×Membres de L'Economiste Qui sommes-nousL'Editorialjustice régions Dossiers Société Culture Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Economie

Marocaines d’ici et d’ailleurs
Comment faire sauter les clichés!

Par L'Economiste | Edition N°:3175 Le 22/12/2009 | Partager

. Une 3e génération très engagée. Les désillusions des Marocaines du CanadaIL manquait quelque chose à la deuxième rencontre «Marocaines d’ici et d’ailleurs» organisée le week-end dernier. Il manquait cette émotion ressentie l’an dernier lors de la première édition, les témoignages très poignants de ces femmes d’ailleurs. La deuxième rencontre se voulait plus chiffrée, plus scientifique. Elle voulait faire sauter les verrous, loin des clichés. Organisée à l’initiative du Conseil de la communauté marocaine à l’étranger (CCME), dont le groupe Eco-Médias est partenaire, c’est désormais un rendez-vous régulier de réflexion sur les mutations de l’émigration et un moment privilégié de rencontre entre femmes du Maroc et de l’émigration. Le Conseil a préféré aborder une approche comparative avec des pays comme le Mexique ou encore les Philippines. Au Mexique, comme au Maroc, la migration féminine dans les champs d’agriculture devient structurelle et organisée. Les Philippines ont aussi connu des femmes migrantes qui sont tombées dans des réseaux de prostitution. La migration féminine est encore loin d’occuper la place qu’elle mérite dans les recherches, les études, les observations et les analyses. Alors que la migration s’est diversifiée avec des statuts divers, elle est encore traitée via des visions stéréotypées, regrette Nouzha Skalli, femme d’ici qui a toujours milité pour la cause féminine, ministre actuellement du Développement social, de la Famille et de la Solidarité. La migration féminine a changé de visage. Elle est diverse. Elle comprend aussi bien les femmes pour les champs d’agriculture que des femmes hautement qualifiées «draguées» par des pays d’accueil comme le Canada et qui vivent l’heure des désillusions. Dans les pays d’accueil traditionnels, les migrantes sont aujourd’hui très actives (45% en France, 15% en Espagne). L’émigration au féminin, c’est aussi cette nouvelle génération de marocaines nées dans les pays d’accueil avec des profils encore plus diversifiés, et en quête d’une identité.Ailleurs, dans les pays du Golfe notamment, les migrantes sont victimes de réseaux de prostitution et de violence. Ce n’est plus un sujet tabou, puisqu’une commission interministérielle travaille sur un plan d’action en vue de protéger les femmes migrantes. La bonne nouvelle sera annoncée par le ministre chargé de la Communauté marocaine résidant à l’étranger, Mohamed Ameur: 35 permanences juridiques auprès des consulats ont été mises en place pour aider ces femmes à sortir de ces réseaux. Entre les femmes d’ici et d’ailleurs, il y a toujours un point commun: la discrimination, la violence, malgré toutes les mesures institutionnelles et juridiques. Ailleurs, les situations ne sont pas idylliques. Une femme meurt tous les deux jours en France ou en Italie. La situation est parfois similaire à celle des femmes «d’ici» quand il s’agit de sacrifice, d’inégalité, d’injustice et de violence conjugale. Ce sont des injustices qu’il faut à chaque fois rappeler, même si cela peut paraître redondant.


Hmemsa et les autres

A Marrakech, les femmes de la 3e génération portent la nationalité canadienne, américaine, hollandaise... Elles s’impliquent beaucoup dans l’associatif et ont même fondé des ONG sur des thèmes particuliers, comme cette demoiselle, Nadia Samih, présidente d’une association qui aide les jeunes installés au USA pour obtenir des crédits, ou encore cette autre ONG qui porte le nom de Hmemsa qui se veut un réseau d’information pour les jeunes étudiants émigrants aux USA, avant et au cours du séjour. Elles ont participé en force à cette deuxième rencontre des femmes d’ici et d’ailleurs du CCME pour chercher des partenaires locaux.


Elles ont dit
Leurs témoignages ont un dénominateur commun: l’épanouissement de la femme. Du Maroc et d’ailleurs, elles livrent en exclusivité leurs combats. Autonomie- Zineb Doulkikar, directrice de l’association Chibani à Nice:«Il n’existe pas de droit de femmes marocaine ou de droit de femme française. Il existe en revanche des us et des coutumes que des migrants ont exportés (mariage forcé, excision, inégalité) et ce sont des us qu’il faut combattre. Et le combat se fera aussi à travers l’autonomie financière des femmes migrantes. Sur le plan économique, je trouve que nous retournons en arrière avec des femmes en situation de plus en plus vulnérable en termes d’emploi dans les pays d’accueil. Or, les donnes ne sont plus les mêmes…».Représentativité- Soumaia Benkhaldoun, parlementaire PJD: «L’émigration féminine est un thème qui nous tient à cœur en tant que parti politique. Les femmes d’ailleurs recèlent autant de compétences. Ce n’est pas pour rien que nous avons tenu à placer dans notre liste additionnelle une femme migrante d’Italie. L’autre volet qui nous interpelle, le sort des femmes migrantes dans les pays du Golfe. Et le forum, bien qu’il ne traite pas directement de ce thème, l’aborde implicitement». Implication- Yasmina Benfadel, secrétaire général de «Pour un Marocain meilleur»:C’est une des plus jeunes participantes aux rencontres de Marrakech. Pour Yasmina, la femme migrante s’émancipe et elle s’implique dans les domaines qui touchent à sa double appartenance. Le mouvement dont elle est secrétaire général est composé de jeunes étudiants. Ils ont décidé d’agir de manière concrète à travers des actions contre l’analphabétisme au Maroc. Le mouvement lève des fonds et les envoie aux régions les plus reculées. Cela a permis la scolarisation de 2.400 enfants.Identité- Khadija Arib, parlementaire aux Pays-Bas:«En termes de droits civiques, les migrants se focalisent énormément sur le droit de vote au Maroc», souligne Arib. «Ils donnent de facto un argument aux extrémistes des pays d’accueil qui reprochent aux porteurs de la double nationalité de n’être pas suffisamment imprégnés de la culture du pays d’accueil». Le débat aux Pays-Bas se pose aujourd’hui avec acuité, surtout face à cette montée d’extrémisme, les réactions excessives du PFF (parti pour la liberté) et les campagnes menées par Wilders (…). «Souvent aux yeux des femmes migrantes, s’engager politiquement apparaît inaccessible, alors qu’en réalité elles exercent la politique quotidiennement».Badra BERRISSOULE

Chère lectrice, cher lecteur,

L'article auquel vous tentez d'accéder est réservé à la communauté des grands lecteurs de L'Economiste. Nous vous invitons à vous connecter à l'aide de vos identifiants pour le consulter.
Si vous n'avez pas encore de compte, vous pouvez souscrire à L'Abonnement afin d'accéder à l'intégralité de notre contenu et de profiter de nombreux autres avantages.

Mot de passe oublié?
CAPTCHA
This question is for testing whether or not you are a human visitor and to prevent automated spam submissions.
ABONNEZ-VOUS
  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc