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    Economie

    Maroc-Espagne: L'accord de pêche pèsera lourd sur les travaux de la haute commission mixte

    Par L'Economiste | Edition N°:494 Le 27/04/1999 | Partager

    · La Délégation marocaine veut doper l'investissement espagnol au Maroc
    · La reconversion de la dette en investissements à l'ordre du jour


    L'équipe de M. Abderrahman Youssoufi fera sans doute mieux cette fois-ci. Lors de la dernière Commission mixte, tenue à Rabat les 26 et 27 avril 1998, le gouvernement venait à peine d'être nommé et la réunion n'était pas très bien préparée. Pour celle qui a lieu aujourd'hui et demain à Madrid, la promesse est donnée: la rencontre sera capitalisée. D'ailleurs, la délégation accompagnant le chef du gouvernement est composée de pas moins de onze ministres qui ne comptent pas faire du tourisme. M. Ahmed Lahlimi Alami, en charge des Affaires Générales du Gouvernement, est du voyage. Il remplace M. Fathallah Oualalou parti à Washington. MM Mohamed Benaïssa, ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération, et Omar Azziman, ministre de la Justice, font aussi le déplacement. Une délégation d'hommes d'affaires accompagnent le Premier ministre qui rencontre M. José Maria Aznar, président du gouvernement espagnol, avant d'être reçu par le Roi Juan Carlos.
    Sur l'état des lieux de la coopération bilatérale et les points à l'ordre du jour, c'est le silence radio à l'Amabassade d'Espagne à Rabat.
    M. Antonio Pélaez, nouveau conseiller économique, apparemment peu habitué aux règles de transparence, a amorcé un virage de 180 degré par rapport à son prédécesseur. L'Economiste tente depuis vendredi 23 avril de prendre attache avec lui. Mais en vain. Ce qui est sûr c'est que les Marocains sont déterminés à tout faire pour promouvoir les investissements espagnols au Maroc.
    Les mauvaises herbes doivent être arrachées. Mais dans ces négociations, l'accord de pêche pèsera lourd et constituera la toile de fonds de toute résolution. Sa non-reconduction annoncée à la signature de l'accord en vigueur ne satisfait pas les pêcheurs espagnols dont les bateaux constituent l'écrasante majorité de la flotte communautaire. L'Espagne, poussée par les armateurs andalous, s'active à trouver des solutions alternatives à cet accord.

    Cadavres jetés sur les rivages


    L'émigration clandestine sera également au centre des discussions. Les vagues jettent régulièrement sur les rivages espagnols des cadavres de jeunes Marocains candidats à l'émigration.
    Le menu des réunions sectorielles sera diversifié. Pour le Département de l'Equipement, les discussions seront axées autour de trois points. Le premier porte sur la Rocade Méditerranéenne, particulièrement le financement du tronçon Fnideq- Tétouan. Cet axe conçu en autoroute sera concédé pour une enveloppe de l'ordre de 900 millions de DH.
    Les Espagnols ont montré leur intérêt pour ce projet. Le deuxième point concerne la liaison fixe dont les études sont en cours. Il s'agira pour M. Bouamar Taghouan, en charge de l'Equipement, de faire le point. Troisième et dernier volet, l'examen de la requête marocaine pour l'achat de matériel de construction des routes rurales entre Chaouen et Al-Hoceima.
    L'Espagne est également attendue dans le financement de projets sociaux en participant au Fonds de Développement Social.
    La coopération financière sera à l'ordre du jour. Selon une source de la Primature, la dette marocaine à l'égard de l'Espagne s'élève à 1,08 milliard de Dollars. La reconversion de la dette en investissements sera également au centre des discussions. Une première tranche d'un montant de 6,250 milliards de Pésètes a été entièrement consommée. La seconde tranche d'un montant de 4,265 milliards de Pésètes a été entamée à hauteur de 70%. Pas moins de 13 projets ont bénéficié de ce mécanisme de reconversion.
    En outre, l'accord de février 1996 couvrant la période allant jusqu'à 2001 met à la disposition du Maroc des facilités financières pour un montant de 150 milliards de Pésètes. 60 milliards sont octroyés aux conditions du Fonds d'Aide au Développement et le reste, moins favorable, aux conditions de l'OCDE.
    Les provinces du Nord seront aussi au menu. La substitution de la culture de canabis par d'autres plantes ne manquera pas d'être abordée. D'ailleurs, un accord signé entre le Ministère des Finances et la société espagnole Tabacarela prévoit la construction d'une usine de production de bobines de tabac à Tanger et la culture de 5.000 ha de tabac dans la région d'Al-Hoceima. Ce projet devra mobiliser une enveloppe de 70 millions de DH. La production de l'usine sera destinée exclusivement à l'exportation.
    Il est à rappeler que, sur les 800 entreprises à participation espagnole, 167 sont industrielles. Selon les chiffres 1997 du Ministère de l'Industrie, du Commerce et de l'Artisanat, le chiffre d'affaires réalisé s'est élevé à 6,244 milliards de DH, soit 4% de la production industrielle totale.

    Mohamed CHAOUI

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