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M'Barki remet de l'ordre dans le secteur public

Par L'Economiste | Edition N°:445 Le 17/02/1999 | Partager

Le secteur public est en redressement, mais il devra aussi servir de pôle à la politique de l'Habitat. Même dans le domaine social, M. Mohamed M'Barki veut retrouver des normes de gestion. Le ministre chargé de l'Habitat pense que social rime avec rigueur.

- L'Economiste: Les organismes sous tutelle (OST) battent de l'aile. Quelle thérapie préconisez-vous?

- M. Mohamed M'Barki: Modifier l'environnement de l'entreprise exige d'aller très loin dans l'extirpation du mal. Pour cela, il faut convaincre l'environnement profond de l'entreprise. Je pense à la vision de l'Etat de ses entreprises. Si aujourd'hui nous arrivons à démontrer qu'elles peuvent jouer un rôle très important dans le drainage des nouveaux fonds, l'effort budgétaire de l'Etat en faveur du logement social sera allégé. L'accès à de nouveaux types de financement s'effectuera de deux manières: l'appel à l'épargne publique en s'adressant au marché financier intérieur, et les prêts auprès des bailleurs de fonds internationaux. Ceci obligera les entreprises à présenter des bilans sains et équilibrés. Ainsi, nous arriverons à introduire dans l'environnement profond de l'entreprise publique la nécessité de fonctionner en tant qu'entreprise. Cet environnement sera amené à la considérer comme telle avec des devoirs d'équilibre financier.

- L'accord signé avec le CIH il y a de cela quelques semaines s'inscrit-il dans cette nouvelle direction?
-L'accord en question se situe en aval de cette approche. Il s'agit d'une première donnée qui pose le problème du rôle économique du secteur du bâtiment dans l'économie nationale.
Le deuxième palier a consisté à ce que ces entreprises puissent fonctionner normalement. Elles étaient complètement arrêtées. Car le CIH, et à juste titre, a considéré qu'il avait mis trop d'oeufs dans le même panier. Il se retrouvait donc avec un volume d'endettement global très important et présentant beaucoup de risques. Sur recommandation de son Conseil d'Administration, le CIH a donc pris la décision de tout stopper. La discussion avec cet organisme a consisté à lui demander de reprendre son activité de banque avec les organismes sous tutelle (OST). Pour cela, il fallait deux contreparties.
La première est de l'impliquer dans la connaissance de la réalité comptable et financière de ces entreprises. La deuxième porte sur les relations entre les entreprises et cette banque. Lorsque cette dernière voit que l'entreprise bât de l'aile, elle ne doit plus continuer à entretenir les mêmes relations avec elles. Même dans le secteur public, il faut raisonner en termes de gestion et de management.

- Par rapport aux pertes du secteur public de l'habitat, évaluées à 480 millions de DH par an, à combien se monte votre restructuration?
- Nous n'avons pas fait de calcul. Car les 480 millions de pertes prennent en compte les provisions sur des programmes déficitaires. Nous avons rééchelonné la dette, mais il fallait un fonds de roulement, des fonds à injecter dans des opérations susceptibles de ramener de l'argent frais. Ce qui est important dans le redressement, c'est que cette situation ne doit pas se reproduire. Pour cela, nous avons adopté depuisjanvier dernier le nouveau code des procédures comptables spécifiques aux OST. Il est complété par un code des procédures générales, une sorte de code de bonne gestion. En outre, nous avons travaillé sur les organigrammes des établissements et surtout réuni des préconseils d'administration dès novembre. Tous les conseils d'administration se sont tenus en janvier. Cela fait partie du redressement.

- Si vous avez un raisonnement trop axé sur le marché et la rigueur financière, en faisant entrer le CIH dans le Conseil d'Administration des OST, la production de logements social risque de souffrir...
- C'est dans le passé que la production souffrait. Les OST avaient gonflé leurs chiffres. Mais la réalité des logements disponibles était tout autre: les situations foncières étaient mal apurées, les délais de réalisation étaient trop longs... donc les résultats étaient très faibles. Depuis le lancement du programme des 200.000 logements par exemple, nous n'avons pu livrer que 4.400 titres fonciers. Pourtant, le Ministère avait lancé 48.000 logements dont environ 10.000 sont achevés et 12.000 en chantier. Nous sommes à 50% des objectifs. Ce n'est pas le CIH qui impose l'apurement de l'assiette foncière, mais c'est le Code de Bonne Gestion qui le dicte.

- Mais ce n'est pas la faute des OST, si le foncier n'est pas apuré..
- La Conservation Foncière a réalisé des efforts considérables en doublant les chiffres en termes de production et de mise en chantier. La tendance va se poursuivre au cours de cette année. D'ailleurs, nous avons mis en place une expérience-pilote de travail avec la Direction des Domaines et la Conservation Foncière pour l'apurement des terrains. Elle a démarré à Marrakech et a permis de doubler le rythme de production des titres fonciers. J'ai bon espoir que l'année prochaine verra le règlement de tous les dossiers en instance à l'ERAC-Tensift. J'espère généraliser cette expérience.o

Propos recueillis par Nadia SALAH & Mohamed CHAOUI

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