des effets de la sécheresse dans le monde rural, est-il précisé au niveau de la Direction de l'Elevage.

    Soulager la pression


    Par ailleurs, le sacrifice de l'Aïd Al Adha permettra de soulager la pression sur les parcours, surtout en cette année de sécheresse. En effet, les besoins alimentaires des animaux qui seront abattus le jour de l'Aïd durant six mois sont évalués à 1,2 milliard d'unités fourragères, soit l'équivalent de 12 millions de quintaux d'orge.
    Ainsi donc, les premiers éléments relevés sur le terrain sur la situation du secteur de l'élevage laissent présager un disponible suffisant pour couvrir les besoins en animaux de l'Aïd Al Adha et ceux des abattages annuels sans risque de perturbation du marché.
    En effet, compte tenu de la bonne campagne agricole 1993-94, les taux d'agnelage sont satisfaisants et se situent entre 90 et 95% dans les différentes régions du pays. Des agnelages précoces d'environ un mois par rapport à une année normale ont été enregistrés dans plusieurs zones. Les taux de mortalité sont limités entre 2 et 5% avec quelques pointes de 10% relevées à Ifrane et Khénifra.
    Cependant, la croissance des agneaux a été moins rapide que l'année dernière en raison des faibles disponibilités fourragères dans les parcours à cause de la sécheresse qui a caractérisé l'actuelle campagne agricole.

    Les prix des antenais (ovins de dix à dix-huit mois) se situent aux alentours de 24 DH/kg vif, soit 20% inférieurs par rapport à la même période de l'année dernière.
    Au niveau de la Direction de l'Elevage, il est précisé que le Ministère de l'Agriculture et de la Mise en Valeur Agricole suit de très près la situation dans les principales régions d'élevage, notamment en ce qui concerne l'approvisionnement des souks ainsi que les cours des animaux d'abattage. La Direction de l'Elevage reçoit quotidiennement des informations sur l'état de l'approvisionnement des souks, des prix pratiqués et de l'origine des animaux.

    Marché flou


    Par ailleurs, au moment du démarrage de la période des ventes du mouton, la Direction de l'Elevage demeure prudente quant aux prévisions des prix. Ceux-ci, est-il précisé, sont fonction de la qualité, de la race, de l'âge et de l'état d'engraissement des animaux. La fourchette oscillerait entre 23 et 30 DH le kilo au poids vif. La situation devra devenir plus nette à l'approche de l'Aïd.
    En fait, même durant la période de vente, le marché du mouton reste assez flou. Le jeu de l'offre et de la demande demeure tributaire d'un certain nombre de données: qualité de la toison des moutons, des cornes, de l'engraissement... A cela s'ajoutent les spéculations des intermédiaires sur les cours en fonction de l'état du souk, du comportement de la demande et du disponible commercialisé. Ils agissent ainsi sur les cours au gré de l'évolution du marché.

    Les grandes vedettes de la fête sont, à l'instar des autres années, les sardi, qui restent selon l'expression consacrée "la fierté des Marocains". Il s'agit de bêtes "bien nourries", à la tête blanche caractéristique et aux lunettes noires, dont l'expansion au Maroc s'est appuyée sur une politique volontariste d'amélioration de l'élevage ovin. En seconde position arrive une race de moutons qui a la même "aptitude laine" et "aptitude viande" que le sardi. Mais elle coûte moins cher car elle a une tête de couleur rousse. Les moutons commercialisés sont issus d'un élevage semi-intensif ou intensif. Ils sont élevés dans plusieurs régions agricoles du Maroc (Tadla, Khénifra, Midelt, Azrou...).

    Meriem OUDGHIRI.

    Les professionnels veulent sensibiliser le public

    La moitiés des peaux perdues dans la nature


    Les peaux brutes marocaines sont considérées de bonne qualité. Cependant, l'existence de parasites, le mauvais dépouillement et la mauvaise conservation baissent le rendement et le pourcentage de premier choix. A la veille de l'Aïd Al Adha, les professionnels du cuir recommandent une campagne de sensibilisation auprès du public.


    A la veille de l'Aïd Al Adha, les professionnels du secteur du cuir ne cachent pas leur inquiétude quant aux méthodes de dépouillement qui seront appliquées à des millions de moutons. "Près de 50% des peaux disparaissent dans la nature par manque d'information du public. Durant la fête du mouton, environ 4 millions de peaux sont détruites et inutilisées", a déclaré M. Azzedine Berrada, président de la Fedic (Fédération Marocaine des Industries du Cuir), lors du Sitec 95(1). Il reconnaît qu'une campagne de sensibilisation à ce phénomène devrait être entreprise auprès de la population, mais elle nécessiterait des moyens matériels conséquents. "Une telle campagne devrait impliquer aussi le Ministère de l'Agriculture et l'ensemble des tanneurs", suggère M. Berrada.
    Dans tous les cas, avancent les professionnels, "le secteur du cuir est utilisateur de main-d'oeuvre et générateur de valeur ajoutée. Nous devons contribuer à son développement à tous les niveaux. Le premier stade demeure celui de l'amélioration du dépouillement et de la conservation des peaux brutes".
    Les peaux brutes marocaines sont communément considérées de bonne qualité en raison de leur fermeté et de la finesse de fleur. Cependant, le secteur reste confronté à un certain nombre de problèmes.

    Le premier concerne le dépouillement qui se pratique toujours de manière manuelle et pose des problèmes de qualité: les coutelures abîment une grande partie des peaux, ce qui vient gonfler le total des déperditions des peaux brutes. "Au moment du dépouillement des animaux abattus, des accidents peuvent arriver provoquant parfois des dépréciations importantes de la peau", souligne un responsable d'une tannerie. Les principaux défauts ont trait notamment à la mauvaise saignée qui donne des peaux appelées "veinées". Il y a également la parfente qui consiste à ouvrir la peau suivant l'axe du ventre et des pattes. Si cette ouverture est mal réalisée, la peau obtenue n'est pas symétrique et son pourtour est découpé en dentelé. "Ces anomalies nuisent à la présentation du cuir et à son rendement d'utilisation", expliquent les membres de l'Association Marocaine des Tanneurs. Les préjudices ainsi occasionnés sur les peaux des moutons sont irréparables. D'où la nécessité de prendre soin des peaux qui sont sacrifiées à l'occasion de la fête et dont la quantité est non négligeable en attendant une solution au niveau des abattoirs, ajoutent-ils.
    Outre le dépouillement, les professionnels mettent également en relief la mauvaise conservation qui altère la peau. "Une vulgarisation des méthodes de conservation simples auprès de la population s'avère indispensable".

    Intermédiaires puissants


    Par ailleurs intervient le circuit des peaux brutes qui demeure rallongé par l'intervention d'intermédiaires puissants au niveau du financement, avance un professionnel du secteur. "Ils stockent des peaux pour les revendre, ce qui fait augmenter davantage les prix. Ils se trouvent en position de monopole et travaillent au noir. Il sont au nombre d'une dizaine et emploient une dizaine de commissionnaires".
    Le troisième problème des peaux brutes est celui des virus: 30% des peaux sont infectées, ce qui alourdit le poids des déperditions.
    Ainsi, les tanneries-mégisseries se trouvent confrontées au départ au problème d'approvisionnement. Le prix élevé de la peau brute, qui est aujourd'hui de 25 à 26 DH le kg, demeure difficile à répercuter sur celui de la peau finie que les tanneries revendent entre 20 et 24 DH le pied carré.

    Pour ce qui est des défauts des peaux brutes, ils ne sont pas toujours visibles au moment de l'achat. Certaines de ces peaux défectueuses sont retravaillées par des procédés techniques camouflant les défauts, et qui donnent d'autres aspects de cuir, comme les articles grainés par exemple.
    La question des matières premières reste donc la plus aiguë pour les tanneries. Celles-ci ont cependant évolué vers la qualité des matières et l'innovation des procédés techniques donnant une diversité d'aspects du cuir.
    L'exemption des droits de douane, du fait du principe de l'admission temporaire, a facilité l'acquisition de produits intermédiaires.
    La branche tannerie compte aujourd'hui 64 sociétés qui emploient 4.000 personnes, dont les plus importantes sont localisées à Casablanca, Mohammédia et Essaouira. La valeur de production de cette branche a stagné en 1993 avec 596 millions de DH. La valeur ajoutée, de 133 millions de DH, est en hausse de 3% par rapport à 1992. Les investissements réalisés ont connu une chute de 16% en 1993 par rapport à l'année précédente, passant de 30 à 26 millions de DH.

    Meriem OUDGHIRI.


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