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    Micro-entreprise : La formule de financement de la Fondation Zakoura

    Par L'Economiste | Edition N°:215 Le 01/02/1996 | Partager

    La chômage et la pauvreté gangrènent le tissu économique et social. La solution réside dans la création continue d'emplois. La Fondation Zakoura s'engage sur cette piste et invite les donateurs à souscrire à cette institution.


    Lutter contre le chômage et l'exclusion: c'est la mission dévolue à la Fondation Zakoura créée à l'initiative de M. Noureddine Ayouch, Pdg de Shem's Publicité. Cette association à but non lucratif se propose d'instaurer un système de prêts solidaires, sans aucune garantie, destinés au financement de micro-entreprises dans les domaines du commerce, des services, de l'environnement, de l'artisanat ainsi que des projets dans le monde rural. Elle se charge également d'apporter l'assistance et le conseil aux candidats de manière à favoriser le succès des projets. L'aide s'adresse essentiellement aux chômeurs, hommes et femmes de milieux urbain et rural, ne pouvant bénéficier de programmes de financement classique, ayant un savoir-faire, un projet ou au moins une ébauche de projet. La fondation n'est pas une banque. Elle fonctionne comme une institution de crédit à but non lucratif. Les prêts vont de 2.000 à 20.000 DH sur une durée n'excédant pas une année. Le montant est fixé en fonction du projet présenté par le demandeur.

    Rôle économique et social


    La démarche n'est pas nouvelle. Elle est déjà bien éprouvée dans d'autres pays, notamment en Amérique latine, en Asie et en Afrique, où le taux de remboursement est supérieur à 95% et atteint même 98% au Bangladesh. Aussi, M. Ayouch espère que l'expérience internationale devrait permettre de faire de la fondation une réussite. L'idée de sa création remonte à 1989. A cette époque, explique l'initiateur, "les échos reçus étaient mitigés, voire négatifs". Mise en veilleuse pendant près de cinq ans, elle a été relancée fin 1994. Le travail de préparation fut entamé en avril 1995 et le démarrage effectif a eu lieu au début du mois de novembre.
    De l'avis de M. Ayouch, la création de la fondation est une nécessité qui ressort de l'obligation de tout citoyen ayant réussi d'aider les autres à s'en sortir. Sans condamner les oeuvres de bienfaisance, il estime que le meilleur moyen consiste à offrir directement aux démunis la possibilité de créer leur propre emploi. En d'autres termes, la Fondation Zakoura revendique un rôle économique et social dans un environnement où la classe moyenne n'est pas très importante. Le Pdg de Shem's Publicité précise que les privilégiés doivent justement oeuvrer pour l'éclosion de cette catégorie sociale. Il fait ainsi appel aux souscripteurs et membres potentiels qui, par leur apport financier ou en participant bénévolement à l'encadrement et à la formation des porteurs de projets, contribueront à la réduction du chômage et par là de la pauvreté dont "la solution repose sur le développement économique par la création de nouveaux biens et services produits par des entreprises existantes ou à créer".
    La fondation est actuellement dotée d'un fonds de près d'un million de Dirhams constitué par les apports de plusieurs donateurs, outre celui de l'initiateur qui espère recueillir le maximum de contributions. A cet effet, plusieurs organismes étrangers seront sollicités. Auparavant, il est estimé que les citoyens "doivent donner l'exemple" en se mobilisant pour une entreprise utile qui est déjà sur orbite.

    Collaboration avec l'ONEP


    A fin décembre 1995, après seulement un peu plus d'un mois d'activité, la fondation a financé 52 micro-entreprises pour un montant de près de 250.000 Dirhams. L'objectif était de 40 projets, fait remarquer Mme Mohammadia Hajoui, la directrice, qui est assistée de quatre autres personnes travaillant à plein temps pour la fondation. Pour l'année en cours, il s'agira d'atteindre 500 projets, et 2.000 pour l'année suivante. Mission utopique? Pas du tout, rétorque M. Ayouch. Il considère que ces objectifs très élevés sont à portée de leur fondation.
    Pour l'instant, la grande partie de l'activité est circonscrite à Casablanca, en particulier dans les quartiers populaires. Cependant, des actions sont entreprises dans le monde rural (Taounate, Sidi Kacem, Bouznika et Berrechid). Il est prévu la création de deux antennes au courant de cette année, une à Kénitra et une à Marrakech. Cinq autres seront mises en place en 1997 dans d'autres villes.
    Il est à souligner que la fondation, administrée par un conseil d'administration composé des souscripteurs, est disposée à collaborer avec des structures poursuivant un même objectif. A cet effet, elle vient de conclure une convention avec l'Onep. Cet organisme se chargera d'assurer une formation en électricité et plomberie à de jeunes porteurs de projets sélectionnés par la Fondation. Une quinzaine de personnes ont déjà commencé un stage d'un mois dans le centre de formation de l'Office qui les a entièrement pris en charge. Au terme du stage, la Fondation et l'ONEP les aideront à lancer leur propre micro-entreprise. Un exemple que la Fondation souhaiterait développer avec d'autres oranismes publics ou privés.

    Alié Dior NDOUR.

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