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    Maroc, pays émergent: Atouts et handicaps

    Par L'Economiste | Edition N°:181 Le 25/05/1995 | Partager

    La réforme boursière est en elle-même un atout pour l'émergence du marché boursier. Mais les conditions de fonctionnement du marché financier sont loin d'être toutes réunies. Croissance soutenue du PIB, libéralisation des taux d'intérêt et intégration de la PME créatrice d'emplois dans le circuit financier, telles sont les conditions du maintien de l'émergence.


    Au vu des performances de la Bourse des Valeurs de Casablanca durant les dix dernières années grâce aux privatisations et aux augmentations de capital ainsi qu'à l'amélioration des cours, le Maroc peut être considéré comme une place émergente.
    De même, selon les critères de l'International Finance Corporation, à savoir le degré élevé de dynamisme du marché boursier, son appartenance aux PVD et la fiabilité des données publiées,
    la place de Casablanca est une place émergente.
    Toutefois, compte tenu de la faiblesse du taux de croissance, de l'absence d'un marché financier efficient animé par un taux d'intérêt libre et l'insuffisance de l'investissement productif, le Maroc ne dispose pas de l'environnement nécessaire au maintien de cette émergence.

    Pourtant, la réforme boursière est présentée comme un atout institutionnel pour dynamiser le marché financier. Il aura fallu près de deux années après la promulgation des textes pour que la réforme du marché financier et ses instruments soient opérationnels: la société gestionnaire de bourse, le contrôle par le CDVM et la mise en place des OPCVM.
    Ainsi, la capitalisation boursière atteint les 40 milliards de DH au 19 mai1995, soit un accroissement de 60% par rapport à 1990. Elle représente en 1994 près de 15% du PIB contre 11% en 1993.
    De plus, le chiffre d'affaires passe de 4,9 milliards de DH en 1993 à 8,6 milliards de DH en 1994.
    Ces deux performances découlent à la fois des augmentations de capital ( banques) et des opérations de privatisation. De plus, la privatisation n'a pas entamé les dépôts à terme auprès des banques. "Le taux d'épargne national est estimé à 20%, mais il bénéficie surtout à l'immobilier et autres placements improductifs", précise un consultant financier

    Pas de courroie de transmission entre les taux


    Malgré ces indicateurs jugés encourageants, le marché boursier reste modeste au regard du volume des titres émis par rapport au PIB, à l'investissement (FBCF) et aux dépôts bancaires. Le marché continue de souffrir de la faiblesse des titres échangés (manque de fluidité) et de la bipolarité (forte concentration) de l'offre et de la demande de ces derniers.
    Cette situation tient au fait que le marché financier est resté longtemps en marge de l'économie du fait des taux administrés et de l'absence de courroie de transmission entre le taux interbancaire et les taux des autres marchés.
    Alors que le marché des biens et services se libéralise (mondialisation de l'économie), la réglementation du marché financier continue de provoquer des distorsions dans l'allocation des ressources.
    "La PME, créatrice d'emplois, demeure à l'écart du système financier, car la fixation des taux d'intérêt débiteurs n'est pas libre", regrette le consultant. Comme le taux administré ne découle pas de l'analyse du risque, il détourne les banques du financement de la PME. Or, cela entraîne une faiblesse de la création d'emplois, celle de la consommation et donc le repli de l'investissement productif.
    C'est la faiblesse de celui-ci qui explique la marginalisation du marché boursier. Selon certains analystes financiers, seule la libéralisation des taux d'intérêt peut casser ce goulot d'étranglement.
    "Les taux administrés sont toujours en vigueur, mais pour la première fois, le CNME (Comité National de la Monnaie et de l'Epargne) mentionne que le taux interbancaire sera pris en considération pour la fixation des autres taux".

    Croissance économique insuffisante.


    Par ailleurs, le découragement des investisseurs étrangers à placer leurs fonds sur la place de Casablanca vient de la rareté des valeurs offertes et des perspectives incertaines de croissance économique. Les fonds étrangers spéculatifs peuvent se transformer en fonds d'investissement si, à l'issue d'une analyse de la situation économique du pays, le taux de croissance attendu est favorable pendant les trois prochaines années. Or, en l'absence de création d'emplois et de dynamisme économique, les investissements étrangers ne peuvent être que spéculatifs. Les spécialistes n'ont pas observé d'institutionnels ou de firmes étrangers venir s'installer pour investir à long terme et réaliser des transferts de technologie.
    La réforme est certes un atout mais les conditions de fonctionnement du marché financier ne sont pas toutes réunies.
    Cette réforme doit être accompagnée avant tout d'un effort de croissance pour gagner la confiance de l'épargnant national et étranger et une libéralisation des taux pour réaliser une allocation optimale des ressources et intégrer la PME dans le système financier.

    Mouna KABLY


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