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    Moulay Bousselham
    Merja Zerga: Une zone humide menacée

    Par L'Economiste | Edition N°:1984 Le 23/03/2005 | Partager

    . Pollution, intensification de l’agriculture, surexploitation, braconnage…. Projet de réhabilitation initié par le Fonds mondial de la nature La Merja Zerga de Moulay Bousselham, l’une des plus importantes zones humides de la côte Atlantique du Maroc, est menacée. Bien que son état écologique soit encore favorable, ce site naturel d’une rare beauté subit d’importantes modifications des processus écologiques. Ce bouleversement, dû à l’exploitation irrationnelle des ressources de la Merja, a provoqué une forte dégradation de la biodiversité de ce patrimoine naturel. Etalée sur une superficie de 7.300 ha, la Merja Zerga est située au sud du centre balnéaire de Moulay Bousselham, à 70 km au nord de la ville de Kénitra et à 35 km au sud de celle de Larache. La population locale compte plus de 16.000 habitants, dont 1.000 vivent dans le centre urbain de Moulay Bousselham. Le site abrite une faune et une flore particulières dont certaines espèces sont d’importance mondiale. C’est un site d’escale et d’hivernage pour plusieurs milliers d’oiseaux migrateurs.Il joue également un rôle socioéconomique très important. Les habitants exploitent les ressources de la Merja notamment la pêche, l’agriculture, la collecte des palourdes et également l’exploitation touristique.“Les caractéristiques biologiques et écologiques de la Merja sont sérieusement menacées. Avec un tel rythme de dégradation, elle se transformera en un site banal qui ne jouera plus son rôle dans le domaine de la biodiversité et n’offrira plus la possibilité d’être l’attraction touristique principale de la région”, précise Ali Aghnaj, coordonnateur national du programme du Fonds mondial de la nature (WWF).En effet, les menaces qui pèsent sur le site sont liées essentiellement aux pratiques de la population locale et à un système de gestion inadéquat. Les problèmes les plus importants sont liés à la perturbation consistante du bilan hydrologique au niveau de la Merja. Cette perturbation est due à l’exploitation abusive des ressources en eau qui sont également fortement polluées. La nappe phréatique est aussi très touchée par tous les intrants utilisés en agriculture précisément dans la culture de la fraise. La Merja est également menacée par l’extension des superficies agricoles au détriment de la végétation qui sert d’abri pour la nidification des différentes espèces d’oiseaux qui fréquentent le site. Les ressources halieutiques ont également connu une régression alarmante suite à une surexploitation liée au nombre croissant de pêcheurs utilisant des filets non réglementaires. L’exploitation manuelle de la palourde a enregistré une baisse importante lors des cinq dernières années. Aussi, l’augmentation du nombre de barques constitue une source de pollution de la lagune surtout que les pêcheurs nettoient leurs barques à l’intérieur même de la Merja.Par ailleurs, le surpâturage a causé la réduction du couvert végétal, la déstabilisation des dunes et le dérangement des oiseaux durant la période de reproduction. La fréquentation touristique incontrôlée a engendré, quant à elle, un impact négatif sur la Merja, notamment en matière de déchets ménagers et de dérangement des oiseaux. Le centre de Moulay Bousselham accueille annuellement plus de 100.000 visiteurs. La Merja connaît également des problèmes de braconnage. “Les agents forestiers responsables de la surveillance de la réserve ne disposent pas des moyens nécessaires pour combattre ce fléau”, avance Aghnaj. En outre, présent au Maroc depuis 2002, le bureau national du WWF a pour objectif de prendre un certain nombre de mesures permettant une meilleure conservation de cette réserve. Initié en collaboration avec l’organisation internationale SEO Bird Life, avec l’appui du Haut-commissariat aux eaux et forêts, le projet a démarré en juillet 2003. Le budget réservé à ce projet s’élève à 450.000 euros. Une formation sur l’éducation relative à l’environnement au profit des enseignants et des dirigeants locaux a été organisée en décembre 2004. Une autre formation des accompagnateurs touristiques de la Merja, en écotourisme, est en cours. Le projet comprend également la construction d’un centre d’information touristique et prévoit la mise en place d’activités génératrices de revenus pour les populations locales. Selon le coordonnateur national du WWF, l’équilibre écologique de la Merja pourrait être rétabli à condition d’élaborer d’urgence une stratégie nationale. “Le coût de la réhabilitation et de la mise en état de la Merja sera très important, et le sera davantage si on continue d’exploiter ce site de cette façon. Il est temps de réagir”, souligne-t-il. Mohamed AKISRA

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