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Miguel Menchen: Méditel a atteint la vitesse de croisière

Par L'Economiste | Edition N°:2106 Le 12/09/2005 | Partager

. 3,8 millions de clients et 200 millions de DH de résultat net . Avec le régulateur (ANRT), c’est la lune de mielAprès dix-huit mois passés à la direction de Méditelecom, Miguel Menchen s’en va à Mexico d’où il pilotera cinq filiales du groupe Telefonica en Amérique Centrale. L’état-major du groupe récompense ainsi le redressement du deuxième opérateur GSM. - L’Economiste: Dans quel état laissez-vous Méditelecom? Il se dit qu’à une époque, lorsque sa situation était difficile, l’opérateur avait menacé de quitter le Maroc…- Miguel Menchen: Je ne sais pas d’où provenaient ces rumeurs. Je peux vous certifier que Méditelecom est une entreprise solide qui a connu certes quelques difficultés, peut-être plus importantes que celles qu’avaient prévues les actionnaires. La réalité est que c’est une affaire qui marche très bien et qui a atteint la vitesse de croisière. La licence de téléphonie fixe permettra à Méditelecom de devenir un opérateur intégral en offrant la voix, les données et l’Internet. Je pars avec un mélange de sentiments: d’un côté, une certaine tristesse, parce que sur les plans professionnel et personnel, j’étais très bien au Maroc. De l’autre, j’ai la satisfaction du devoir accompli parce qu’avec mes collaborateurs, nous avons réussi le défi d’une forte croissance en gardant le souci de rentabilité. Méditelecom est aujourd’hui une affaire bénéficiaire alors qu’il y a seulement deux ans, elle perdait beaucoup d’argent. Nos indicateurs financiers et nos perspectives de croissance sont bien meilleurs qu’à mon arrivée. Je pense que c’est ce travail de relance qui a été apprécié à Telefonica et conduit les responsables à me proposer un nouveau challenge en me confiant des responsabilités plus importantes que celles que j’avais au Maroc. En plus de la filiale mexicaine du groupe, j’aurai en charge quatre entités situées en Amérique Centrale. Il s’agit d’une promotion et de la reconnaissance du travail réalisé par mes collaborateurs et moi-même chez Méditelecom. C’est une fierté pour nous tous.- Le changement de directeur général alors que l’opérateur se lance dans la téléphonie fixe ne risque-t-il pas de déstabiliser la maison? - J’espère que non (il insiste deux fois). Je n’ai pas le moindre souci à ce sujet parce que la diversification dans le fixe est le fruit d’une longue réflexion collective. Le changement à la tête du management n’entamera en rien la mobilisation des femmes et des hommes de Méditelecom. Nous avons beaucoup discuté en interne sur le business-plan du fixe, le positionnement, les investissements,… croyez-moi, tout le monde veut relever ce nouveau défi. A mon arrivée, j’avais établi un plan d’action sur trois ans. A l’heure où je pars, il me manque deux choses: le lancement du fixe et la licence de 3ème génération, l’UMTS. Ce sont deux choses auxquelles je tenais beaucoup. Mais en même temps, dans une multinationale comme Telefonica, les changements et les défis sont permanents. Aujourd’hui, il s’avère que le groupe veut donner un nouveau souffle à son activité au Mexique et me charge de ce challenge. C’est une opportunité que je me devais de saisir.- Le fait d’être un spécialiste des télécoms vous a-t-il aidé à comprendre le marché et anticiper son développement?- Incontestablement. Mon expérience sur d’autres marchés étrangers a crédibilisé mon discours et ma vision auprès de mes collaborateurs. Je l’ai senti dès le premier contact dans nos réunions. Ils savaient que je parlais de choses que je maîtrisais et que ma vision était assise sur des arguments et l’expérience accumulée sur des marchés étrangers. Même tout l’écosystème qui gravite autour de l’entreprise, c’est-à-dire l’ensemble de nos distributeurs, a tout de suite adhéré.- Combien de clients compte le portefeuille de Méditel et quelle est votre situation financière?- A la fin de l’année nous arriverons sans doute à 4 millions de clients. Nous comptions presque 3,850 millions à fin août 2005. C’est près du double de ce que j’avais trouvé à mon arrivée. Pour ce qui concerne la situation financière, l’entreprise dégage des résultats bénéficiaires. En 2003, Méditelecom avait perdu 1,350 milliard de dirhams. L’exercice en cours devrait s’achever par un résultat net de 200 millions de dirhams (y compris l’amortissement de la licence). Ce n’est peut-être pas un montant très élevé, je vous le concède, mais nous avons réussi à inverser la courbe de manière spectaculaire. En un an et demi, le chemin parcouru est impressionnant.- De quelle action êtes-vous particulièrement fier durant votre mandat?- C’est très difficile d’en isoler une. Je peux vous dire en revanche que je suis très content d’avoir compris et poussé l’accélération du marché en mobilisant mes collaborateurs autour d’une vision. J’éprouve aussi une immense satisfaction d’avoir obtenu la licence fixe parce qu’elle nous ouvre un nouveau champ d’action. Sur le plan des ressources humaines, je suis satisfait d’avoir créé une équipe qui marche très bien.Par ailleurs, je suis fier d’avoir amélioré, de façon significative, les relations avec l’administration et le régulateur. Cela restera une grande satisfaction personnelle. Quand j’ai pris mes fonctions, les relations entre Méditelecom et le régulateur étaient tendues. Aujourd’hui, elles sont basées sur le respect et la confiance mutuels.- Qu’est-ce qui a changé entre-temps? - Je pense que plusieurs choses ont contribué à cet apaisement. D’abord, la position de l’Etat dans le capital de Maroc Telecom. Je pense que le fait que l’Etat marocain ne soit pas trop engagé avec les comptes de résultat de l’opérateur historique pousse à des décisions plus équilibrées au niveau de la régulation. Je crois qu’il y a eu aussi une volonté réciproque d’aller vers un climat de respect mutuel. Je me suis inscrit dès le départ dans une logique de dialogue et non de rapports conflictuels. Tout n’est pas parfait, mais la situation est bien meilleure aujourd’hui qu’à mon arrivée.- Que peut-on améliorer dans le système de régulation? - Mon seul regret est qu’on n’est pas encore arrivé à trancher sur la question de l’interconnexion, même si aujourd’hui elle n’est plus vraiment génératrice de conflits. Je reste persuadé que ce problème n’est pas résolu d’une façon juste. Dans le fixe également, il manque encore deux ou trois choses à faire évoluer pour la réussite de la concurrence: je pense à la portabilité, qui est un élément clé et une condition sine qua non pour que la concurrence soit profitable au consommateur. Il reste aussi à définir une vraie politique de dégroupage. Enfin, la gestion du nom de domaines (.ma) qui est encore assurée par Maroc Telecom. Ce n’est pas normal car cela place cet opérateur dans une situation d’incompatibilité. C’est un changement qu’il va falloir opérer rapidement afin que tous les opérateurs soient soumis aux mêmes règles.- Quel est l’état des relations de Méditelecom avec son concurrent ?- Je dois vous avouer que nous n’avons pas eu beaucoup de relations au niveau professionnel. Notre concurrent a essayé constamment de nous mettre des bâtons dans les roues. Dans son esprit, il a toujours considéré que ce que nous gagnions, c’est lui qui le perdait alors que, sur certains points, nous pouvions agir ensemble pour pousser le marché. Il s’est toujours placé dans une optique conflictuelle et c’est dommage car, sur certains points, nous aurions pu avancer plus vite. Mais que voulez-vous, un monopole historique n’accepte pas la concurrence de gaieté de cœur.«Sur beaucoup d’indicateurs de performance, -nombre de clients par salarié, revenu unitaire par employé- Méditelecom rivalise avec les autres filiales du groupe»Propos recueillis par Abashi SHAMAMBA & Khadija MASMOUDI

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