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Economie

Marrakech/tourisme: Une rentrée grippée

Par L'Economiste | Edition N°:3107 Le 14/09/2009 | Partager

. Des prévisions à la baisse pour le reste de l’année. Un taux d’occupation inquiétant. Reprise pour l’hiver 2010? Ramadan, effet de crise économique, grippe porcine... C’est une rentrée touristique loin d’être des plus brillantes à Marrakech. «Jamais un mois d’août n’a été aussi difficile», reconnaissent les professionnels de la ville qui, toutefois, se rattrapent avec le Ramadan. En effet, le mois sacré a eu un effet sur la demande interne qui profite des baisses de prix offertes par les hôteliers durant ce mois de basse saison. Quid du prochain trimestre? «La tendance est la même que pour le reste de l’année», répond-on. Les prévisions, selon un sondage réalisé par des opérateurs sur l’état des réservations, indiquent des baisses oscillant entre 5 et 12% sur les mois de septembre, octobre et novembre. Bien sûr, on espère un redressement via les ventes de la dernière minute qui sauveraient le 4e trimestre. Comme attendu et vu son poids, la régression du marché français a eu un impact direct sur la baisse des flux en général. Et à moins d’un miracle, la destination terminera l’année avec de grandes pertes et ce, malgré les réalisations de juillet. Mois marqué par une hausse dans les arrivées de plus de 10% et une augmentation en termes de nuitées de près de 4%, selon les statistiques locales, et un peu plus d’après l’Observatoire du tourisme. Globalement, depuis janvier, la ville a accueilli 922.370 touristes qui ont réalisé 3,11 millions de nuitées, soit une perte de 6% en 7 mois par rapport à l’année précédente. Bien que les nuitées ne représentent plus, selon les opérateurs touristiques, un indicateur de performance. Car, si Marrakech continue de recevoir le même nombre de touristes avec à peu près le même nombre de nuitées, les taux d’occupation et les recettes en devises connaissent une chute vertigineuse. Ce qui inquiète davantage les opérateurs, c’est certainement le taux d’occupation moyen des établissements de la destination qui continue en effet sur son trend baissier. Ainsi, en cumul (janvier/juillet), ce dernier affiche 12 points en moins. Malgré une demande qui se tasse en raison de la crise économique sur les principaux marchés émetteurs (Allemagne, France, Espagne, Grande-Bretagne), la ville a doublé en 5 ans ses capacités d’hébergements. Et ce n’est pas fini. En effet, d’ici fin décembre, près de 3.000 nouveaux lits s’ajouteront à l’existant. En 2013, la ville comptera 83.000 lits, un peu plus du double de sa capacité actuelle (42.000 lits y compris les 8.248 offerts par les maisons d’hôtes). Compte tenu de ces nouvelles capacités et cette crise conjoncturelle, on s’attend à une baisse du taux d’occupations d’au moins 4 autres points en 2010 avec des répercussions sur les chiffres d’affaires des établissements touristiques. «Rechercher l’équilibre devient alors vital aussi bien pour l’entreprise que pour l’emploi», note cet opérateur. «Aujourd’hui, l’enjeu majeur pour Marrakech est de remplir sa capacité litière grâce à une plus grande agressivité sur le plan marketing et commercial», confirme Hamid Bentahar, président du Centre régional du tourisme (CRT). Organisme qui mise sur les réseaux des nouvelles enseignes de luxe pour maintenir la visibilité de la destination auprès de la clientèle haut de gamme et, indirectement, contenir l’impact économique de la baisse de la demande de masse. Globalement, la ville, qui a bénéficié d’un cycle de croissance extraordinaire pendant 7 ans, doit trouver son modèle. Pointer du doigt l’arrivée massive des low-cost qui a suscité (et suscite toujours) des débats fougueux est dépassé (cf. www.leconomiste. com). La destination doit trouver un équilibre entre le modèle traditionnel de distribution via les TO et le tourisme de package qui, rappelons-le, a été le plus touché par la crise cette année. «Son modèle économique fondé sur les masses ayant atteint ses limites», note Faouzi Zemrani, voyagiste. «Aujourd’hui, au moins, nous avons une vision et des moyens», répond Bentahar, faisant allusion au budget additif qui sera mis en place par l’Office national marocain du tourisme (ONMT) pour faire face aux perturbations des destinations touristiques touchées par la crise. Pour rappel, Marrakech devra bénéficier de la moitié de ce budget, soit 150 millions de DH. Pour les professionnels les plus optimistes, la destination ne peut espérer la reprise que courant 2010. Pour eux, elle peut donc repartir grâce à ses acquis et l’engouement qu’elle suscite toujours auprès des investisseurs, à moins que «la reprise ne soit grippée». Le virus A/H1N1 et la manière dont sera gérée cette crise sanitaire seront déterminants pour la survie des destinations touristiques. Pour l’heure, les opérateurs préfèrent ne même pas y penser. Badra BERRISSOULE

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