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    Politique Internationale

    Mode: Les tamagoshi arrivent

    Par L'Economiste | Edition N°:299 Le 09/10/1997 | Partager

    C'est la nouvelle folie des enfants qui a le don d'irriter les parents: un jeu électronique de 2 cm2 qui réclame à manger. Les tamagoshi arrivent.
    Venu du Japon via les Etats-Unis, ce jeu, le tamagoshi, est une sorte d'animal domestique, mais virtuel comme cela se doit en ces temps électroniques.
    En clair, l'animal n'existe que dans le jeu, assez petit, pour se glisser dans les poches. L'animal peut être, au choix, un chat, un chien... fort mal dessiné.
    Réputé vivant dans le jeu, il a besoin d'être nourri, climatisé, éduqué, lavé, soigné... Des touches permettent de le faire. L'appareil sonne pour rappeler à l'ordre le propriétaire qui aurait oublié une piqûre ou le petit-déjeuner. «Parfait, se diront les parents innocents, cette machine va donner le goût de la responsabilité à nos enfants».
    Las! Ce n'est pas ainsi que les choses tournent. Pour assez cher (250 à 280DH, 150 à 200 FF ou 10 Livres Sterling si vous l'achetez au cours d'un voyage), vous introduisez chez vous un étrange phénomène.

    Si votre enfant a un minimum de force de caractère, il n'apprendra pas beaucoup la responsabilité. Que l'animal virtuel meure est en réalité sans conséquence: une touche permet de le ressusciter et l'abandonner à volonté. C'est donc exactement le contraire de la responsabilité qu'enseigne la machine.
    Si votre enfant est dans une phase difficile, comme cela arrive souvent et naturellement, c'est dans la dépendance psychique qu'il tombe. Ce n'est plus vous, l'instituteur, ou votre enfant qui va décider de l'emploi du temps, mais le tamagoshi. Il sonne pour exiger son repas, en plein milieu du vôtre, ou pire, pendant le cours à l'école.
    Plus, votre enfant va vous confier son tamagoshi pendant qu'il fait autre chose. Malheur si vous oubliez la manipulation à faire, il va vous reprocher ni plus ni moins l'assassinat de l'animal qui n'existe pas.
    Il y a eu des cas où des enfants particulièrement fragiles ont commis des actes de violence sur leurs parents parce que ceux-ci ont négligé le tamagoshi et que l'animal est mort, virtuellement, tout comme il vivait virtuellement.
    Aussi, les pédagogues et les psychologues sont-ils très réticents devant les tamagoshi. «C'est une folie qui ne durera pas, car il n'y a aucun intérêt éducatif», analyse Mme Kadim, directrice de Loulouch, un grand magasin de jeux à Casablanca.

    Nadia SALAH

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