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Economie

Menaces sur l'industrie du sel alimentaire

Par L'Economiste | Edition N°:424 Le 18/01/1999 | Partager

L'Administration feint de ne pas se sentir concernée en dépit des multiples appels lancés par les producteurs de sel alimentaire. Les cours sont orientés à la baisse et ce, en raison de la concurrence du sel non iodé et du sel provenant du Sud. L'Administration feint de ne pas se sentir concernée en dépit des multiples appels lancés par les producteurs de sel alimentaire. Les cours sont orientés à la baisse et ce, en raison de la concurrence du sel non iodé et du sel provenant du Sud.


La stratégie d'iodation du sel alimentaire risque de faire des victimes chez les producteurs. Pourtant, les signaux de détresse se sont multipliés ces derniers mois. En 1997, la Société Chérifienne des Sels, qui reste une des sociétés les plus organisées du secteur, a connu une année particulièrement difficile. Son chiffre d'affaires a baissé de 31% (14,9 millions de DH contre 21,4 millions en 1996).
En dépit des problèmes spécifiques de la filiale du BRPM, cette baisse est symptomatique de la crise que traverse le secteur. La situation semble prendre aujourd'hui une autre ampleur.
L'on rappellera que tout sel non iodé doit être retiré du marché et ce, conformément à la loi relative à la stratégie d'iodation du sel alimentaire entrée en vigueur en 1996.
Une stratégie qui ne s'est jamais donné les moyens de ses ambitions.
Une étude scientifique, menée par des enseignants-chercheurs de Rabat, et rapportée par L'Economiste, avait mis en évidence la non-généralisation du sel iodé sur plusieurs points de ventes de Rabat et de Kénitra.

La question de l'iodate de potassium peut d'ailleurs illustrer le désintérêt du marché pour une opération à vocation sanitaire. L'iodate, qui est vendu généralement dans des fûts de 50kg, coûte 300DH le kg. Les producteurs, qui sont tenus d'ajouter 1kg d'iodate pour 10 tonnes de sel, s'approvisionnent pour cela auprès de la société Marjac installée à Casablanca. Selon nos informations, l'entreprise a eu du mal à écouler son stock d'iodate importé il y a une année (1 tonne à peu près). Echaudée par cette mésaventure, la société n'a plus voulu renouveler l'expérience.
Un autre danger menace aussi le secteur: le sel provenant du Sud. Profitant de la subvention du fuel, des transporteurs rapportent des quantités de sel, non iodé, pour les revendre sur les régions du Nord. Le phénomène représente une menace réelle de déséquilibre pour le marché: le sel provenant du Nord est vendu (prix fournisseur) 28 centimes le kilogramme (contre 20 à 25 centimes pour celui du Sud). Principaux producteurs menacés: les familles qui exploitent les gisements de sel de Smimo (Région de Marrakech) et Ida et Azza (région d'Essaouira). Ils n'arrivent pas à écouler leurs stocks sur les marchés cible (Safi et Agadir). Ces régions figurent d'ailleurs parmi les principaux sites de production à côté des marais salants de Oualidia, de Tanger et région du prérif (Arbaoua et Taza).

"Indépendamment de l'abscence de contrôle, si nous sommes arrivés aujourd'hui à cette situation, c'est aussi parce que la structure du marché du sel n'a jamais été prise en compte des le départ", souligne un producteur.
Sur le plan juridique, la particularité du secteur est en effet d'être hétérogène. Si les marais salants et les permis miniers, qui relèvent du Ministère de l'Energie et des Mines, subissent un contrôle, les exploitations, par contre, sont régies par des droits coutumiers et des droits habous, et ne subissent aucun contrôle administratif.
En principe, le consommateur et le détaillant auraient pu, en stimulant la demande de sel iodé, atténuer le problème de distribution. Mais voilà, la stratégie d'iodation n'a jusque-là bénéficié d'aucune politique de promotion. De sources industrielles, le MSP prévoit de lancer une campagne de sensibilisation
en 1999, mais ce n'est pas encore acquis: celle-ci avait déjà
été annoncée pour 1997 et 1998.

Mohamed BENABID

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