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    Economie

    Ministère de l'Habitat: Les recasements autofinancés : 7,8% de la population urbaine dans les bidonvilles

    Par L'Economiste | Edition N°:70 Le 11/03/1993 | Partager

    Afin que les programmes de recasement ne soient pas bloqués par la rareté des moyens financiers, le Ministère de l'Habitat a mis en place un système d'autofinancement. Le taux de la population bidonvilloise devrait être réduit d'année en année pour se situer à 2% à l'horizon 1997.

    Le chiffre de 95.000 logements, annoncé récemment par le Ministère de l'Habitat, concerne la réalisation de "l'encours des constructions". Cet encours est évalué en tenant compte d'un délais moyen de valorisation des lots de 3 à 5 ans (1). En d'autres termes, le Ministère estime qu'un terrain cédé est bâti en 3 à 5 ans. Pour l'année 1993, le programme qui sera lancé par le Ministère concerne 35.000 lots et 20 à 25.000 logements. Depuis 1985-86, malgré la contraction des moyens financiers de l'Etat, le Ministère de l'Habitat réalise des programmes du même volume grâce à la mise en place de la nouvelle politique de "système de péréquation".

    En effet, durant les années 1980, les plans d'investissements étaient en chute. En moyenne, ils se chiffraient à 80 millions de Dirhams annuellement, alors qu'ils étaient de 800 millions de Dirhams au cours des années 1970. Ils concernaient des actions marginales visant certaines villes telles qu'Agadir, Khemisset ou le monde rural. Dans un contexte de sécheresse, l'objectif était de fixer la population en lui offrant un travail dans le bâtiment. Il fallait, également, tenter d'aménager l'exode rural lorsque celui-ci devenait inéluctable.

    La politique de "système de péréquation" consiste alors à lancer de vastes programmes en pratiquant des prix sélectifs. Trois catégories de lots sont alors commercialisées:

    - les recasements ou les RP+1 sont cédés à des prix symboliques;

    - les bénéficiaires payent au maximum 50% du prix de revient;

    - les "Habitations Bon Marché" (HBM) sont cédées généralement aux fonctionnaires à leur prix de revient;

    - Enfin, les lots de promotion (RP+4) sont vendus à +50% de leur prix de revient. Ces derniers sont généralement destinés au commerce.

    Par ailleurs, les subventions du budget de l'Etat financent partiellement les équipements et l'assainissement, "qui sont généralement du ressort des collectivités". Pour 1993, "sur un programme de 14 milliards de Dirhams, les subventions se chiffrent à 383.000 Dirhams. Elles ne représentent même pas 1%. Les projets ont donc tendance à s'équilibrer", explique M. Cherif Tahiri, directeur central de la Direction de la Planification et de la Programmation du Ministère de l'Habitat. Les versements se font par fraction afin de faciliter le paiement aux bénéficiaires. Ils permettent, en contrepartie, le financement progressif des travaux.

    De plus, seule l'Agence de Lutte contre l'Habitat Insalubre (ANHI) était initialement responsable des programmes de recasement. Mais, depuis 1989, l'ensemble des organismes sous la tutelle du ministère de l'Habitat y participent. Des contrats programmes intéressent aussi bien l'ANHI que la Société Nationale d'Equipement et de Construction (SNEC), la société Attacharouk et les 7 Etablissements Régionaux d'Aménagement et de Construction (ERAC) .

    Le recensement de la population de 1972 avait révélé que la population des bidonvilles représentait 21 % de la population urbaine. Ce taux, jugé excessif par la Banque Mondiale et le FMI, avait poussé à la création du Ministère de l'Habitat, ainsi que des ERAC et de la FNAC.

    Les enquêtes périodiques du Ministère de l'Habitat font ressortir qu'en 1989 le taux de la population bidonvilloise n'était plus que de 13,7%. En 1992, ce taux est estimé à 7,8%. En 1997, il devrait être réduit à 1,5 ou 2%. "Le niveau zéro ne pourrait pas être atteint, puisque les bidonvilles constituent des habitations de transit pour les nouveaux urbains", précise en substance M. Tahiri.

    Enfin, celui-ci met l'accent sur le contexte actuel de rareté des moyens financiers et de la flambée des prix de terrains. Il évoque l'idée d'élaborer une stratégie de financement du secteur. Il souhaiterait également que le droit de préemption pour les terrains qui intègrent le périmètre urbain devienne effectif.

    L.T.

    (1) Certes d'après la législation en vigueur, la durée de la valorisation ne E doit pas dépasser deux années. Des facilités sont cependant accordées.




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