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Merzouki retrace son vécu à Tazmamart

Par L'Economiste | Edition N°:951 Le 06/02/2001 | Partager

. «Tazmamart, cellule 10« de Ahmed Marzouki est une voix qui sort des ténèbres pour clamer haut et fort une réalité qui est restée enfouie pendant longtemps Qui de nous n'a pas entendu parler de Tazmamart, bagne de la mort et de l'oubli? Tant d'histoires toutes, aussi horribles les unes que les autres, ont été tissées autour de ce lieu morbide où les souvenirs ont noirci bien de pages et aussi la mémoire de tous ceux qui y ont vécu. A en croire les témoignages qui ont été rapportés par les rescapés, il serait indécent de parler de vivre dans un lieu où les détenus étaient destinés à mourir à petit feu. A aucun moment, il ne s'est agi, pour tous ceux qui sont restés toujours dehors d'imaginer le drame, au quotidien, de ces gens qui ont passé un pan de leur existence dans un trou à rats, loin de la lumière du soleil. Les échos qui en parvenaient dépassaient l'imagination. Personne n'était capable de parler en leur nom ou de rapporter leur souffrance. Comment aurait-on trouvé les mots pour la décrire. Après leur libération, ces prisonniers se sont chargés eux-mêmes de cette lourde tâche. Qui mieux qu'eux pourrait s'en acquitter? «Tazmamart, cellule 10« de Ahmed Marzouki fait partie des documents dans lesquels l'auteur retrace son vécu à Tazmamart. Un récit qui prend les allures d'un conte extraordinaire, raconté par un revenant et dans lequel il relate les affres d'un autre monde dans lequel il a passé 18 ans de son existence. Un témoignage poignant qui dit toute la souffrance de prisonniers d'un ordre spécial. Des chapitres douloureux et des souvenirs atroces ponctuent ce récit fluide et simple. Sans fioritures, ni oripeaux, le style du livre est sobre. Le but n'étant pas d'épater le lecteur par des effets stylistiques, mais de le toucher au plus profond de lui-même, tout en l'informant. L'auteur s'efface derrière des récits qui concernent tous les détenus. Il se fait rapporteur d'images et de faits qui se sont déroulés au sein du bagne. De la nourriture aux conditions d'hygiène (absentes), des relations entre détenus et gardiens, tout y passe. Pour paradoxal que cela puisse paraître, le livre ne manque pas d'humour. «Nous riions beaucoup à Tazmamart. Nous étions plus heureux que nos tortionnaires«, affirmait Marzouki dans une conférence de presse. Peut-être riaient-ils parce qu'ils ne comprenaient pas ce qui leur arrivait. L'absurdité de la situation dans laquelle ils vivaient suscitait la dérision. Pour ceux qui ont lu le livre, il suscite indignation et surtout beaucoup de pitié à l'égard de ces hommes, qui, au-delà de leur fonction ou du crime pour lequel ils sont condamnés, ont subi le pire des traitements que l'on puisse infliger à un être humain. On se demande au bout du compte comment ces personnes ont réussi à survivre toutes ces années dans des conditions de détention qui étaient pour les dépouiller de leur humanité. Ils n'en sont pas sortis indemnes non plus. La mémoire lourde d'images cauchemardesques, Ahmed Marzouki, au nom de tous ses camarades de détention, a essayé de témoigner de ce calvaire pour que l'histoire se souvienne d'eux et pour que ce drame ne se reproduise plus. Aujourd'hui encore, un sentiment d'injustice poursuit tous les prisonniers et des points d'interrogation trottent dans leur tête. Certains d'entre eux ont choisi l'oubli alors que d'autres, comme Marzouki, ont préféré le souvenir. Une option bien douloureuse que celle qu'il a entreprise parce que le contraignant à revivre les péripéties du drame. L'écriture reste, tout de même, une thérapie, une catharsis qui apaise ses douleurs sans les guérir définitivement.


De 500 à 5.000 exemplaires

Après un premier tirage assez timide de 500 exemplaires, «Tarik Editions«, constatant un engouement sans pareil pour l'ouvrage, a effectué un nouveau tirage de 1. 250 exemplaires et puis de 5.000 exemplaires. Le livre est disponible dans les librairies à 90 DH. Kenza ALAOUI

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