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Affaires

Microcrédit: Où sont les futurs acteurs?

Par L'Economiste | Edition N°:2167 Le 08/12/2005 | Partager

Fouad Abdelmoumni est directeur de l’Association de microcrédit Al Amana et ex-président depuis quelques jours à peine, de Sanabel, le réseau pour la microfinance dans le Monde arabe. Incontournable du secteur, il nous livre sa vision sur ce qui a été fait… et le reste!. L’Economiste: L’incroyable boum du secteur, on le connaît… A votre avis, par quoi passe le renouvellement de l’activité pour aller du microcrédit à la microfinance?- Fouad Abdelmoumni: Le besoin d’expansion continue d’être important puisque nous touchons plus de 600.000 personnes mais devrions en servir six fois plus. Les crédits que nous accordons sont trop faibles par rapport aux besoins réels de la population… ce qui crée déjà un besoin en comparaison au 1,2 milliard de dirhams que nous offrons aujourd’hui à notre clientèle. Il n’est pas exclu de parler d’une multiplication par 20 de ce montant pour le volet crédit. Et puis il y a également le besoin d’offrir à cette population qui est toujours exclue du circuit bancaire, non pas uniquement le microcrédit pour des activités génératrices de revenus, mais toute la gamme de prestations financières et bancaires. Et qui lui serait fort utile pour le développement de ses activités économiques, de ses ressources, de ses emplois, de sa confiance, de son insertion… . Qu’est-ce qu’il faut faire pour cela? - Mettre en place des mécanismes qui permettraient de drainer quelque chose comme 20 milliards de dirhams à terme, et qui ne pourront venir ni des dons, ni du recours à l’emploi bancaire, qui s’est développé de manière conséquente ces derniers temps. Donc une intégration forte des institutions de microfinance dans le secteur financier classique ainsi que la collecte d’épargne me semblent être des impératifs pour poursuivre le développement quantitatif et l’ouverture sur les métiers de la banque, que ce soit le dépôt, la banque électronique ou le compte-chèque, le virement. Aujourd’hui, il me semble possible de mener ces activités d’une manière économiquement soutenable au profit de cette clientèle.. Le secteur a besoin de la généralisation du rating, d’une centrale des risques… et apparemment, c’est en bonne voie. Comment accélérer le mouvement?- Aujourd’hui, un des besoins critiques est de permettre le développement d’organisations d’une très grande compétence, supérieure à celle que nous avons. Les autorités du pays, quelles qu’elles soient, ne sauraient tolérer des développements assez radicaux de nos activités, en particulier de collecte de l’épargne, si nous ne sommes pas dans une position tout à fait nouvelle: une gouvernance de très haut niveau. Et je pense que des pratiques comme le rating sont bonnes pour convaincre quelques banques de nous prêter plus… Même si les besoins ne sont pas à ce niveau-là! Je vous ai parlé des 20 milliards de DH qui seraient requis: c’est 20 fois la taille actuelle. Il faut interconnecter cela avec les exigences organisationnelles en termes de RH, de gestion de risques, de transparence… Ce n’est pas exclu que certaines associations opèrent cette mutation mais les acteurs ne sont pas encore là pour y faire face. Certains traînent les pieds et retardent la mise en place d’une centrale des risques. Je crois que si tout le monde ne veut pas faire le premier pas, certains seront acculés à démarrer seuls.. Et qui seraient ces acteurs?- Je pense que l’Etat aujourd’hui est en train de prendre la mesure de la situation. Les autorités font le constat que les banques ne font pas… ça fait 20 ans qu’on stagne au taux de 20% de bancarisation! L’Etat a la faculté de dire «j’autorise», en permettant aux associations de collecter l’épargne, d’offrir des comptes-chèques ou du crédit de manière plus massive. La question est de savoir si on va évoluer dans la même gamme qu’aujourd’hui. II est clair que nous sommes sur une pente exponentielle mais qui s’essoufflera au plus tard dans les deux ans à venir. Il faut créer des conditions pour que de nouveaux acteurs émergent car on parle de passer d’un taux de bancarisation de 20% à 60… Ce ne sont pas les petites associations qui vont assurer ça.


Coups de gueule

Il faut inviter les médias à plus de relativité. Le microcrédit n’est pas une panacée et les autres acteurs n’ont, à la limite, plus de responsabilité dans la solidarité, la communauté et l’exclusion.Par ailleurs, on a la forte impression qu’au moins pendant un temps, les promoteurs de la microentreprise peuvent avoir des tendances naturelles à aller chercher le travail le plus fragile comme appoint. Et donc avoir recours à l’emploi des enfants.Propos recueillis par Céline PERROTEY

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