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    Economie

    Marocains de l’étranger
    Retour sous hautes conditions

    Par L'Economiste | Edition N°:2431 Le 27/12/2006 | Partager

    . Le salaire souhaité varie entre 15.000 et 30.000 DH. On revient sur l’axe Casa/Rabat, mais on ne travaille que dans le privé. Résultats de l’enquête 2006 de l’Association Maroc Entrepreneurs Les MRE semblent tous vouloir rentrer au bercail, si l’on en croit les résultats de la Grande enquête réalisée par l’Association Maroc Entrepreneurs sur le thème du «Retour au Maroc» et rendue publique en décembre 2006. Près de 85% de l’échantillon interrogé (près de 1.823 Marocains de l’étranger et 335 marocains rentrés au pays) déclarent leur intention de rentrer, à terme, au Maroc. En revanche, près de 17% de ceux qui s’y sont essayé ne rêvent que d’une chose: repartir. Et 53% d’entre eux ne sont pas du tout contre l’idée de le faire non plus. Invoqués: les nombreux obstacles qu’ils ont rencontré et qui freinent cet élan. «Ces résultats font l’objet d’un rapport qui présente les aspects quantitatifs et qualitatifs, l’attitude des compétences marocaines en France et à l’étranger face à la question du retour», a indiqué Amine Khalil, président de l’Association. Pour lui, «cette démarche apporte un regard nouveau sur les questions de l’immigration et du codéveloppement. Ces questions étant au centre des débats politiques français, en vue des échéances présidentielles à venir et européens».Ce sont ainsi 86,4% des sondés qui envisagent de rentrer au Maroc (sachant qu’il y a une majorité masculine qui y a répondu). Par sexe, il y a presque autant d’hommes (87,1%) que de femmes (84,5 %), qui envisagent de revenir au pays. Les étudiants sont les plus enclins au retour (96,6% d’entre eux y sont favorables), suivis des diplômés (80,5%) puis des personnes en recherche d’emploi (77%). Rentrer d’accord, mais dans quelle région? C’est sans conteste Casablanca qui remporte le plus gros suffrage. Près de la moitié des sondés (45 %) souhaitent s’y installer. Une ville suivie de près par la zone Rabat/Salé, qui attire près de 23% de l’échantillon. Au total, ce sont donc plus de 67% des Marocains de l’étranger qui comptent s’établir sur l’axe stratégique Casablanca/Rabat. La prédominance de cet axe s’explique par les opportunités de carrière qu’offre cette aire urbaine. Les 4 grandes zones de Marrakech, du Nord, de Fès et d’Agadir séduisent près de 22,5 % des sondés. Notons que seuls 7,2% des sondés envisagent de rejoindre le secteur public, jugé peu attractif. Tous les regards restent rivés sur le privé, qui attire 64,1 % de la population sondée. Deux secteurs séduisent les Marocains de l’étranger (41%): celui des technologies de l’information et de la communication (informatique-télécoms-high tech) et celui de la finance (banques-assurances-finance). De leur côté, l’industrie et le commerce attirent respectivement près de 8,2% et 7,8% des sondés. La recherche et l’enseignement, de même que le secteur de l’immobilier (construction-BTP-immobilier), suscitent l’intérêt de près de 5% des personnes sondées. La répartition entre les secteurs visés au Maroc et ceux dans lesquels évoluent les Marocains à l’étranger reste globalement la même. A l’exception du secteur informatique-télécoms-high tech, qui emploie 33,75 % des Marocains de l’étranger mais n’attire que 21,44% des sondés dans le cadre d’un retour au pays. Les métiers rattachés à la direction générale sont les plus prisés des Marocains de l’étranger, à hauteur de 16,7%. Ceci s’explique en partie par le niveau d’études élevé des personnes sondées dans le cadre de cette enquête (78% d’entre eux ont un niveau d’études supérieur ou égal à bac+5). (Voir infographie).Mais le plus intéressant dans cette étude, c’est l’idée que se font les Marocains – qui veulent rentrer – des salaires qu’ils pourraient obtenir au Maroc. A part une majorité d’étudiants classiques (61,8 %), qui n’aspirent pas à plus de 15.000 DH, le reste a des prétentions musclées. Ainsi, 44% et 46,5% des étudiants en écoles d’ingénieurs et de commerce exigent un salaire minimal supérieur à 20.000 DH par mois, contre 19,1% des universitaires. Quelque 21,2% et 32,7% des Marocains exerçant en Belgique et en France aspirent à un salaire minimal de 30.000 DH par mois pour rentrer au Maroc, contre 63,7% et 72,2% des personnes installées aux États-Unis et en Grande-Bretagne. Seuls les diplômés d’écoles d’ingénieurs (33%) et de commerce (35%) seraient prêts à faire des concessions. S’ils sont exigeants pour les salaires, ils le sont légèrement moins sur les critères majeurs qu’ils jugent encourageants pour leur retour au Maroc. Ils ont évoqué en premier lieu les raisons personnelles et familiales (34,5% des cas). Les 3 autres raisons sont: la volonté de contribuer au développement du pays (25,2%), le confort et la qualité de vie (19,1%) et les raisons professionnelles (13,8%). Parmi les facteurs majeurs freinant leur retour au Maroc, les sondés ont dénoncé le milieu professionnel marocain: 83% d’entre eux le jugent peu épanouissant. Les autres freins au retour sont: les raisons sociales (9%), les raisons personnelles (5%), la relative pauvreté de la vie culturelle au Maroc (2%) et le cercle amical plus large à l’étranger (1%). Mais, avant de sauter le pas, ils ont l’opportunité de tâter la température. En effet, ils se basent sur les résultats (également contenus dans le rapport) des Marocains revenus au bled. Près de 60,9% des personnes sondées et installées au Maroc affirment avoir hésité au moment de franchir le cap du retour. Les raisons de cette hésitation sont liées entres autres au manque d’attractivité du milieu professionnel, jugé peu épanouissant par plus de 43 % des sondés. 61,8% des sondés rentrés sont assez satisfaits (34%) ou satisfaits (28%) de leur retour sur les plans professionnel et personnel. Pour près de 60% des personnes sondées installées au Maroc, les raisons personnelles et familiales constituent le premier critère de satisfaction. Les sondés rentrés au pays sont unanimes: leur mécontentement par rapport à leur retour est lié au milieu professionnel (92,1% des cas).


    Administration et corruption

    Parmi les obstacles rencontrés, l’enquête mentionne le manque de transparence et de sérieux du milieu professionnel ou encore la corruption. Dans le même sillage sont incriminées l’éducation, la santé et la justice. Parmi les mesures proposées: la lutte contre la corruption et l’amélioration des services administratifs. L’enquête recommande d’effectuer un recensement de l’ensemble des compétences à l’étranger, notamment à travers la création d’un annuaire en ligne. Il est fondamental de faciliter l’accès à l’emploi et d’encourager l’entrepreneuriat à travers des exonérations fiscales adaptées. Le développement de pôles d’excellence, notamment dans le domaine de la recherche scientifique et de l’innovation, peut également jouer un rôle primordial dans l’attractivité du Maroc.


    Méthodologie

    Maroc Entrepreneurs a lancé le 29 mai 2006 sa Grande enquête sur le thème du retour au Maroc (cf.www.marocentrepreneurs.com). Elle a été clôturée le 18 août 2006. Près de 1823 Marocains de l’étranger et 335 marocains rentrés au pays y ont répondu. Fatim-Zahra TOHRY

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