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Culture

Marrakech Art Fair
Les œuvres africaines ont la cote

Par L'Economiste | Edition N°:3383 Le 14/10/2010 | Partager

. Les collectionneurs se les arrachent. Hommage aux «Marocains d’ailleurs» Marrakech Art Fair s’est achevé avec succès au Palace Essaâdi, mais plusieurs manifestations se poursuivent en divers endroits de la ville et méritent le détour. Notamment, et absolument à voir jusqu’au 25 octobre, l’exposition «African Stories», présentée par André Magnin, un collectionneur français, passionné d’art africain. Elle se tient dans les locaux de l’ancienne agence Banque du Maroc (place Jamâa El Fna) et réunit plus d’une centaine d’œuvres de vingt-quatre artistes vivant pour la plupart dans les métropoles de l’Afrique sub-saharienne. Parmi eux, Chéri Samba de Kinshasa, Romuald Hazoumé de Cotonou du Benin, Billie Zangewa de Johannesburg, ou encore Abu Bakar Mansaray d’Amsterdam. Ces artistes sont déjà pour la plupart mondialement connus et de plus en plus recherchés par les collectionneurs. André Magnin, très satisfait de sa participation à Marrakech Art Fair, affirme avoir reçu de très nombreux visiteurs, surtout le soir du vernissage. Certains grands collectionneurs marocains se sont montrés particulièrement intéressés par certaines œuvres et auraient même réservé quelques pièces. Pareil pour le prince du Qatar qui a émis le souhait d’en acquérir pour garnir un musée d’art. «Certains parmi les artistes exposés sont des stars mondiales. Malheureusement, ils ne sont pas soutenus par les collectionneurs de leurs pays d’origine. En tout cas, le marché africain est en train de se mettre en place et je suis très optimiste pour ces artistes, dont la cote ne fera que grimper au cours des prochaines années», assure André Magnin. Pour indication, les prix de ces œuvres varient entre 4.000 et 60.000 euros. «Des tarifs très abordables en raison de la qualité du travail effectué», précise André Magnin, qui s’est consacré depuis quelques années à la promotion de ces artistes dans le monde. Parmi les talents les plus remarqués à Marrakech, figure Monsengwo Kejwamfi dit Moke, un congolais décédé en 2001, qui vivait et travaillait à Kinshasa. Ses peintures, très colorées et vivantes, témoignent de son observation minutieuse de la vie quotidienne kinoise: scènes de rues, scènes de bar, fêtes nocturnes, disputes de voisinage… Le béninois Romuald Hazoumè, qui vit et travaille à Porto-Novo, a étonné les visiteurs, avec ses sculptures monumentales et percutantes, faites à partir de bidons en plastique, qui après une intervention minimale, relatent subtilement sa vision critique des figures et des systèmes politiques africains. Ses œuvres témoignent de son engagement contre toute forme d’esclavage, de corruption et de trafic. Autre exposition à ne pas manquer, c’est «Résonances: artistes contemporains marocains du monde», qui se poursuivra jusqu’au 7 décembre au musée de Marrakech. C’est une très belle exposition, qui a été organisée par le CCME (Conseil de la communauté marocaine à l’étranger), avec l’appui de la Fondation Omar Benjelloun. Des centaines de visiteurs viennent chaque jour découvrir les créations de quinze artistes marocains résidant à l’étranger. Ces artistes, qui vivent essentiellement en Europe et sur le continent américain proposent de la peinture, du dessin, mais aussi de la photo, des installations et de la vidéo. Leur objectif à tous, c’est de créer des images pour relier les cultures de leurs pays d’accueil et celle du Maroc. Leur parcours individuel et leur talent conduisent ces artistes à penser l’identité et l’altérité comme facteurs d’inventivité. C’est une exposition à voir absolument, car c’est l’occasion aussi de découvrir le musée, pour ceux qui ne le connaissent pas. Il a été restauré par Omar Benjelloun et son épouse Naïma, qui assure aujourd’hui la présidence du musée, situé dans un riad du XIXe siècle, au cœur de l’ancienne médina. La performance «Le street art marocain», est à voir également jusqu’au 25 octobre, avant que la pluie ne détruise tout. Dirigée par le rappeur Bigg et la galerie Remp’Art, c’est une plateforme qui a élu domicile dans un immeuble situé en plein cœur du quartier de l’hivernage. Celle-ci se propose de rendre hommage à cette forme d’art qui, en l’espace de quelques années seulement, a su s’imposer au sein du paysage artistique international. Les visiteurs peuvent y découvrir l’art graphique sous l’angle de la musique et de la danse.


Une TVA anti-commerciale

Les droits de douane sont de 0% pour toutes les œuvres d’art qui proviennent de pays avec lesquels le Maroc a signé un accord de libre-échange. Il s’agit notamment des Etats-Unis, de l’Europe et de certains pays du monde Arabe. Pour les œuvres provenant d’Afrique, d’Asie et d’autres pays du monde Arabe ou du Moyen-Orient, des droits de douane de 5% sont applicables. Des certificats de provenance sont donc demandés systématiquement à la frontière. Il est vrai que ce taux a baissé au cours des dernières années, mais ce n’est pas suffisant. Pour Hicham Daoudi, patron de Art Holding Morocco, il faudrait idéalement supprimer les droits de douane pour toutes les œuvres, quels que soient leurs pays de provenance, car cela allègerait les procédures. Pour ce qui est de la TVA à l’importation, elle est établie à 20% pour les œuvres d’art. Un taux jugé trop élevé par les professionnels, étant donné que ce même taux ne dépasse pas les 5% un peu partout ailleurs dans le monde. D’une part, c’est une taxe qui est contraire au traité sur la liberté de circulation des œuvres de l’esprit que le Maroc a signé. D’autre part, «c’est une taxe anti-commerciale qui entrave la compétitivité, à l’heure où le Maroc est en train de devenir une place forte de l’art dans le continent. Il faut que la TVA soit ramenée à un niveau ne dépassant pas 5%. Et si on pouvait la supprimer, ce serait encore mieux car nous serions plus compétitifs», souligne encore Daoudi, qui sensibilise les autorités sur ce problème depuis plusieurs années déjà. A l’approche de la discussion sur la loi de Finances, c’est le moment de faire enlever cette TVA, qui devrait être de 0% pour être conforme au traité que le Maroc a signé. Si cela n’a pas été fait jusqu’à présent, il s’agit très certainement d’un oubli. Car il n’est pas déraisonnable d’imaginer que les acheteurs préfèreront aller à l’étranger pour acheter des œuvres moins cher qu’au Maroc, en faisant sortir de l’argent en fraude. Et cela crée un mauvais esprit. Nadia BELKHAYAT

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