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    Médias : La production télé en manque de financement

    Par L'Economiste | Edition N°:220 Le 07/03/1996 | Partager

    Pour les contraintes de coût, les chaînes de télévision réalisent une partie de leur grille en coproduction avec des sociétés spécialisées. L'activité souffre cependant de l'insuffisance de moyens de financement et de l'inévitable comparaison avec les émissions captées par satellite.


    La caravane, le mot juste, Ça vous intéresse, Entreprendre, Regards.
    A priori, ces cinq émissions-phare de télévision n'ont rien de commun. Pourtant, leur dénominateur commun, c'est d'être conçues et produites par des sociétés spécialisées dans la production des programmes radiotélévisés. Comme n'importe quelle entreprise, les chaînes de télévision externalisent une partie de leur activité pour des contraintes de rentabilité. "De plus en plus, et c'est déjà le cas dans les pays développés, les chaînes de télévision deviennent des diffuseurs", explique M. Taoufik Bouchâara, responsable de production à Quorum, la plus ancienne agence de secteur. "Dans le futur, leur tâche consistera à organiser la grille de programmes et établir un cahier des charges pour chaque case", poursuit-il.
    Véritable duopsone, le marché de productions est encore en phase de balbutiement au Maroc, avec les deux principaux clients que sont la chaîne publique et 2M face à une demi-dizaine de producteurs. (Recom, Quorum, Zahra Vision, Futuracom, etc....).

    De plus, affirment les professionnels, la taille du marché publicitaire, (première source de financement de la production) rend difficile, sinon aléatoire, la rentabilité de l'activité.
    La production d'une émission de télévision est une mécanique qui mobilise d'importants moyens techniques et financiers. Au départ, l'agence propose un concept "qui réponde plus ou moins aux attentes de la chaîne et aux objectifs de communication des annonceurs", après l'avoir testé auprès d'un échantillon de téléspectateurs-cibles. L'autre démarche consiste à bâtir une émission autour d'un annonceur, assure M. Farid Benyakhalef, administrateur directeur-général de Recom. La maison produit l'émission consacrée aux débats économiques sur TVM et annonce pour la fin du Ramadan l'arrivée de "Quinto" pour succéder à "Voyageur". Une fois le concept validé par la chaîne, il reste à trouver le financement. Sur ce plan, le système est différent suivant la chaîne destinataire du programme. Sur la chaîne publique, l'agence assume entièrement le risque financier qui, plus est, sans aucune garantie de continuité de l'émission. Le contrat est généralement signé pour une période de douze mois, alors que théoriquement l'équilibre financier d'une production n'intervient qu'après 3, 4, voire 5 ans.

    Rôle de régisseur


    Pour assurer la rentabilité de son produit, la maison doit miser sur les écrans de coupures publicitaires négociés avec le SAP (Service Autonome de Publicité, gérant la pub sur la TVM) et "draguer" les annonceurs. Dans notre contexte, confie M. Benyakhalef, "la maison de production se retrouve à assumer le rôle de régisseur qui, sous d'autres cieux, ne relève pas de sa compétence". La réalisation du programme s'effectue en coproduction. En réalité, la chaîne publique réalise un vrai banco sur toute la ligne : en plus du loyer qu'elle perçoit en contrepartie de l'utilisation de ses moyens techniques, elle se voit livrer une émission "clés en main" sans débourser le moindre rond.
    Sur 2M en revanche, le producteur vent son émission à la chaîne. Il n'est payé que sur le software, même s'il donne parfois un coup de main à la régie publicitaire de la chaîne pour le démarchage des annonceurs.

    Concernant le coût de production, la série mensuelle de vingt émissions de jeu "Le mot juste" sur 2M par exemple est de 200.000 DH contre 500.000 DH à l'émission Voyageur de TVM. Ce montant comprend tous les frais, y compris la rémunération du personnel. Ces deux programmes sont, de loin, les opérations, les plus lourdes réalisées respectivement par Quorum et Recom. Au plan de la qualité, les choses restent perfectibles, reconnaissent les professionnels, pour répondre au critiques de ceux qui font des comparaisons avec des émissions étrangères telles que "Questions pour un champion" diffusée sur TV5. "Il faut se garder d'établir tout parallèle", explique l'administrateur-directeur général de Recom. "Nous n'avons pas les mêmes moyens", plaide-t-il. C'est vrai qu'entre les budgets de ces deux programmes sus-visés il n'y a pas photo. Face aux 200.000 DH alloués au Mot juste, le célèbre jeu de France 3 (diffusé sur TV5) aligne des millions de Francs. D'où la nécessité pour le producteur de faire preuve de beaucoup d'ingéniosité et d'imagination, explique-t-on.
    L'équation est simple: produire aussi mieux avec des ressources limitées. Le marché publicitaire étant ce qu'il est (120 millions de DH de recettes à la TVM et 80 millions pour 2M), nos deux chaînes ne peuvent s'offrir à l'heure actuelle des programmes de grande ampleur, estiment les professionnels. "Ils seront très difficiles à rentabiliser".

    Abashi SHAMAMBA.

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