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Maroc-France
BCM et Unigrains: «Passer à l'agro-industriel»

Par L'Economiste | Edition N°:1619 Le 09/10/2003 | Partager

. Une double interview avec Benoist d'Unigrains et Oudghiri de la BCM. Reproduire le développement français Dans une interview exclusive, accordée à L'Economiste, Khalid Oudghiri, PDG de la BCM, et Henri de Benoist, PDG de la société financière française Unigrains, rendent publique leur décision commune de créer un fonds d'investissement franco-marocain pour dynamiser le développement des activités agroalimentaires au Maroc, mais aussi pour ouvrir des débouchés, non alimentaires, à sa ressource agricole. . L'Economiste: Qu'est-ce qui guide votre philosophie pour s'engager dans un marché spécifique tel celui de l'agroalimentaire?- Khalid Oudghiri: Pour une raison simple qui inspire aujourd'hui notre démarche stratégique au sein de la BCM: faire de mieux en mieux notre métier de banquier. Notre système bancaire incline trop à financer les déficits publics, et trop peu à nourrir le développement de l'économie. Nous avons choisi de bouleverser les conservatismes pour rompre avec ces habitudes et travailler prioritairement pour le développement du Maroc. Bien sûr nous le ferons sans transiger sur notre rigueur financière et nos objectifs de performance. Partant de cette intention générale, il nous faut choisir ses champs d'application. Le pays s'est donné des ambitions fortes sur le tourisme. Nous en souhaitons d'identiques sur l'agroalimentaire. Nous sommes un pays agricole, mais pas encore un grand pays agroalimentaire. L'exemple français nous a fait réfléchir. Il y a cinquante ans la France était importatrice de produits agricoles. Aujourd'hui, elle est devenue la deuxième puissance agricole et la première puissance agroalimentaire. . Mais concrètement, comment la BCM peut-elle y aider?- Le Maroc regorge de liquidités. Ce qui lui manque ce sont de vrais projets pour les engager de façon utile et rentable. La BCM veut, sur l'un des premiers enjeux de son développement, rapprocher efficacement des investisseurs et des entrepreneurs capables de créer de la valeur à partir de notre production agricole. Ce qui manquait à la BCM, c'était le savoir-faire permettant d'ajouter à la gestion du risque bancaire la meilleure appréciation d'un projet agroalimentaire. Unigrains possède cette expertise. . Comment Unigrains compte réussir son entrée sur un marché qui lui est encore étranger: le Maroc?- Henri de Benoist: Cette ouverture nous passionne. Khalid Oudghiri vient d'évoquer l'expérience française. Il a raison, ce fut une extraordinaire aventure impliquant des centaines de milliers de paysans dont les efforts de compétitivité ont permis de construire cette position mondiale. Mais la démarche a bénéficié d'un effet de levier qu'est l'Europe avec sa “politique agricole commune”. La PAC, si elle a favorisé l'agriculture française, a d'évidence pénalisé l'agriculture marocaine. Elle lui a interdit d'exporter vers l'Europe autant qu'elle aurait pu ou voulu le faire. Aujourd'hui, les accords euro-méditerranéens modifient complètement les conditions d'échange entre le Maroc et l'Europe. Ils portent toutefois une exigence incontournable que le Maroc sache transformer et valoriser sa production agricole en lui donnant la forme de produits élaborés répondant aux critères de l'accord. Mais c'est là une contrainte positive, car elle lui impose de savoir fixer un supplément de valeur dans son économie pour bien exporter. Et c'est à tenir cette exigence que nous voulons l'aider en participant à ce fonds d'investissement et à sa gestion.. Quels sont à votre avis les facteurs-clés de réussite du Maroc à l'exportation?- Le Maroc bénéficie de ressources naturelles pour offrir en quantité et en qualité des produits tels les poissons, les fruits et les légumes. Ce sont là des productions qui entrent aujourd'hui dans la composition d'un type d'alimentation que les nutritionnistes désignent sous le terme «modèle crétois»; un modèle qui passe comme le mieux équilibré pour l'alimentation humaine. Or, que voyons-nous sur des marchés mûrs comme ceux de l'Europe, des Etats-Unis, du sud-est asiatique ou encore du Golfe? Des déséquilibres alimentaires qui posent des problèmes de santé publique, et qui constituent aussi un facteur déstabilisant pour les systèmes de prévoyance sociale. Le Maroc peut ainsi proposer sur ces marchés ses productions sous des formes élaborées comme les conserves, produits surgelés ou encore les plats cuisinés... Les accords de libre-échange ouvrent une avenue pour saisir cette opportunité. Mais là aussi, il faut que des entreprises compétentes relèvent ce défi sur la base de savoir-faire solide. J'ai rencontré des opérateurs de la grande distribution qui ne demandent qu'à acheter au Maroc ces articles élaborés pour les diffuser dans leurs réseaux internationaux.. Que va signifier le fonds de développement que vous annoncez en termes de moyens? Et selon quel calendrier va-t-il travailler?- Khalid Oudghiri: Le fonds résultera d'un tour de table pour lequel la BCM assumera la mobilisation d'investisseurs marocains à hauteur de 70% et Unigrains la mobilisation d'investisseurs étrangers pour 30%. Nous sommes convenus que l'effort principal d'investissement doit relever de financements marocains. Unigrains s'est engagé à apporter son capital d'expertise et d'ingénierie, mais aussi à former des cadres marocains. Des contacts sont déjà pris auprès de différents investisseurs. Le tour de table définitif devrait donc pouvoir être annoncé avant la fin de l'année ou le début de l'année prochaine. Les équipes de la BCM et d'Unigrains travaillent déjà sur les structures de gestion du fonds. Nous mettrons également en place, dès le début 2004, un dispositif d'investigation des projets existants et des attentes de marchés justifiant un effort d'impulsion de projets. La mobilisation des financements se fera au rythme de production des dossiers. Un compte-rendu annuel de nos réalisations sera publié.Propos recueillis par Bouchaïb EL YAFI

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