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Politique Internationale

Moussem de Chraga : La fête rurale devient un lieu de vacances

Par L'Economiste | Edition N°:43 Le 03/09/1992 | Partager

LE moussem de Chraga s'est tenu du 3 au 7 Août à Aïn Aouda, dans la région de Rabat. C'est chaque année, à chaque fin de moisson, que ce moussem est organisé. Selon un Caïd, c'est en 1937 que le Caïd de Zaïr l'a réinstitué.
Le moussem de Chraga est organisé pour renouer avec le passé et rendre hommage au Ouali Ba Omar. A l'origine, ce moussem regroupait trois tribus, celles de Haousiya, de Oulad Ktir et de Oulad Mimoun. Actuellement, plusieurs autres tribus y participent notamment celle de Moulay Bouselham. Dans le temps, les trois tribus initiatrices payaient des droits au Ouali Ba Omar. Pour perpétuer cette tradition, les descendants de ce Ouali dressent une tente noire où ils reçoivent les offrandes, blé, sucre ou bétail, des trois tribus.
Les trois premiers jours du moussem se déroulent habituellement sans événements majeurs. Fantasia et chikhates divertissent les campeurs.
En revanche, c'est le quatrième jour qu'une cérémonie de recueillement est organisée près de la tente noire où les membres des différentes tribus viennent exprimer leurs voeux en contrepartie d'une offrande. Pour cette cérémonie, il n'est pas permis de s'habiller en couleurs sombres car, fait surprenant, les membres de la famille de Ba Omar y sont "allergiques" et peuvent aller jusqu'à les déchirer.
Cette journée est également une journée de "Diafa", puisque les Caïds, les Pachas et le Gouverneur de la province sont conviés.
Les familles les plus riches dressent des tentes caïdales, les plus modestes les tentes de "souk".
Pour les familles qui ont abandonné la campagne depuis plusieurs années et qui vivent difficilement dans les bidonvilles, le moussem constitue un événement important. "Pour moi c'est une occasion de revivre en pleine nature", déclare une jeune fille ayant intégré la vie citadine. Le moussem est aussi un prétexte pour fuir leur vie difficile. Il constitue chaque année un lieu de loisir et de repos pour les nouveaux citadins et pour les paysans après la période des moissons.
La fantasia, une remémoration des anciennes batailles, se déroule chaque jour et occupe un grand terrain vague devant les tentes caïdales accueillant la gente masculine exclusivement. C'est avec fierté qu'un ancien Caïd déclare qu' "il est du devoir de chaque tribu d'apprendre à ses membres de monter à cheval ". La fantasia permet aux visiteurs marocains de retrouver de vraies valeurs, de revivre un moment du passé de leurs ancêtres. C'est un voyage dans le temps. La nuit, les familles les plus aisées organisent des soirées de chikhates. C'est très tard dans la nuit que la plaine retrouve son calme habituel. Seul les hommes sont conviés à ces cérémonies. Les femmes, quant à elles, ont pour charge de préparer des dîners copieux.
Pour les chikhates, le moussem est une période propice pour gonfler leur revenu. Un groupe de six chikhates peut gagner plus de 15.000 Dirhams par nuit.
C'est dans un climat de fête foraine qu'on traverse le souk installé à l'extrémité des tentes. Les "campeurs" y achètent tous leurs besoins en nourriture. Dans un restaurant ou un café "montés", les campeurs peuvent éventuellement déjeuner à l'extérieur.
Les voix des organisateurs des tombolas et d'une voyante invitant femmes ou hommes à venir la consulter animent un brouhaha incessant. Elle leur promet de trouver les solutions à tous leurs problèmes, un mari "déserteur", une femme à conquérir.
Des marchands de colliers offrent aux jeunes filles des bijoux à des prix abordables (2,50 Dirhams), mais la qualité laisse à désirer. En fait, les véritables acheteurs sont les visiteurs du moussem. "Les bricoles" qu'on y trouve constituent d'excellents souvenirs.
Les marchands de cassettes sont très sollicités. Le raï fait fureur. Sans oublier une femme assez vieille qui fait danser les hommes au rythme de son tambour en contrepartie de quelques sous. Ce qui enchante le plus c'est le dépaysement, la simplicité de toute cette ambiance.
Les femmes peuvent également accomplir certains de leurs achats dans le souk. Ustensiles de cuisine et marchandises diverses de contrebande, en provenance de Nador notamment, y sont exposés. Les marchands doivent payer un droit à la commune de Aïn Aouda pour avoir accès au souk. "Dans le temps, les marchands pouvaient s'installer librement", note amèrement un ancien Caïd.
Pour les jeunes et les moins jeunes, différents spectacles et jeux sont organisés. Un motard offre un spectacle d'acrobatie à 2,5 Dirhams. Les plus jeunes ont droit à des manèges. Ceux-ci sont quelque peu archaïques, la rotation s'effectuant manuellement.
Mais ce qui est regrettable dans le moussem, c'est le manque d'équipements sanitaires. Les familles aisées apportent des citernes d'eau. Les autres s'en servent ou bien utilisent l'eau d'une école située à proximité du moussem. Mais, pour assurer un confort aux campeurs et aux visiteurs, très nombreux pourtant, la commune aurait pu se charger de l'organisation d'équipements sanitaires.

L.T.

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