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Même s'il pleut la campagne est compromise

Par L'Economiste | Edition N°:273 Le 27/03/1997 | Partager

La météo n'a pas de bonne nouvelle à servir aux agriculteurs dont plusieurs ont labouré et ensemencé pour rien... La sécheresse est bien là et plusieurs régions seront déclarées sinistrées.



La situation devient préo-ccupante pour les agriculteurs. Leur espoir ne dépasse pas l'horizon d'un mois. Si rien ne se passe d'ici là, leurs cultures sont en danger. Dans les régions de Oued-Zem et Khénifra, par exemple, nombre d'agriculteurs ont abandonné leurs cultures, surtout d'orge au bétail. Sur la route entre Casablanca et Ben Slimane, des champs où les tiges viennent juste de sortir de terre sont devenues jaunes. Selon un responsable de la Chambre d'Agriculture de Ben Slimane, leur croissance est définitivement compromise.
C'est le lot de presque toutes les régions agricoles qui n'ont pas accès à l'irrigation. Dans la province de Khénifra, un espoir modéré persiste chez les céréaliculteurs dont les terres sont situées dans les zones froides. Ils peuvent espérer une récolte si les pluies arrivent durant le mois d'avril, mais «certainement en deçà de celles d'une année normale», souligne un responsable régional d'un organisme lié à l'agriculture. La région, qui subit actuellement une chaleur presqu'estivale, selon ce même responsable, s'attend à «des dégâts qui ne peuvent être estimés valablement à l'heure actuelle».

Les perspectives pour de nombreux agriculteurs sont d'autant plus pessimistes que ces derniers ne se sont pas prémunis contre le risque sécheresse en souscrivant une assurance. C'est un système qu'ils ne connaissent pas encore parfaitement malgré les campagnes de sensibilisation. Il est vrai que cette dernière avait été lancée à un moment où l'espoir était intact, nourri par ailleurs par la pluviométrie abondante des mois de novembre et décembre de l'année dernière, souligne M. Driss Hilal, le directeur de l'antenne casablancaise de la MAMDA. Pour lui, la sécheresse «s'est déjà installée», et plusieurs régions, Marrakech et Rahamna notamment, peuvent être considérées comme zones sinistrées. C'est la «qualité» qui donne droit aux remboursements de la MAMDA. Il est à préciser que c'est le gouvernement qui rembourse les agriculteurs sinistrés et non pas la MAMDA dont la mission se limite à la gestion. La première année d'activité de cette assurance, qui en est à sa troisième campagne, a coïncidé avec la dernière sécheresse. Elle a dû rembourser les agriculteurs sinistrés à hauteur de 100%. Ce taux s'applique lorsque la perte porte sur la totalité des récoltes.

Campagne de bricolage


Selon un intervenant agricole de Oued-Zem, zone non irriguée qui compte beaucoup plus sur l'élevage, la campagne agricole est compromise à hauteur de 50%. Auprès de la Chambre d'Agriculture de Ben Slimane, les estimations préliminaires des récoltes ne dépassent pas 30 à 40% de celles d'une année normale. De toute façon, les agriculteurs constatent que, même avec la pluie, la qualité et le calibre des grains seront faibles. Concernant les légumineuses, les agriculteurs ne s'attendent plus à la moindre récolte puisque leur culture dépend de la pluie des mois de mars et avril.
Les viticulteurs de leur côté ne sont pas épargnés. Ils viennent de commencer les travaux, mais si la pluie tarde à venir, le domaine des Béni Ameur qui produit des vins des plus appréciables aussi bien au Maroc qu'à l'étranger risque d'en souffrir.

Une partie des dégâts était prévisible dès le départ. Explication d'un responsable de l'agriculture de la région de Oued-Zem: les labours se sont faits de manière anormale, les céréaliculteurs ont labouré et ensemencé leurs terres juste après les fortes pluies de novembre et décembre. La chaleur, inhabituelle en cette période, qui a suivi ces opérations a «étouffé les jeunes pousses, arrêtant leur croissance». Tout au plus peuvent-ils servir à l'engraissement du bétail.
Le directeur d'une Caisse Régionale de Crédit Agricole (CRCA) d'une région céréalière ne se fait plus d'illusions. Nous assistons à une campagne de bricolage, a-t-il souligné.
L'institution «doit se préparer à des reports d'échéances et à des rééchelonnements».
La situation n'est cependant pas la même pour tous les agriculteurs. Les éleveurs d'ovins ne seront pas aussi touchés que les céréaliculteurs. A condition toutefois, est-il précisé, que la fête du mouton ait lieu. En revanche, les éleveurs sont confrontés d'ores et déjà à l'augmentation des prix des aliments pour bétail.
Le son se vend entre 2,20 et 2,30 Dirhams le kilo contre 1,20 en année normale. La pulpe sèche, qui coûtait 1,80 Dirhams d'habitude, se négocie à 2,60 Dirhams.

Le programme d'irrigation couvre 57% du potentiel



Le plan hydraulique marocain est censé permettre l'irrigation d'un million d'hectares, dont 332.000 grâce à la petite hydraulique, à l'horizon 2000.
Le potentiel irrigable est estimé à 1,35 million d'hectares dont 843.000 en grande Mhydraulique et 510.000 en petite et moyenne hydrauliques. A ces surfaces s'ajoutent 300.000 ha qui peuvent bénéficier d'une irrigation saisonnière ou par eaux de crues. Actuellement, la superficie équipée par l'Etat est estimée à 484.000 ha, soit 57% du potentiel. De nouvelles techniques d'irrigation ont été introduites pour mieux rationaliser l'utilisation de l'eau. La technique de l'aspersion irrigue 120.000 ha et la micro-irrigation couvre 15.000 ha.
Il est à noter cependant que les capacités des barrages diminuent avec l'envasement. La Direction de l'Hydraulique du Ministère des Travaux Publics estime à 50 millions de mètres cubes la perte annuelle de volume relative à une capacité de stockage de 10 milliards de mètres cubes.
Les apports en eau de surface enregistrés entre le 1er septembre et le 31 décembre 1996 sont estimés à 9,5 milliards de mètres cubes, estime un rapport du Ministère des Travaux Publics. Ce taux représente un excédent de 45% par rapport à la situation normale. Aussi le taux de remplissage des barrages au 31 décembre, y compris Al Wahda, est-il évalué à 72%, toujours selon le même rapport. Il correspond à un stock record de 9,8 milliards de mètres cubes. Une telle réserve, souligne le rapport, est susceptible de satisfaire aux besoins en eau de l'agriculture pendant deux ou trois années et assurer l'approvision-nement en eau potable des villes pour plus de trois années.
Il faut ajouter à cette quantité les 34 millions de mètres cubes (remplissage de 60%) retenus par les petits et moyens barrages.
D'autre part, le rapport note la remontée des plans d'eau des nappes souterraines suite aux précipitations de décembre. Ces remontées ont été enregistrées au niveau des bassins du Loukous, du Tangérois, de la côte méditerranéenne, du Sebou, du Bouregreg et du Souss-Massa.o

Hakim ARIF







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