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    Meknès-Tafilalet: Des idées pour la relance

    Par L'Economiste | Edition N°:2353 Le 04/09/2006 | Partager

    . La région dotée d’un riche potentiel mais inexploité. Tourisme, agriculture, mines… des niches prometteuses. Le tissu industriel reste à consolider LE montant des investissements dans la région Meknès-Tafilalet a atteint en juin 2006 quelque 308 millions de DH. Les BTP (bâtiments et travaux publics) viennent en tête avec 116 millions de DH, suivi des secteurs métallique, métallurgique et électrique, de la chimie et parachimie, tourisme et l’agroalimentaire avec respectivement 86, 37, 29 et 25 millions de DH. Ces chiffres montrent que le potentiel de la région demeure encore insuffisamment exploité. Réputée pour sa contribution importante au PIB agricole du pays, celle-ci est dotée d’un riche patrimoine oléicole et viticole. Le maraîchage, la culture fruitière, l’apiculture et l’exploitation des plantes aromatiques et médicinales ne sont pas en reste. Elle est par ailleurs le premier pôle de production de fruits et légumes du Royaume. Elle se place aussi en pole position en matière de production de pommes avec 535.455 t/an. Cœur du vignoble marocain et grand pôle palmier dattier, la région offre aussi des opportunités de production de plants de fraisiers, des semences de betterave sucrière et des semences de pommes de terre notamment au niveau de l’axe Ifrane Khénifra. La zone compte à ce titre plusieurs entreprises agricoles importantes qui exportent vers les marchés américains et européens. Elle ambitionne en outre d’attirer d’autres investisseurs dans le domaine en mettant en avant ses atouts notamment ses conditions pédoclimatiques favorables, ses ressources en eau avantageuses, une main-d’œuvre abondante et peu coûteuse, une production végétale et animale riche et diversifiée et un patrimoine forestier important. Selon Hassan Bahi, directeur du CRI Meknès-Tafilalet, pour exploiter ce riche potentiel, il faut que les opérateurs économiques s’impliquent davantage dans le développement de leur région. «Les investisseurs institutionnels doivent également participer à sa promotion et surtout prendre conscience de la réalité de cette richesse. D’autant plus que le retour sur investissements est garanti», ajoute-t-il. Les autorités de la région table aussi sur le tourisme. De fait, Meknès-Tafilalet jouit de plusieurs atouts naturels, historiques et culturels lui permettant de prétendre à une position touristique importante à l’échelle nationale et internationale. Avec sa ville impériale, classée patrimoine universel de l’humanité; Rissani, berceau de la dynastie alaouite; Sijilmassa, capitale de commerce caravanier au Moyen-Age; Zerhoun, première cité musulmane en Afrique du Nord et, Volubilis, cité romaine antique, la région ne manque pas de séduire les touristes adeptes du culturel. Les amoureux de la nature et de l’aventure trouvent également leur compte dans les chaînes de Moyen Atlas avec ses cédraies imposantes, lacs, forêts, ksours, oasis et palmeraies. Adil Terrab, opérateur touristique meknassi, souligne la possibilité de développer un tourisme à multiples facettes et pour tous les goûts. Mais, en matière d’infrastructures touristiques, la région dispose de seulement 197 unités d’hébergement offrant quelque 10.101 lits (dont 5.118 classés). Pour pallier ce manque, une capacité d’hébergement supplémentaire sera assurée par 36 nouvelles unités en cours de réalisation. 3.677 lits supplémentaires viendront se rajouter à la capacité existante. L’artisanat n’est pas en reste. La région est réputée pour l’art du bois sculpté et du bois peint, du textile, tapisserie, l’art du fer forgé, fer damasquiné, cuir, céramique, pierres taillées et fossile. Elle occupe le 6e rang sur le plan national au niveau des exportations des produits artisanaux. La vocation minière de Meknès-Tafilalet est de son côté favorisée par la présence d’une structure géologique très variée et réputée par la concentration de nombreuses substances minérales. Barytine, plomb, zinc, argent, et manganèse sont les principaux produits miniers exploités. A noter que la région est le 1er producteur de barytine avec 198.640 t/an, soit 35% de production nationale et des potentialités importantes ont été identifiées dans la région telles que les schistes bitumeux de Tamhdite dont les réserves sont estimées à 18 milliards de tonnes. Partant de ce riche potentiel agricole, touristique et minier, Meknès- Tafilalet possède ainsi tous les ingrédients pour s’ériger en pôle de développement. Seulement, le tissu industriel actuel ne recèle pas une capacité de croissance suffisante. Celle-ci est lente en fonction de l’accroissement modéré de la demande intérieure et de la disponibilité de matières premières régionales. Les investissements directs étrangers sont rares dans ce domaine et les exportations limitées au secteur des conserves d’après une étude sur le développement de la région. Les industriels se plaignent de leur côté des conditions d’accessibilité, qui quoique améliorée par l’ouverture de l’autoroute, sont encore un facteur de surcoût aussi bien pour les marchandises (éloignement du port et des zones de marché) que pour les déplacements de leur management (rareté des liaisons aériennes et l’inadaptation des correspondances via Casablanca). Ils espèrent disposer de zones industrielles modernes et aussi pouvoir bénéficier des avantages notamment fiscaux et douaniers pour leurs activités à l’instar de ce qui se fait dans d’autres régions. Certains experts estiment que pour dynamiser l’industrie, il faut susciter la création ou l’implantation de nouvelles entreprises de type différent de celles qui existent, et qui se situent sur des marchés plus dynamiques.


    Nouveau souffle

    Côté tourisme, malgré un fort potentiel, le secteur peine à prendre sa véritable dimension. La région étant considérée pendant de longues années comme une étape dans les circuits des villes impériales. Les handicaps les plus souvent avancés aussi bien par les opérateurs de la région que par les experts pour expliquer le retard du développement touristique sont le manque de liaisons aériennes de point à point avec les marchés émetteurs de touristes et l’insuffisance de la capacité d’accueil. Aujourd’hui, les autorités de la région et les opérateurs travaillent pour positionner la région comme destination à part entière. Un nouveau bureau du CRT vient d’être mis en place et un plan de développement régional du tourisme pour Meknès-Tafilalet est en cours d’élaboration pour mettre en avant les différents atouts naturels, historiques et culturels lui permettant de prétendre à une position touristique importante à l’échelle nationale et internationale.


    Plus de 2 millions de consommateurs

    LA région Meknès-Tafilalet est constituée par la préfecture de Meknès et les provinces d’El Hajeb, Ifrane, Khénifra et Errachidia. Elle compte actuellement 2,14 millions d’habitants (environ 7,16% de la population totale du Royaume) dont 56% vivent en milieu urbain, avec une densité de 27 hab/km2 et un taux d’activité de 49,2%. La préfecture de Meknès arrive en tête avec 713.609 habitants, suivie des provinces d’Errachidia (556.612), Khénifra (511.538) et El Hajeb (216.388). Ifrane est la province la moins peuplée de la région avec 143.380 habitants. Avec environ 11% de la superficie nationale soit 79.210 km2, Meknès-Tafilalet est l’une des grandes régions du Maroc. Celle-ci dispose d’infrastructures modernes et performantes (réseau de communication dense et multimodal, réseau routier représentant environ 10% du réseau routier national, des autoroutes reliant Fès, Rabat et Casablanca, liaisons ferroviaires directes avec les villes de Casablanca, Fès, Tanger et Oujda et relié avec les autres contrés par des liaisons aériennes grâce à l’aéroport le plus proche est situé à environ 50 km de Meknès (35 minutes par autoroute), réseau des télécommunications moderne et développé, qui répond aux besoins des utilisateurs.


    Les services en tête

    L’activité économique à Meknès-Tafilalet connaît une nette reprise après de longues années de crise. Le CRI a enregistré 204 créations d’entreprises à fin juin 2004. Les services sont en tête avec quelque 69 nouvelles créations, suivi du commerce, BTP et l’agro-industrie avec respectivement 67, 39 et 7 nouvelles unités. Le montant des investissements dans la région Meknès-Tafilalet se chiffre à fin 2006 à quelque 308 millions de DH. Les BTP vient en tête en termes d’investissements avec 116 millions de DH, suivi du secteur métallique, métallurgique et électrique, de la chimie et parachimie, tourisme et l’agroalimentaire avec respectivement 86, 37, 29 et 25 millions de DH. Les certificats négatifs accordés pendant cette période par le CRI, révèlent que par nature juridique, la Sarl arrive en tête avec 398, suivie de personne physique, et société en nom collectif avec respectivement 298 et 18. Le CRI a enregistré en revanche une seule création sous la forme juridique société anonyme. En rappel, depuis sa création en octobre 2002 à fin 2005, le CRI a enregistré la création de 4.040 unités avec un montant investi de plus de 365 millions de DH et quelque 5.742 emplois générés. Le secteur des services arrive en tête, suivi par le commerce, le BTP et les industries. A fin 2005, l’établissement a aussi traité plus de 146 projets pour un montant de 3,78 milliards de DH dont 1,04 milliard rien qu’en 2005. Ces projets ont généré environ 8.850 emplois. Il ressort de la répartition des projets approuvés selon le CRI, le secteur des BTP en tête avec 1,2 milliard de DH. L’industrie figure au 2e rang avec plus d’1 milliard de DH. Le tourisme arrive en 3e position avec un montant de 867 millions de DH. Il est suivi par les secteurs du commerce, l’agro-industrie pour respectivement 370 et 138 millions de DH. Enfin, l’énergie et les mines, l’artisanat et l’agriculture avec des investissements qui varient entre 17 et 45 millions de DH. Dans ce schéma, la ville de Meknès compte plus de 81% des projets.De notre correspondante,Rachida BAMI

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