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    Matériel de téléphone : Un investisseur face à l'homologation

    Par L'Economiste | Edition N°:231 Le 23/05/1996 | Partager


    Le matériel de la société française Broktel est resté bloqué près de deux mois au port de Casablanca faute d'homologation de l'ONPT et ce, malgré l'accord de principe obtenu vis-à-vis de l'Administration quelques semaines à l'avance. Histoire d'un désaccord entre une société française et l'ONPT.

    C'est en 1995 que Gilbert Cottinet a décidé d'installer une filiale au Maroc de sa société Broktel située en France, spécialisée dans la mise en état et la vente de matériel de téléphone de seconde main. Le promoteur débarque à Casablanca avec sa femme et prend un local au quartier CIL. Commencent alors les démarches administratives qui ont nécessité quelques semaines. Le 20 février 1996, la société a été créée juridiquement. Il ne manque plus que les lignes téléphoniques. Une demande a été introduite auprès de la délégation régionale de l'ONPT, du secteur du siège social de la société. Et c'est à partir de ce moment qu'a commencé l'aventure de Broktel avec l'ONPT. Après plusieurs jours d'attente, le promoteur se présente à la délégation. "On m'accueillit avec des excuses et des promesses et ça repart encore", affirme-t-il. Finalement, après trois semaines de va-et-vient et l'intervention du responsable régional, des liges ont été installées pour Broktel. "Mais ce n'était là qu'un hors-d'oeuvre, qu'une mise à jambe par rapport à ce qui m'attendait", raconte M. Cottinet.

    50% du chiffre d'affaires au Maroc


    Avant d'envisager l'importation de matériel de téléphone de seconde main au Maroc, le promoteur affirme avoir pris toutes ses précautions quant aux conditions d'exercice de l'activité (autorisation, homologation...). Des contacts ont été effectués avec le Ministère de l'Incitation de l'Economie, le Ministère des Finances, l'Administration des Douanes et l'ONPT. Toutes les réponses obtenues étaient encourageantes et en faveur de l'importation d'un tel matériel, indique M. Cottinet. Ce matériel devait toutefois subir une homologation de la part de l'ONPT et être distribué à des installateurs sans être fourni directement au client final: une condition qui a été acceptée par Broktel, affirme son responsable.
    Fort de cet accord de principe avec l'Administration, Broktel n'a pas tardé de mettre en place sa filiale au Maroc et à investi près de 500.000 FF, soit l'équivalent de plus de 750.000 DH.
    M. Cottinet lance alors sa première opération d'importation avec la société mère. Près de 6 m3 de matériel pour 1 tonne 300 sont expédiés au Maroc. "J'avais évidemment pris mes soins de n'envoyer que du matériel homologué", explique M. Cottinet. Le matériel arrive au port de Casablanca le 4 mars dernier. Le promoteur se présente alors à l'ONPT pour avoir les papiers d'homologation. Et à sa surprise la plus totale, il se voit refuser sa demande. L'argument présenté par la direction de l'ONPT est que le matériel risque d'entraîner le vieillissement du parc. Une réponse frappante qui a mis les responsables de Broktel dans une situation embarrassante, d'autant plus que le matériel a été déjà exporté par la société mère vers le Maroc depuis la France sans aucun problème. Près de 50% du chiffre d'affaires de Broktel France a été réalisé au Maroc. Et la société dispose d'une clientèle importante au Maroc. Pour cette raison les responsables de cette société ont décidé de renforcer leur présence dans le pays à travers leur filiale. Par ailleurs, un grand nombre d'entreprises et d'administrations utilisent un matériel téléphonique qui n'est plus fabriqué, note M. Cottinet. Et d'ajouter que le rôle de Broktel est d'alimenter le parc actuel en pièces de rechange qui n'existent plus sur le marché du neuf.
    L'argument avancé par la direction commerciale de l'ONPT est que le matériel en question risque de vieillir le parc existant, surtout que l'évolution tend vers le système numérique. De plus, explique l'ONPT, même si une homologation est délivrée aujourd'hui, elle peut être retiré le lendemain, si le matériel devient dépassé.

    Autorisation d'exister mais pas d'exercer


    A la date du 22 avril dernier, Broktel reçoit enfin une réponse de l'ONPT après un mois et demi de réflexion sur le dossier et de silence. L'Office autorise la société de sortir le matériel du port dans le but de le réexporter avec interdiction de vendre sur le marché local. Ceci ne résout aucunement le problème qui reste toujours posé dans le sens où le but même de Broktel est d'alimenter le marché marocain potentiel en pièces de rechange. "Si nous avions besoin d'exporter notre matériel vers d'autres pays, nous aurions pu le faire à partir de la France". L'interprétation de la réponse formulée par l'ONPT selon Broktel est que "nous sommes autorisé à exister mais pas à exercer notre activité". L'aventure pour l'investisseur étranger s'est soldée par plus de 300.000 DH de pertes et une suspension d'activité pendant plus de 3 mois, ce qui risquerait de mettre la société mère en difficulté.

    Hicham RAÏQ

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