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    Economie

    Maroc-UE/Pêche : La flotte de l'UE cesse de pêcher

    Par L'Economiste | Edition N°:178 Le 04/05/1995 | Partager

    Faute d'accord, après le 30 avril, la flotte européenne est interdite de pêche sur les côtes marocaines. Il faudra au minimum 3 semaines pour aboutir à des résultats. Les divergences de fond persistent.


    Le 4ème tour des négociations sur le nouvel accord de pêche entre l'Union Européenne et le Maroc devrait reprendre le 12 mai à Bruxelles. "Un délai raisonnable de 3 à 5 semaines est encore nécessaire". En attendant, "la flotte de l'Union Européenne cessera toute activité dans les eaux marocaines à partir du 30 avril à minuit". C'est ce qu'a affirmé M. Mustapha Sahel(1), ministre des Pêches Maritimes et de la Marine Marchande. Sortant de sa réserve, le ministre, pour dédramatiser, souligne qu'au terme du 3ème tour des progrès ont été enregistrés à 2 niveaux. Ils ont permis, premièrement, de mettre en place "les principes fondamentaux qui devront régir les futures relations en matière de pêche, à savoir la sauvegarde de la ressource, la prise en considération des intérêts du secteur et la mise en oeuvre d'une coopération halieutique diversifiée". Ces négociations ont contribué aussi dans un second temps à établir les bases de discussions des modalités d'application de ce nouvel accord.

    Mais, dans l'immédiat, durant la période transitoire, et avant la conclusion du nouvel accord, le problème qui peut se poser est le respect de l'interdiction de pêcher dans les eaux marocaines. Le ministre assure que le pays dispose d'un dispositif coercitif suffisant. De plus, après la conclusion du nouvel accord, "l'Union Européenne se déclare disposée à examiner concrètement le renforcement des moyens de contrôle des activités de pêche de ses navires et à coopérer avec le Maroc d'une manière générale dans la lutte contre la pêche illicite".

    Divergences de fond


    Sur la question du débarquement des captures dans les ports marocains, si les parties ont abouti à un accord de principe, les positions continuent de diverger sur le fond. L'Union Européenne demande à ce que le débarquement soit incitatif, et le Maroc exige, en revanche, à ce qu'il soit effectif. Les intérêts en jeu sont importants. L'objectif, pour le Maroc, est de bénéficier des retombées socio-économiques. Il faut noter que la production du secteur a représenté près de 5 milliards DH en 1993, soit près de 2% du PIB. Le secteur emploie près de 400.000 personnes.
    Le potentiel annuel exploitable des ressources halieutiques est estimé entre 2 et 4 millions de tonnes. Il représente la matière première prélevable sans affecter la reconstitution naturelle qui est constituée pour 80% d'espèces pélagiques.
    M. Sahel a rappelé que les négociations entamées au mois de mars 1995 à Bruxelles s'inscrivent dans le cadre du droit de la mer:"l'Etat côtier prend les mesures de conservation de manière à ce que ses ressources ne soient pas compromises par une surexploitation. C'est une responsabilité qui ne peut souffrir d'un quelconque partage". Lorsque l'Etat côtier accorde à d'autres Etats l'accès à ses ressources, ceux-ci doivent tenir compte de l'importance que ces ressources représentent pour son économie et ses intérêts nationaux. Selon le ministre des Pêches, il est clair que les ressortissants des Etats autorisés à pêcher dans la zone économique doivent, entre autres, "se conformer aux lois et réglementation en vigueur de l'Etat côtier et portant notamment sur le déchargement des captures dans les ports de cet Etat".

    Sociétés mixtes


    Ces revendications sont légitimes. Dans le cadre de ses négociations avec l'Union Européenne, le Maroc a prouvé d'une manière "scientifique" que l'état de ses stocks et la situation du secteur de pêche national sont menacés. La matière première diminuant, le rendement des navires chute, entraînant d'énormes difficultés dans ce secteur d'activité. En effet, les dettes accumulées par les sociétés de pêche en difficulté auprès de la Caisse Centrale de Garantie s'élèvent à près de 3 milliards de DH. Un plan de restructuration a été mis en place. Il prévoit un rééchelonnement de la dette et un taux d'intérêt adapté à la situation du secteur. 5 sociétés ont adhéré à ce plan et 3 autres sont sur le point de le faire. Les discussions se poursuivent avec 6 autres entreprises. Les dossiers sont étudiés au cas par cas.
    Le Maroc souhaite par ailleurs, dans le cadre du nouvel accord, que la présence des Marocains sur les navires européens soit portée à 35%.
    En matière de coopération, les sociétés mixtes demeurent l'un des meilleurs moyens de développement du secteur.

    Fatima MOSSADAQ.

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