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Economie

Mondialisation
Les exportations soutiennent la croissance des pays émergents

Par L'Economiste | Edition N°:2647 Le 08/11/2007 | Partager

. Les pays émergents plus performants que ceux du G7 . Explosion du commerce Afrique-Asie . Les inégalités persistent, le chômage ne baisse pas La mondialisation est-elle aussi bénéfique aux pays émergents qu’aux pays développés? Qualitativement parlant, sûrement pas. Mais en quantité, la mondialisation aura tout de même sorti de l’extrême pauvreté, en vingt ans, quelque 400 millions de Chinois, d’Indiens et autres. Selon un rapport de la Cnuced(1) sur le commerce et développement en 2007, avec un rythme de croissance mondial qui est passé à 5%, la répartition des richesses semble s’être élargie, même si elle reste profondément inégalitaire. . Nouveaux viviers de croissanceDeng Xiaoping le proclamait bien avant la révolution conservatrice de Reagan et Thatcher: «Peu importe que le chat soit noir ou blanc, s’il attrape la souris», la souris étant le rétablissement en quelques décennies de la Chine au premier rang mondial par le recours effréné au capitalisme sauvage des origines. Aujourd’hui, aucune économie n’est épargnée par les processus libéraux et «les pays en développement, y compris certains des plus pauvres, devraient continuer de profiter de la fermeté de la demande de produits de base», selon le rapport. L’Afrique est citée en pole position en termes de rythmes de croissance, avec un taux de 6% prédit pour 2007. A ce sujet, le rapport annuel rappelle que, sur les cinq dernières années, «le PIB par habitant de l’Afrique, de l’Asie occidentale et de l’Amérique latine a augmenté de 15%». Une performance que ces régions n’avaient pas enregistrée depuis le début des années 80, sachant «qu’entre 2003 et 2007, ces pays ont accru leur PIB par habitant de près de 30%, alors que les pays du G7 ne l’ont fait que de 10%». Les pays de l’Europe de l’Est et de la Communauté des Etats indépendants (CEI) n’ont renoué, quant à eux, avec la croissance qu’en 1999-2000. Depuis, ces deux sous-régions sont celles qui progressent le plus vite, avec «un accroissement cumulatif du revenu par habitant atteignant près de 75%», selon la Cnuced.Ce sont essentiellement les augmentations des revenus d’exportation qui ont stimulé cette croissance générale. «Entre 1998 et 2006, les exportations des pays en voie de développement ont plus que doublé, alors que celles des pays du G7 augmentaient de moins de 50% seulement», constate le rapport. Dans l’ensemble, la part du commerce mondial revenant aux PVD est passée de 29% en 1996 à 37% en 2006.. Une croissance sous surveillance Cette redistribution des cartes au profit des pays émergents ne laisse pas indifférent, provoquant des polémiques au niveau des plus hautes institutions. Certaines estimant qu’un mouvement de capitaux nets d’une certaine importance, qui se fait dans la même direction pendant plusieurs années, est le symptôme d’un problème fondamental, «séquelles de grandes crises financières annonçant des déséquilibres de réajustement qui peuvent avoir des répercussions très négatives dans les pays en excédent». D’un autre côté, certains observateurs estiment que ces déséquilibres sont «une conséquence naturelle et inoffensive d’une économie mondiale de mieux en mieux intégrée». Il est sûr que l’explosion économique de certains géants, tels que la Chine, le Brésil ou encore l’Afrique du Sud, surprend par son dynamisme. Ces régions habituées à la dépendance occidentale pour leur survie économique gagnent aujourd’hui du galon et s’offrent même le luxe de se laisser courtiser par différents partenaires, au-delà des dépendances historiques liées à leurs histoires coloniales. Le principe de concurrence est complètement assimilé, ces pays n’hésitent plus à favoriser les échanges commerciaux entre eux, profitant des nombreuses opportunités liées à l’ouverture de leur marché, comme dernièrement l’annonce de 300 milliards de dollars d’investissement pour «connecter l’Afrique», avec la contribution du savoir-faire bon marché asiatique (voir graphique ci-contre).Autre défi majeur pour les pays en voie de développement, la maîtrise de leur émission de gaz à effet de serre découlant de leur industrialisation. Même si historiquement les PVD ont une certaine légitimité, étant donné que les Occidentaux ont pollué massivement depuis les débuts de la révolution industrielle (CO2, rejets chimiques et, plus récemment, les pesticides). Les risques aujourd’hui sont plus élevés, et l’incidence de ces rejets sur la couche d’ozone est accentuée. Mais il reste évident que si de grandes puissances telles que les Etats-Unis ne respectent pas ces impératifs environnementaux, qu’attendre de pays encore en construction? Dans le même ordre d’idées, ce n’est pas aux pays développés d’instaurer des normes sociales dans les pays émergents. Celles-ci monteront régulièrement, à leur rythme, sous la pression des forces sociales internes, des scandales, des manifestations... (ex: scandale des mines en Chine). Une évolution longue qui suppose d’abord des transformations dans les mentalités, la culture du travail local, et surtout un changement dans la perception du rapport patron-salariés. En parallèle, tout dépend aussi de ce que le gouvernement est prêt à consacrer à ses dépenses de protection sociale, à repenser la façon dont les richesses sont prélevées, et redistribuées. Le rapport de la Cnuced souligne d’ailleurs que, malgré la conjoncture généralement favorable, les pays en voie de développement n’ont pas, ou très sensiblement, réduit le chômage. «Les énormes réserves de main-d’œuvre n’entreront dans l’économie formelle qu’après une phase plus longue d’accroissement de la demande de travail et de hausse des salaires», explique le rapport. Idem chez les analystes du FMI, qui, dans un rapport 2007 sur le développement, constatent que «la région du Moyen-Orient et de l’Asie centrale vit actuellement une véritable transformation économique, dont la vitesse devrait être supérieure à celle de l’économie mondiale pour la huitième année consécutive», mais soulignent que ces régions «doivent relever plusieurs défis pour entretenir l’élan du processus de transformation et faire reculer plus rapidement la pauvreté et le chômage».Ce débat «libéral/social» traverse l’Europe déjà depuis deux décennies, toujours dans l’optique d’aboutir à cette fameuse flex-sécurité, ou comment combiner flexibilité (pour les entreprises) et sécurité des parcours professionnels (pour les salariés). La globalisation aura du moins le mérite de faire circuler de telles idées, de provoquer des débats dans des sociétés émergentes où le souci économique reste dominant au détriment d’une redistribution des richesses qui profite à tous.


Les pays émergents s’emparent des premiers rôles

De plus, au-delà des questions de morale, le pragmatisme historique force à un bilan: au moment même où l’on prédisait la fin de l’histoire des pays émergents, c’est l’inverse qui se produit. En effet, les économies des vieilles démocraties s’essoufflent, au profit de pays «qui ne cherchent pas uniquement à entrer de plain pied dans l’économie globale de marché, mais aussi à retrouver la place géopolitique qui leur revient», constate le rapport. Les excédents commerciaux chinois, les multinationales chinoises, indiennes, russes ou brésiliennes (les fameux BRIC), les fonds «souverains», ne sont qu’un signe avant-coureur de la gigantesque redistribution des cartes s’opérant grâce aussi à la mondialisation. La compétition va s’accroître férocement autour des sources d’énergies fossiles (sauf percée scientifique majeure) et des voies d’acheminement, notamment avec les géants russes et chinois. Derrière ces grands émergents, une bonne dizaine d’autres puissances surgissent déjà, créant un monde multipolaire instable et concurrentiel. Le rapport de force au sein de l’OMC ne pourra que suivre le mouvement, au risque de perdre le contrôle. Les économies occidentales restent néanmoins encore dominantes, mais elles ne représentent qu’environ un milliard d’êtres humains sur les six milliards et demi d’habitants de la planète. Au-delà des économies, la bataille démographique semble déjà jouer en faveur des pays émergents dans la reconquête des richesses. Sauront-ils l’exploiter? Najlae NAAOUMI ----------------------------(1) Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement (CNUCED), rapport signé par le secrétaire général, Supachai Panitchpakdi.

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