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    Affaires

    Mesures protectionnistes sur les médicaments

    Par L'Economiste | Edition N°:2353 Le 04/09/2006 | Partager

    . Forte hausse des droits de douane sur certains produits. Un secteur morose qui attend toujours son code. Encourager la production locale?LE prochain Conseil de gouvernement prendra des mesures de protection en faveur de l’industrie pharmaceutique. «Il ne s’agit pas de mesures protectionnistes», affirme Mahle, de la direction du médicament au ministère de la Santé publique. Qui ajoute que «cela se fait partout dans le monde». Il n’empêche qu’il s’agit de mesures de protection frappant les produits finis importés quand ceux-ci ont un équivalent produit au Maroc. La taxe passera de 2,5 à 32,5%, mais le ministère indique que les médicaments des «nouvelles thérapies» ne seront pas concernés par cette mesure. Il ne s’agit pas d’une mesure transitoire mais elle n’excèdera pas 2010, date du «tout démantèlement». L’Amip, l’Association marocaine de l’industrie pharmaceutique, indique qu’elle n’est pas à l’origine de cette mesure. Celle-ci arrive à un moment où le tissu industriel est morose: à peu de chose près, le niveau de consommation de médicament au Maroc stagne depuis 2001. Sur ces cinq dernières années, les estimations font état de 200 DH par personne et par an. Ce qui équivaut, en gros, à un marché de 600 millions de DH. Les dernières statistiques disponibles (2004-2005) font état de 3% de croissance des ventes de médicaments au Maroc et 7% au niveau mondial, croissance dont la moitié vient des seuls Etats-Unis. Le Maroc est donc très loin de la moyenne de croissance mondiale.L’AMO, explique l’Amip, a relancé la demande. Notons néanmoins que seuls 15% des frais engagés sont, à ce jour, refinancés. L’activité pharmaceutique est décevante: les unités tournent à 50% de leur capacité, indique l’association. Autre conséquence de la morosité: les industriels, au lieu de fabriquer, recourent de plus en plus à l’importation dont la répercussion immédiate est le prix de vente grand public: «la faible demande du marché local ne justifie pas des investissements»!. Les multinationales, surtout celles qui n’ont que des représentations marketing et commerciales au Maroc (telles que Juva, MST), n’ayant aucune structure de fabrication, seront pénalisées par la mesure. Les industriels attendent toujours leur nouveau code, qui doit libérer les investissements dans le secteur. Le texte est voté, mais pas encore applicable. L’ancien code obligeait en effet l’investisseur majoritaire, détenteur de 51% au moins, à être un pharmacien autorisé à exercer au Maroc. D’où la limitation des engagements financiers qui doivent passer par un homme de paille. Le nouveau code, lui, inclura la «clause du capital encadré»: il ouvre la possibilité à tout investisseur pharmacien ou non (banques, assurances…) de pouvoir entrer au capital d’une industrie pharmaceutique ou d’investir dans le secteur. Bien sûr, pour la responsabilité de l’acte pharmaceutique lui-même, au niveau de la fabrication, il faudra toujours au moins un pharmacien responsable.


    Un casse-tête

    POUR l’instant, le ministère ne définit pas précisément ce qu’il entend par «produit équivalent». Imaginons qu’un labo international améliore un médicament, produit au Maroc. Le médicament amélioré est-il ou n’est-il pas un équivalent au produit local? Plus compliqué: si le laboratoire international se trouve être le producteur du principe actif de ce médicament amélioré ou pas, il peut très bien décider de ne plus livrer au producteur marocain, et ainsi faire disparaître par la force son concurrent local. Le risque n’est pas nul car le marché marocain est si petit que le laboratoire international ne prendra pas un grand risque sur son chiffre d’affaires en procédant de la sorte. Un vrai casse-tête… que le Maroc connaît bien puisque qu’il l’a déjà vécu dans les années 70 et 80.B. T.

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