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Mise à niveau dans les conserveries : Les Grandes Marques et les Conserveries Chérifiennes fusionnent

Par L'Economiste | Edition N°:239 Le 18/07/1996 | Partager


Premier mouvement de concentration dans la conserverie. Les Grandes Marques de la Conserve et les Conserveries Chérifiennes fusionnent pour donner naissance au numéro un mondial de la conserve de sardines. Des mesures incitatives sont vivement souhaitées pour voir cette expérience se reproduire dans d'autres secteurs.


L'industrie de la conserve prend une longueur d'avance sur les autres secteurs. La fusion des deux premiers conserveurs,
Les Grandes Marques de la Conserve (LGM) et Les Conserveries Chérifiennes, sera entérinée avant la fin du mois. Il s'agit de la première opération de mise à niveau depuis la signature des accords de libre-échange avec l'Union Européenne. "Cette fusion résulte avant tout d'une démarche intellectuelle, car elle matérialise une évolution des mentalités dans un environnement en pleine mutation", expliquent MM. Karim Ayouch et Mohammed El Jamali.

L'expérience est d'autant plus originale, disent-ils, que les deux entreprises sont de tailles comparables, leaders dans leur secteur et indépendantes financièrement. Tournées essentiellement vers l'export, elles sont présentes sur des marchés complémentaires.

"Cette fusion constitue un élément dynamisant de notre stratégie commune sans pour autant être une condition de survie pour l'une des deux entreprises".
La capitalisation du nouveau groupe, dont le nom n'a pas été divulgué, est estimée à plus de 100 millions de DH. Les dirigeants envisagent notamment le recours à l'appel public à l'épargne par voie boursière pour soutenir la mise en oeuvre du plan de développement. "Notre démarche devance en quelque sorte la campagne de sensibilisation programmée par la Société de Bourse des Valeurs de Casablanca pour septembre prochain", précisent les dirigeants.

Diversification des produits


Dans l'immédiat, le groupe sera le premier employeur du secteur avec environ 3.000 personnes et générera 20% des recettes d'exportation de la conserve. De plus, il devient le numéro un mondial de la conserve de sardine.
Les six unités de production actuellement opérationnelles et implantées à proximité des ports de Safi et d'Agadir totalisent une capacité de traitement annuelle de 60.000 tonnes pour un chiffre d'affaires global de plus de 200 millions de DH.

Outre la conserve de poisson qui constituera le produit phare du groupe, les Conserveries Chérifiennes introduiront la conserve végétale. Les Grandes Marques de la Conserve mettront dans la corbeille leur maîtrise de la filière pêche.
Par ailleurs, la complémentarité des deux réseaux permettra aux produits exportés d'être commercialisés dans plus de 60 pays sur les 5 continents. Outre la création d'un pôle d'attraction pour le secteur, ce rapprochement vise d'ailleurs à doter le groupe de moyens humains et matériels nécessaires au développement de la présence de la conserve sur les marchés extérieurs.
Au cours des trois dernières années, les deux entreprises ont entamé parallèlement la démarche qualité conformément à la méthode HACCP (Hazard Analysis Critical Control Point).

Aujourd'hui, leurs unités de transformation respectives ont toutes achevé leur démarche. "La stratégie du groupe consistera à dépasser le simple cadre obligatoire prévu par les normes européennes", affirment les dirigeants. Ils prévoient à cet effet la création d'un département de recherche et développement coiffé par un Conseil scientifique. Cette instance aura pour mission de valider la démarche contrôle qualité en vigueur et de certifier le process. "Le Conseil sera en liaison constante avec les organismes privés et publics présents dans nos marchés cibles".

Mais la réussite de la démarche suppose, selon les responsables, un travail de fond sur le facteur humain et les rapports entre employés et employeur.
"Pour mener à bien cette première expérience de mise à niveau, la révision des méthodes de travail dans les sites de production et la mobilisation du personnel autour d'un projet d'entreprise nous paraissent incontournables".

Aides directes et indirectes


Le coût de la restructuration est estimé à 10 millions de DH étalés sur trois ans. Or, compte tenu de la lourdeur des frais et de la sous-capitalisation du tissu industriel, peu d'entreprises sont prêtes à financer leur mise à niveau. A l'instar de pays concurrents, la création de pôles industriels structurés suppose la mise en place d'un système incitatif. Ce dernier doit être axé à la fois sur des aides directes et indirectes et un encadrement humain. "Les mesures de soutien sont d'autant plus nécessaires que ces fusions sont vivement préconisées par les instances gouvernementales".

Par ailleurs, les dirigeants n'excluent pas une croissance externe du pôle. "Le financement d'une croissance interne étant plus coûteux et le délai de réalisation plus long, nous restons ouverts à tout rapprochement avec des unités exerçant une activité complémentaire ou ayant des affinités avec le groupe".

Mouna KABLY



La stratégie du nouveau groupe


La restructuration qui sera engagée par le nouveau groupe concernera deux axes.
D'une part, le pôle industriel sera soumis à un programme de redéploiement des moyens et outils de production mis en commun par les deux entités. La gestion de la production sera également réaménagée dans le sens d'une plus grande rationalisation.

D'autre part, concernant la gestion des ressources humaines, une politique de recrutement et un programme de formation seront mis sur pied. "La priorité sera accordée au contrôle de gestion et à la mise à niveau du personnel".

Par ailleurs, en fonction des résultats dégagés par la restructuration, tous les moyens de financements alternatifs seront étudiés pour accompagner la croissance du pôle, notamment l'augmentation de capital, la collecte par voie boursière, la levée de capitaux sur les marchés internationaux et le financement bancaire classique.
"Nous concevons la fusion comme une étape nécessaire au redéploiement de notre industrie et non pas comme une fin en soi", insistent les deux dirigeants. Selon eux, cette opération leur permettra d'atteindre la taille suffisante pour passer à une vitesse de croissance supérieure.

Sur le plan commercial, le groupe s'attachera avant tout à consolider les acquis. En effet, la mise en commun des deux entités constituera une garantie supplémentaire vis-à-vis des donneurs d'ordre étrangers. "Avec une surface financière consolidée, des capacités de production plus importantes sur des sites géographiques diversifiés, nous sommes en mesure de garantir à nos clients des livraisons régulières et dans les délais requis, en dépit des fluctuations de l'approvisionnement en poisson".
Les dirigeants prévoient en outre d'augmenter les parts de marché dans les pays déjà pénétrés et de prospecter de nouveaux marchés.

"La fusion va nous permettre de nous munir des moyens humains et financiers suffisants pour adopter une approche plus dynamique de nos marchés". De nouveaux produits adaptés à des marchés spécifiques seront également testés avant leur lancement. L'Amérique du Sud et l'Asie seront, entre autres, particulièrement ciblés.
Enfin, le marché local, sur lequel les Conserveries Chérifiennes sont déjà présentes, sera également intégré dans la stratégie commerciale comme l'un des marchés cibles du groupe.

M. K.

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