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Micro-crédits : 5 millions de personnes dans le besoin

Par L'Economiste | Edition N°:327 Le 23/04/1998 | Partager

Le programme Microstart, lancé par le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) est venu renforcer les micro-crédits. Le Maroc est le premier pays à en bénéficier concrètement. Toutefois, il reste beaucoup à faire dans la lutte contre la pauvreté.


C'est un vrai coup de pouce qu'a reçu le micro-crédit grâce au programme Microstart. Ce dernier a été lancé en juin 1997 par le Programme des Nations Unies pour le Développement lors du sommet mondial sur le micro-crédit. Il avait depuis retenu 25 pays dont le Maroc. Cette initiative pilote a d'ailleurs été approuvée par le Ministère de l'Economie et des Finances. Le Maroc est le premier pays à voir ce programme se concrétiser.
A ce jour, quatre associations marocaines ont pu bénéficier de ce projet. Parmi elles figurent l'Asso-ciation Marocaine de Solidarité sans Frontières (AMSSF) et la Fondation Zakoura. Deux autres associations allongeront bientôt la liste.
Le programme Microstart projette également de renforcer les capacités d'au moins sept organisations locales. Un minimum de 1.000 prêts par organisation est attendu pour un total de 21.000 à l'échelle nationale. "Le programme Microstart nous a donné un autre souffle. Il nous a permis de faire face à une demande élevée", précise Mme Khadouj Gharbi, présidente de l'AMSSF, lors de la journée organisée le 17 avril au siège de l'Association à Fès sur le thème «Programme Microstart».

Une manifestation à laquelle a également participé la Fondation Zakoura. L'objectif de cette rencontre est de sensibiliser les bailleurs de fonds à la nécessité de développer ce créneau. Certes, «nous avions déjà de forts liens avec des organisations locales», ajoute Mme Gharbi, notamment avec l'Association Marocaine de Solidarité et de Développement (AMSED), mais le programme Microstart est venu renforcer ces liens. A fin mars 1998, le nombre total de crédits distribués par l'AMSSF a atteint 373. Ce sont les marchands ambulants qui se sont taillé la part du lion avec 29,22% de l'ensemble des crédits. Les vendeurs de vêtements viennent en seconde position avec 19,84% et les couturières en troisième position avec 18,77%.
Même son de cloche du côté de la Fondation Zakoura qui, selon M. Noureddine Ayouch, son président, dispose actuellement de plus de 50 agents de crédit. Il a souligné que Zakoura a atteint 7.735 crédits à fin mars 1998, dont 1.500 dans la région de Fès.

2,9 milliards de DH


L'objectif est d'atteindre, d'ici la fin de l'année, 15.000 crédits sur les neuf régions où Zakoura est présente. Le taux de remboursement est l'un des meilleurs, puisqu'il atteint 99%, est-il précisé.
Malgré cela, M. Ayouch considère qu'il reste encore beaucoup à faire. Il y a lieu de mobiliser plus de fonds, nationaux et étrangers, afin de toucher une large clientèle et par là-même lutter efficacement contre la pauvreté.
Sans vouloir verser dans le pessimisme, le bilan de la pauvreté au Maroc n'est assurément pas des plus brillants. Plus de 4 millions de personnes vivent avec moins de 225 DH par mois. M. Ayouch estime à 5 millions le nombre de personnes qui ont besoin de micro-crédits. Son avis est partagé par M. Fouzi Mourji, professeur à l'Université Hassan II de Casablanca. Selon lui, la Banque Mondiale a évalué à plus de 2,9 milliards de DH (300 millions de Dollars) les besoins du Maroc en micro-crédits.

"Les objectifs assignés au programme Microstart sont, en substance, le renforcement des compétences techniques, humaines et financières des associations spécialisées dans les micro-crédits", explique M. Bouna Sémou Diouf, représentant résident du PNUD et coordonnateur du système des Nations Unies au Maroc.
Le budget de Microstart s'élève à 14,4 millions de DH (1,5 million de Dollars), dont 4,8 millions de DH (0,5 million de Dollars) à l'assistance technique. "C"est l'association américaine Save the Children qui est le fournisseur international de services techniques dont nous sommes le représentant local", affirme M. Mourji. La supervision du programme Microstart est assurée par un comité composé notamment d'un représentant de la Banque Centrale Populaire et d'un représentant de la délégation de l'UE. La coprésidence de ce comité est confiée au Ministère de l'Economie et des Finances et au PNUD.


Visite de clients


L'Association Marocaine de Solidarité sans Frontière (l'AMSSF) et la Fondation Zakoura ont organisé à Fès des visites pour mesurer les résultats du programme Microstart. Les deux associations ont montré à cette occasion leur manière de travailler. L'AMSSF a octroyé, devant les participants du séminaire, des prêts de 500 DH à un groupe de cinq personnes ayant la cinquantaine (trois hommes et deux femmes), dont deux exercent une activité commerciale dans les souks. «Pour faciliter à nos clients les opérations de remboursement, on a choisi le vendredi», explique Mme Khaddouj Gharbi, présidente de l'AMSSF. C'est le jour où les souks sont dépeuplés.
Ces crédits seront remboursés mensuellement au taux de 3%. Au bout d'un cycle de quatre mois, les clients auront droit à une deuxième tranche de 800 DH. Les cycles se multiplient jusqu'à hauteur de 4.000 DH.

Pour bénéficier d'un prêt, un groupe d'au moins cinq personnes doit être constitué. Un président est choisi. C'est lui qui est chargé du suivi. «Le groupe est le meilleur moyen de garantie, non pas matérielle, mais morale», précise Mme Gharbi. L'intérêt de la composition d'un groupe est dicté, non seulement par le besoin d'instaurer un esprit de solidarité, mais aussi pour garantir les remboursements. Dans le cas où l'un des membres est incapable d'honorer ses échéances, ce sont les autres qui lui viennent en aide.
De son côté, la Fondation Zakoura a procédé à la visite, dans la région de Fès, de trois de ses clientes, la quarantaine, qui font toutes de la broderie en plus d'une première activité (vente de légumes notamment). «Les femmes à qui nous octroyons des prêts sont de vrais chefs de ménage. Elles fournissent des efforts consi-dérables pour subvenir aux besoins de leurs familles», précise M. Noureddine Ayouch, président de la Fondation Zakoura.

Ses clients bénéficient généra-lement de prêts nettement supérieurs qu'à ceux de l'AMSSF. En effet, chaque client de Zakoura reçoit un crédit initial de 1.500 DH. «Grâce à cette somme, des clientes ont pu devenir de véritables femmes d'affaires», souligne M. Ayouch. Notre première expérience qui consistait à octroyer des prêts allant jusqu'à 4.000DH a été un véritable échec, précise-t-il.

Kamal LAHBIB

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