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    Maroc-Union européenne : Colère après les propositions pour les tomates, clémentines et oranges

    Par L'Economiste | Edition N°:157 Le 08/12/1994 | Partager

    Les dernières propositions de l'Union européenne provoquent des remous, au point qu'auprès du gouvernement comme chez les producteurs, on s'interroge sur la valeur des déclarations rassurantes du président de la Commission, M. Delors, lors de sa dernière visite au Maroc.

    Les propositions d'arrangements de l'Union européenne concerne trois produits agricoles chauds: la tomate, la clémentine et l'orange. Ces dispositions devraient entrer en vigueur dès le 1er janvier prochain, mais n'ont pas été acceptées par Rabat. L'Union européenne souhaite que ses propositions soient intégrées au prochain accord de partenariat.Une réunion doit se tenir cette semaine au niveau du secrétariat d'Etat aux Affaires étrangères avec les professionnels.

    Concernant la tomate, où les exportations de la campagne 1993-94 étaient de 160.000 tonnes, un contingent de 130.000 tonnes hors droits de douane est proposé sur les 12 pays membres, sur la base des réalisations de 91-92 et 92-93. Ce contingent devra être réparti par mois sur les 5 mois de novembre à mars. Reste en suspens la question des exportations sur les trois prochains membres (Autriche, Suède et Finlande).

    Ce qui provoque la colère des producteurs marocains et la stupeur des négociateurs à Rabat, c'est l'introduction des licences d'importation et des cautions bancaires qui seront imposées aux importateurs européens. "Il n'y a plus aucune sécurité possible", s'insurge l'Association Marocaine des Producteurs-Exportateurs de Fruits et Légumes, qui fait remarquer que la licence met aussi en péril les exportations de tomates qui paieraient les droits de douane.

    Pour sa part, M. Sijelmassi, chef de la division des relations commerciales internationales pour le Département du Commerce extérieur, constate que le mécanisme de licence est en contradiction avec le GATT: "cette proposition est inadmissible". De leur côté, les exportateurs marocains expliquent que "le moindre cm2 laissé vide par le Maroc est immédiatement occupé par les concurrents espagnols et canariens". Ils citent les statistiques de la dernière semaine de novembre: les ventes marocaines s'étaient situées à 6.000 tonnes, tandis que 23.000 tonnes de tomates canariennes et espagnoles ont été écoulées, contre 19.000 pour une semaine normale. Pour eux, cette donnée est la preuve que "les conditions de concurrence leur sont défavorables sans pour autant que le volume de l'offre marocaine soit de nature à perturber le marché".

    Pour les clémentines, la modulation du prix d'entrée proposée est de 645 Ecus/tonne, contre 675 Ecus/tonne actuellement. Cette modulation est jugée trop faible et les producteurs se demandent quel traitement sera proposé pour les exportations vers les trois prochains membres.

    Pour les oranges, le contingent proposé est "légèrement inférieur aux réalisations des dernières années", indiquent les professionnels. Ce qui retient le plus leur attention est le choix à faire entre deux options. Ou bien ils acceptent une perte de concurrence pour l'année qui vient sachant que les dispositions du GATT vont faire tomber le prix d'entrée à la campagne suivante, ou bien ils acceptent la proposition de Bruxelles tout de suite, pour obtenir un prix modulé au 1er janvier 1995 (340 Ecus/tonne contre 675 Ecus/tonne maintenant) qui ne bougera plus par la suite. A Rabat, les négociateurs poussent dans le sens de la première stratégie: "c'est un sacrifice tout de suite mais après les exportations entrent dans le système GATT; il serait préférable d'avoir une vision sur un terme plus long que l'année qui vient". Pour l'ensemble des trois paquets, l'Union européenne souhaite que l'arrangement soit intégré au futur accord, toujours en négociation.

    Cette idée fait bondir d'indignation producteurs et négociateurs. "Ce serait programmer notre disparition", disent les producteurs. "La question de fond est posée sur les relations même avec l'Union", commente-t-on à Rabat en soulignant "qu'après cette proposition agricole, il ne reste plus grand-chose de l'idée de partenariat qu'il fallait promouvoir dans le prochain accord".

    N.S.

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