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Monnaie : Le ministre des Finances: "La convertibilité met les entreprises sur le front de la productivité"

Par L'Economiste | Edition N°:64 Le 28/01/1993 | Partager

Le Dirham est maintenant convertible au titre des opérations courantes. C'est un pas dans la libéralisation", indique le ministre des Finances. Mais il s'agit pour les entreprises de gagner en compétitivité.

Le Dirham est désormais convertible au titre des opérations courantes.

L'annonce a été faite par le ministre des Finances, M. Mohamed Berrada, lors d'une conférence de presse tenue le 22 Janvier. C'est en effet par lettre datée du 21 de ce mois que les Autorités marocaines ont notifié au Fonds Monétaire International leur acceptation des dispositions de l'article 8 des statuts du Fonds. Cet article fixe les conditions requises pour la convertibilité au niveau des opérations courantes.

La convertibilité des opérations courantes concerne la levée des restrictions sur les paiements et les transferts relatifs aux transactions internationales courantes. Il s'agit des opérations entre résidents au Maroc et non résidents, en particulier les opérations du commerce extérieur, de transport, d'assurance, d'assistance technique, de voyages, de transferts de revenus et d'autres services, à l'exclusion des opérations en capital qui ont des régimes particuliers.

Selon M. Berrada, cette décision "est l'aboutissement d'un processus logique, lancé en 1988 et accéléré au cours de l'année 1992". En règle générale, il n'y a plus d'autorisations préalables de l'Office des Changes pour l'attribution des moyens de paiements sur l'étranger. Ce sont les opérateurs résidents qui prennent l'initiative d'ordonner au système bancaire le règlement de leurs importations.

En ce qui concerne les opérations en capital, les investisseurs étrangers et les résidents marocains à l'étranger bénéficient déjà d'un régime de convertibilité totale. Ce qui démontre, selon les Autorités montaires, que I' effort de libéralisation des changes a même dépassé les exigences de l'article 8 du FMI.

Reste maintenant les opérations en capital effectuées par les résidents. Les restrictions sont encore maintenues. Cependant, elles ne tarderont pas à être levées, a annoncé M. Berrada.

En somme, il s'agit d'une convertibilité partielle qui reste sous le contrôle de l'Institut d'Emission, Bank Al Maghrib. Celle-ci garde le pouvoir de fixation du taux de change de la monnaie.

La convertibilité intégrale concerne un domaine plus large. Elle entraîne le développement de la circulation monétaire à l'extérieur des frontières. Le taux de change du Dirham serait alors déterminé selon la loi de l'offre et de la demande. Pour l'heure, seuls les pays industrialisées sont parvenus à cette forme de convertibilité.

L'ajustement des parités par rapport aux devises étrangères est nécessaire si le taux de change n'est pas conforme aux attentes du marché (1).

En tous les cas, le FMI n'exige pas qu'une monnaie ayant accédé à la convertibilité limitée ou intégrale soit mesurée sur un marché des changes. Dans ce registre, aucune crainte, la valeur du Dirham n'est pas remise en question, insiste M. Berrada. Les prix intérieurs sont proches de ceux des pays étrangers (2). Le montant des avoirs extérieurs s'élève à 28,5 milliards de Dirhams en fin 1992, soit cinq mois d'importation et les projections de la balance des paiements ne font pas apparaître de gap de financement.

Le problème est maintenant de savoir si le système productif sera en mesure d'affronter cette ouverture d'autant que la convertibilité entraîne nécessairement le démantèlement des barrières (3) tarifaires.

Les branches où la productivité est insuffisante pourraient souffrir de la concurrence étrangère. Les entreprises devraient alors se montrer plus compétitives par "la modernisation des équipements, la rationalisation de la gestion, le choix des créneaux les plus porteurs et qui offrent les avantages comparatifs les plus nets". Ce sont quelques uns des objectifs assignés à la convertibilité. En effet, les Autorités Monétaires ont indiqué que, par l'adhésion à l'article 8 du Fonds, "le Maroc cherche à instaurer au niveau interne des conditions de formation des prix et d 'allocation des facteurs de production répondant aux exigences de la concurrence internationale par l'élimination de toutes distorsions et l'amélioration de la compétitivité de l'économie nationale".

Le système bancaire devrait aussi affronter l'ouverture. Dans ce cadre, M. Berrada a annoncé que les emprunts extérieurs devraient être libéralisés dans un proche avenir. Le recours des entreprises au refinancement extérieur devrait théoriquement entraîner la détente sur le marché intérieur et par ricochet favoriser la baisse relative des taux d'intérêt.

A.D.N.

(1) C f L'Economiste n° 55 du 30 Novembre 1992: M. Jean-Luc Herren-schmidt, Directeur des Relations Etrangères au ClC-Paris, explique les conditions les avantages et les risques de la convertibilité.

(2) C f l'entretien accordé par M. Berrada à L'Economiste, le 31 Décembre 1992.

(3) Voir L'Economiste n° 58 du 17 Décembre et 59 du 24 Décembre: l'interview de M. Mohamed Benjelloun, Conseiller à la BCM et ancien Directeur à Bank Al Maghrib.

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