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Economie

Modèle économique: Les leçons coréennes
De notre correspondant à Séoul, Mohamed BENABID

Par L'Economiste | Edition N°:3045 Le 12/06/2009 | Partager

. En 40 ans, ce pays s’est fait un nom notamment dans l’univers impitoyable de la haute technologie. Hyundai finalise la construction d'un navire destiné à CMA CGM, le groupe ayant repris la ComanavCrise ou pas, le modèle économique coréen a toujours de l’allure. Le visiteur qui débarque pour la première fois dans ce pays a probablement dû intercepter ou lire l’une de ces nombreuses analyses sur le miracle économique de ces nouveaux dragons de l’Asie du Sud-Est. La Corée en est l’exemple parfait. Ce petit pays a pu en 40 ans à peine se faire un nom dans l’univers impitoyable de la haute technologie, de la construction automobile ou des microprocesseurs... Des noms comme LG, Daewoo, Samsung ou Hyundai sont là pour le rappeler. Si ces entreprises sont aujourd’hui leaders dans leur domaine, c'est qu’elles ont fait des efforts de restructuration en profondeur ainsi que des investissements considérables de recherche et développement. La culture asiatique, qui privilégie l’ordre et la rigueur et l’humilité, semble avoir fait le reste. Les résultats sont visibles et pas seulement en points de croissance. A Séoul, par exemple, c’est la vie telle qu'on la rêve ici au Maroc: des gens disciplinés, des villes propres, un service irréprochable, des bouchons mais pas de circulation chaotique ni de concerts de klaxons. Certes, au vu du ralentissement de l’activité, la lucidité des Coréens comme d’autres pays semble avoir été prise en défaut. A la lumière de certains constats, le ralentissement paraît presque injuste. Aujourd'hui, la plupart de ces groupes redoutent la concurrence chinoise. La Chine reste le plus gros client et la plus grosse menace à la fois. Mais il y a toujours de bonnes idées à prendre dans ce pays où le code d'honneur est important même en entreprise. D’abord celles du vrai dialogue social qui n’a pas ici de dissonance creuse. Il n’y a pas d’irresponsables qui agitent le spectre de l’explosion sociale parce que ça les arrange ou de sit-in sauvages où l’outil industriel est pris en otage. Dans une démarche qui pourrait apparaître bien atypique dans le contexte marocain, le principal syndicat du groupe Hyundai a proposé à ses employeurs des coupes dans les salaires pour faire face à la crise. Précision importante: la proposition émanait des représentants des salariés. Que nos syndicats marocains se rassurent, les patrons coréens ont également accepté de baisser leurs émoluments. Les organisations coréennes frappent par leur complexité. Leur modèle économique est libéral mais semble enclin au dirigisme. Le cas Hyundai ne fait pas exception(1). Certes le conglomérat fondé par le mythique Chung Ju Yung, décédé en 2001, a faibli devant d'autres chaebols, notamment Samsung qui traduit mieux le rêve coréen. Mais l'histoire reste toujours belle à raconter. La carte de la diversification lui a permis de s'en sortir. Entre les constructions de navires (plus gros chantier naval au monde), y compris les sous-marins et les bâtiments militaires, l'automobile, les centrales électriques, la robotique et les équipements de construction, l'enseigne n’a pas mis ses œufs dans le même panier. Le management ne cache pas un effet crise. Un ralentissement dans des proportions, quoi qu'on dise, qu'on n'aurait pas refusé au Maroc. L'activité chantier naval, implantée dans la ville d'Ulsan, qui abrite les principaux sites du groupe, n'a pas reçu de commande depuis le mois de janvier dernier. Il y a néanmoins suffisamment de gras pour travailler trois ans encore. A l'occasion de notre visite d'ailleurs, les ouvriers de Hyundai finalisaient la construction d'un navire destiné à CMA CGM, le groupe ayant repris la Comanav. L’automobile a également réduit la cadence, mais ce que nous avons observé sur place comme rythme de production ferait pâlir d’envie le plus gros opérateur marocain. Qui peut en effet se targuer de produire une voiture toutes les minutes, de disposer d’un site industriel de 5 millions de m2 pour sa seule production automobile...Voilà quelques résultats d’une mutation qui tarde à se concrétiser au Maroc. -----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------(1) Le groupe, à travers sa division heavy industries, a organisé un VIP tour auquel des hommes d’affaires ainsi que deux journaux marocains, L’Economiste et la Vie économique ont été conviés.

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