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    Marrakech: Business des appartements meublés, le revers de la médaille

    Par L'Economiste | Edition N°:1685 Le 16/01/2004 | Partager

    . Les locataires “volants” échappent à tout contrôle sécuritaire. Le fisc n'a aucun moyen de se faire payer . Les riverains montent au créneau à coup de procès Au centre-ville de Marrakech, dans un immeuble de 12 appartements, sis au quartier de Guéliz, seuls quelques locaux sont occupés. Le reste a l'air, au premier abord, d'être une somme d'invendus pour un promoteur immobilier qui n'aurait pas eu beaucoup de chance. Pas vraiment en réalité. Derrière les portes de ces appartements inoccupés, ce sont plutôt des demeures meublées (salon et deux chambres à coucher au moins), loués épisodiquement. Certaines peuvent supporter jusqu'à huit personnes et disposent de literie confort, cuisine équipée, électroménager dernier cri, avec téléviseur et TPS, chaîne Hifi, lave-linge, lave-vaisselle et même jacuzzi. Tout dépend évidemment du local et le type de clientèle à qui il est adressé! Officieusement, ils sont plus de 1.500 appartements meublés offerts à la location dans la ville ocre, mais certains en dénombrent beaucoup plus. “Nous ne disposons d'aucune statistique pour ces logements et il est apparemment difficile de les quantifier”, estime Mustapha Belkahia, agent et promoteur immobilier de la place. Les appartements, studios et villas meublés ont envahi la ville de Marrakech depuis trois ans et ont connu un développement exponentiel. Ils échappent à tout contrôle et ne sont surtout pas à l'abri de dérapages au niveau de la sécurité et des moeurs. En effet, les clients ne sont pas déclarés et peuvent appartenir à des réseaux mafieux sans que les autorités ne s'en rendent compte. Loin des résidences meublées patentées qui, malgré quelques désordres, demeurent sous l'oeil vigilant du fisc et des services secrets, la location “sauvage” à Marrakech concerne des lieux éclatés dans la ville. Ce qui rend encore plus difficile son contrôle fiscal en premier lieu. Ces appartements, studios et villas, s'inscrivent en effet dans un marché noir de location non récurrente avec des locataires volants. Au niveau de la sécurité, le contrôle est quasiment impossible, bien que des cas d'infraction aient été signalés par des colocataires. Procès-verbal à l'appui, des poursuites ont même été entamées pour tapage nocturne et autres affaires de moeurs pour quelques appartements. Face à ces types d'hébergement qui ne s'inscrivent dans aucune catégorie et qui ne sont donc pas déclarés, beaucoup de rumeurs courent quant à des lieux transformés en endroits de débauche. D'autant plus, qu'en parallèle à ce phénomène, se sont développées des filières de prostitution dans les quartiers où sont justement situés ces habitats. A l'origine, ces appartements et autres habitations ont fleuri dans la ville ocre avec l'engouement pour les résidences secondaires. Cela a commencé par des villas dans la palmeraie. A l'instar des riads, le phénomène des appartements a pris de grandes proportions et aujourd'hui la concurrence est sérieuse pour les établissements officiels d'hébergement. Ils échappent au minimum, estime t-on, à deux taxes en dehors de celles qui sont imposées aux établissements d'hébergements : l'impôt sur le revenu, IGR (puisque la location n'est pas sous contrat) et la taxe d'édilité. “Cependant, il est difficile d'y mettre le holà sans penser à tous ceux qui vivent derrière ce commerce”, indique t-on.Officiellement, ce sont des résidences secondaires, mais officieusement, ce sont des appartements ou logis loués à des tiers à une fréquence épisodique et particulièrement durant le week-end. Les prix, quant à eux, ne connaissent aucun barème. Ils varient de 600 à 1.500 DH la nuitée, selon la saison et jusqu'à 20.000 DH, par nuit, pour des villas dans la palmeraie par exemple. Pour les fêtes de fin d'année, les prix par appartement moyen dans la ville avoisinaient les 1.500 DH la nuitée. Des propriétaires ont pu en tirer, après commission des intermédiaires, jusqu'à 10.000 DH, rien que pour ce mois de décembre. Un commerce qui a l'air, à première vue, d'être rentable, même pour un tout petit spéculateur. Cet appât de gain a d'ailleurs attiré plusieurs cadres casablancais, qui ont acquis des résidences à ce dessein. Mais attention, la gestion tout au long de l'année de ce commerce demeure difficile car, ce ne sont pas tous les mois qui sont roses. “Combien d'appartements censés être longuement inoccupés, ont été en réalité loués par des concierges ou autres intermédiaires sans que leur propriétaire n'en soit informé”, souligne, non sans raison, Belkahia.


    Spéculateurs

    Si les propriétaires ne sont pas sur place, ils sollicitent des spéculateurs qui sont nombreux autant que les intermédiaires. Ainsi chauffeurs de taxis, concierges et autres courtiers (smasria) sont devenus des spécialistes dans ce type de commerce. Les premiers happent les clients à leur arrivée à la gare de Marrakech ou encore à l'aéroport. Ces derniers ne seront lâchés qu'une fois installés dans un appartement à leur goût et convenance. Les concierges sont les maîtres des lieux en quelque sorte. Ils définissent les prix et la clientèle selon leur propres références. Indirectement, quelques agences immobilières structurées s'adonnent aussi à ce commerce, bien qu'illégal. Elles ont pignon sur rue et gèrent des immeubles chics et des résidences haut standing, comme par exemple sur l'avenue de France ou encore sur l'avenue principale du boulevard Mohammed V.De notre correspondante Badra BERRISSOULE

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