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Economie

Maroc/USA
Les enjeux sectoriels de l'ALE

Par L'Economiste | Edition N°:1740 Le 05/04/2004 | Partager

. Pour la Fenagri, la production agricole est faible et l'offre à l'export ridicule. L'Amip déplore n'avoir pas été impliquée dans les négociations . A la veille de l'ALE avec la Turquie, des réserves ont été émises POUR sa première sortie publique, l'IMRI (institut marocain des relations internationales) a organisé un séminaire sur les enjeux de l'ALE pour le Maroc. La conférence a permis de cerner les grandes lignes de l'accord et son impact sur des secteurs stratégiques tels que l'agriculture, le textile-habillement, l'industrie pharmaceutique ou encore les banques et assurances. Des consultants et professionnels de ces différents secteurs, dont certains ont participé aux négociations, ont situé l'ALE dans des contextes différents. Parallèlement, certains opérateurs ont continué à émettre quelques réserves quant au caractère équitable de cet accord. “Le Maroc a fait des concessions douloureuses. Mais a-t-on obtenu pour autant des mesures équitables du partenaire américain en contrepartie de l'ouverture de notre marché? s'interrogent-ils. La crainte d'être envahis par le mastodonte américain reste la principale préoccupation des opérateurs économiques.Une chose est sûre, les experts s'accordent à dire que l'ALE va bousculer le mode de fonctionnement de l'économie nationale en l'exposant davantage à la concurrence internationale par l'élimination des droits de douane. De même que dans le court terme, le libre-échange n'offre pas des résultats probants. “Seules les pertes sont immédiates et les gains différés”, avait souligné Driss Ben Ali dans les colonnes de L'Economiste. Car selon les experts, la politique libre-échangiste présente des risques et les pertes peuvent être surdimensionnées dans l'immédiat. Ce qui peut compromettre le succès de tout accord. Moralité: bien gérer la période critique et prévoir des ajustements et réformes structurelles. Mais est-ce que le Maroc a vraiment le choix? font-ils observer, faisant allusion à des considérations géopolitiques. Alors que d'autres estiment que le libre-échange offre une pléthore d'opportunités qu'il faut savoir saisir. Et ils sont les plus nombreux.De plus, les Etats-Unis s'accordent la possibilité de faire volte-face quand un intérêt économique vital est en jeu. En témoigne la hausse des droits de douane effectuée en 2001 afin de venir en aide à des producteurs du secteur de la sidérurgie. Face à toutes ces inquiétudes, des associations professionnelles marocaines ont chacune à son tour fait part des contraintes et opportunités qu'offre l'ALE.. “L'ALE ne sera positif que si le Maroc s'engage dans un processus de réformes structurelles” Mohamed Chraïbi, président de la FenagriLES professionnels du secteur sont satisfaits des grandes lignes de l'accord en dépit des tensions. Les exportateurs marocains de fruits et légumes peuvent expédier en franchise douanière et sans limite quantitative. Il s'agit de produits-phares à l'export tels que la clémentine, la tomate, les olives et huile, ou encore les légumes surgelés et autres conserves. Ainsi, l'ALE a eu le mérite de confirmer que les fleurs et les conserves seront exonérées à 100% des droits de douane, les légumes à 80%, les fruits à 90%... Quant aux produits US, leur accès sur le marché marocain a été le point névralgique des négociations. Surtout pour les produits dits “explosifs” tels que le blé tendre et dur, la viande rouge, le lait et produits de base, les légumineuses… Lesquels sont excessivement subventionnés. Du coup, après de rudes pourparlers, “il n'y aura pas un accord global avec l'ouverture à terme des frontières, mais un accord préférentiel tel que celui conclu avec l'UE”, tient à préciser Chraïbi. En plus de quotas limités et d'un démantèlement progressif sur des périodes différentes en tenant compte de la spécificité de chaque produit. A présent, il y a deux catégories de produits: les produits dont les droits de douane seront maintenus à courte durée tels que le maïs, qui s'acquitte aujourd'hui de 75% de droits de douane. Dès l'année prochaine, ils seront réduits de moitié pour arriver à zéro dans 5 ans. Car le Maroc est un grand importateur de maïs (aliment pour le bétail et la volaille). La seconde catégorie concerne les produits dits explosifs tels que le blé tendre (servant à la confection du pain) pour lequel les droits de douane restent maintenus même dans le cadre des quotas USA et UE. Les Américains continueront toujours à s'en acquitter mais avec une réduction de 38%, ce qui les porte à 85% au lieu de 135% auparavant. Côté viande, et dans l'impossibilité de concurrencer les USA sur ce volet, l'astuce a consisté à diviser ce produit en plusieurs catégories.Pour les professionnels, l'ALE servira de catalyseur aux réformes structurelles. Car, ajoute Chraïbi, “nous manquons de compétitivité dans les filières censées connaître à terme un total démantèlement (produits laitiers, légumineuses, viandes…)”. . “Avec les USA au moins, nous avons une contrepartie” Jawad Hamri, président du pôle Développement du partenariat international et de la Promotion de l'investissement à l'AmithPOUR les textiliens, l'ALE s'inscrit dans un contexte où la Chine risque d'envahir l'industrie mondiale dès le 1er janvier 2005 avec l'Accord multifibres (suppressions des quotas à l'export). Jawad Hamri explique par ailleurs que le Maroc, fortement dépendant de l'Europe, doit s'en détacher. La logique voulant que le secteur se diversifie davantage vers d'autres marchés, l'ALE arrive donc à point nommé. De plus, de par les accords signés avec l'Egypte, la Jordanie, la Tunisie et bientôt la Turquie… le secteur est amené à avoir plus de visibilité sur les marchés mondiaux. Concernant l'ALE, le représentant de l'Amith souligne que “pour la première fois, des professionnels ont été associés à des négociations de manière étroite et transparente”. Une bonne chose, qui a permis d'étudier en amont l'offre textile américaine. Et d'ajouter: “Après analyse, notre produit est parfaitement exportable sur le marché US”. Les termes de l'accord prévoient ainsi 43 familles de produits, qui auront accès librement au marché américain avec une règle de symétrie. Pour les règles d'origine, le principe de la triple transformation a été retenu. Il exige au moins trois transformations au niveau de la filature, tissage et confection pour que le produit bénéficie de l'exonération des droits de douane. Un procédé qui peut commencer et finir aux Etats-Unis en passant par le Maroc. Ce qui est jugé favorable pour l'intégration et l'approvisionnement du secteur et la reconstruction de son amont. Autre acquis, des dispositifs permettront de se prémunir contre les produits étrangers et la sous-facturation, notamment en provenance d'Asie. L'étiquetage a été cité comme l'une des protections les plus efficaces pour le renforcement du contrôle. “Avec les Etats-Unis, nous avons au moins une contrepartie.. “Le principe de réciprocité doit être effectivementappliqué dans les deux sens”Ali Ghandi, DG de l'Amip LES professionnels de l'industrie pharmaceutique déplorent de ne pas avoir été impliqués dans les négociations. “D'ailleurs, nous ne connaissons pas encore le texte concernant le volet médicaments”, précise le DG de l'Amip. Alors que pour la circonstance, les Américains ont développé un site Web pour tenir informés les professionnels du secteur. Selon Ghandi, le risque ne viendra pas de l'Europe et des Etats-Unis qui sont déjà là. Mais d'autres pays tels que la Turquie qui fabrique des produits similaires. Des réserves ont été émises quant à l'ALE qui sera signé avec ce pays le 7 avril.“Nous ne demandons pas de protection, mais juste d'être traités de façon équitable”, ajoute Ghandi. Le Maroc doit rester ouvert à toute innovation économique. L'Amip propose d'envisager une “relocalisation” de plates-formes internationales vers le Maroc plutôt que l'Europe de l'Est pour desservir le Sahel, l'Afrique du Nord et le Moyen-Orient. Par ailleurs, le DG de l'Amip prône le principe de réciprocité, “ce que nous imposent les Américains doit systématiquement l'être par le Maroc pour l'accès à son marché”. . “Le secteur financier est relativement couvert”Laïdi El Ouardi, directeur de la division Marketing de la BCPLE secteur financier est relativement couvert. Constitué à la fois de banques à capitaux nationaux et de groupes étrangers, notamment français, le secteur bancaire est immunisé. Selon El Ouardi, cette branche est très réglementée et n'a rien à envier à la réglementation internationale puisqu'elle s'en inspire. Les termes de l'accord signifient que n'importe quel établissement financier peut vendre ses services aux résidents sans interférence avec les politiques monétaires locales. Un principe délicat, reconnaît l'expert. Ce qui suppose une harmonisation de la réglementation bancaire et fiscale. Or, le Maroc est beaucoup plus proche du système français que celui anglo-saxon. Pour cette raison, la sauvegarde de l'indépendance de la Nation sur le plan financier a été retenue. Les établissements financiers US qui devront s'installer au Maroc doivent obéir à la réglementation en vigueur, qui est du ressort de l'autorité monétaire. Le Maroc se réserve le droit d'accorder un certain nombre d'avantages pour des considérations à caractère national. De même que l'autorité monétaire se réserve un droit de la prise de contrôle d'une banque marocaine. Et ce, dans un souci de sauvegarder l'indépendance bancaire et monétaire du pays, ajoute El Ouardi. Reste que dans une logique d'ouverture, la possibilité est donnée à tout investisseur de s'installer en tant que filiale ou succursale dans un délai de 3 ans. Pour les assurances, l'Etat s'octroie la prérogative de contrôle. Un capital US ne peut être détenu à plus de 51%. En revanche, une clause permet aux compagnies américaines de fournir des services à distance. Mais les banques n'ont pas cet avantage.A.R.

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