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    Médical Expo 96 : Frilosité sur le marché de la santé

    Par L'Economiste | Edition N°:250 Le 17/10/1996 | Partager


    Faute de nouer des partenariats, les exposants du Médical Expo 96 seront au moins parvenus à promouvoir leurs marques et produits. Peu d'innovations pour cette cinquième édition.

    La cinquième édition du Médical Expo a peut-être atteint un de ses objectifs: promouvoir les marques et les produits. En revanche, de l'avis de nombreux exposants, peu de contacts ont été noués entre opérateurs. L'explication à cette frilosite réside d'après eux dans une conjoncture défavorable.
    Les opérateurs marocains estiment que le rythme des investissements publics a été perturbé par la Loi de Finances transitoire.
    Leur seul espoir est que l'Etat relance la demande, notamment en concrétisant le projet d'assurance maladie obligatoire. Cette morosité n'a pas empêché pour autant des opérateurs étrangers de venir chercher des partenariats au Maroc. Mais par rapport à l'édition précédente, marquée par la forte venue des Israéliens, la participation étrangère a été plutôt discrète cette année. L'attrait que produit chez eux le Maroc peut surprendre, surtout que le marché est étroit.
    «En fait, l'avantage au Maroc, c'est que les positions n'y sont pas rigides. Les société peuvent s'y frayer une place plus facilement qu'en Europe», précise Thierry Verson, PDG de la société SODEV. Implantée en France et spécialisée dans la fabrication de matériel de physiothérapie, la société est à la recherche d'un agent au Maroc pour son nouveau produit de cardiotraining interactif. Le responsable de l'entreprise s'est rendu compte, à l'occasion de sa participation au salon, que le commerce au Maroc et en France n'était pas perçu de la même manière.

    Téléviseurs et GSM


    «Les acheteurs marocains se préoccupent plus du prix que de la qualité du produit». L'avis est partagé par un autre exposant étranger, la société Acime, fabricant d'équipements hospitaliers et de matériel médico-chirurgical. «La diminution des infections nocosomiales dans les hôpitaux dépend également de la qualité du matériel utilisé», explique Jean Marc Potel, son directeur à l'exportation, surpris, par la même occasion, par le taux élevé de mortalité infantile et maternelle dans ce pays.
    L'éventail des produits exposés à la cinquième édition est large. Cela va des échographes, Imagerie Résonance Magnétique, appareils de radiologie jusqu'aux aliments diététiques destinés aux culturistes, en passant par... des téléviseurs et des GSM exposés au stand Philips. Peu de produits nouveaux en revanche, alors que le secteur médical est réputé être rapide en matière d'innovations technologiques. A noter la venue en force d'exposants de matériels et de produits dentaires. Il faut aussi signaler la présence d'activités et de produits méconnus du public.

    Parmi ces produits figure le matériel de vidéochirurgie commercialisé depuis peu sur le marché marocain. La technique consiste à pratiquer sur la peau du patient de toutes petites incisions par lesquelles on introduit des instruments chirurgicaux. Le chirurgien opère sous le contrôle d'une caméra miniaturisée introduite par un autre orifice pratiqué lui aussi sur la peau. La technique présente l'avantage d'être moins douloureuse et de ne laisser que de minces cicatrices qui finissent par s'atténuer avec le temps. L'avantage de la technique est aussi d'être moins coûteuse puisqu'elle réduit la durée d'hospitalisation.

    Autres produits méconnus du public: les orthèses et les prothèses, destinées aux personnes handicapées. Les premières sont des appareils destinés au remplacement de membres amputés alors que les secondes servent surtout à soutenir des membres existants. La principale cause d'amputation de membres au Maroc est l'artérite diabétique... «Le nombre d'ateliers d'orthopédie ne dépasse pas 20 au Maroc contre 250 en France et 1.000 en Allemagne», précise Patrick G. Lebre, orthoprothésiste et président délégué de la société d'orhopédie Somal installée à Casablanca.
    La société importe de France les pièces détachées pour prothèses et orthèses puis les monte localement. Son fournisseur européen était également présent au salon. Il s'agit de l'Allemand Otto Bock, un groupe qui réalise 1,6 milliard de FF de chiffre d'affaires. Le groupe est venu promouvoir son nouveau produit: le «genou» qui permet de descendre les escaliers.
    Importées il y a quatre ans au taux de douane de 17,5% (plus 15 % de PFI), les pièces destinées au matériel pour handicapés sont taxées actuellement au taux minimum, soit 2,5% (plus TVA). Mais en dépit de cette mesure d'encouragement, la demande ne suit pas. «En l'absence de couverture sociale, les produits restent inaccessibles pour une large part de la population lorsqu'on sait qu'une prothèse fémorale par exemple coûte 40.000 DH. La dimension sociale du problème préoccupe également le responsable de Somal. Il s'explique: «Nous sommes à la limite des activités commerciales».

    Mohamed BENABID

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