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    Economie

    Marine marchande : La Comanav en prise avec ses marins

    Par L'Economiste | Edition N°:259 Le 19/12/1996 | Partager

    Des officiers licenciés, des revendications non satisfaites. La grève des marins et des officiers de la Comanav révèle un malaise au sein de la compagnie. Un accord sur un programme de discussions a mis fin provisoirement à la grève.


    FIN d'année houleuse pour la marine marchande. Après la grève des élèves-officiers de l'Institut Supérieur des Etudes Maritimes (ISEM), c'est au tour du personnel navigant de la Comanav d'exprimer son mécontentement. Un mouvement de grève a commencé avec les subalternes, le mardi 10 décembre à 14 heures, et s'est poursuivi le lendemain avec les officiers. Le conflit était d'une intensité telle que les premières démarches de réconciliation entreprises par la délégation des affaires maritimes de Casablanca n'ont pu aboutir à une solution rapide. Il a fallu attendre le lundi 16 décembre pour que les parties se mettent d'accord sur un programme de négociations, selon lequel la Direction devait rencontrer les marins le mercredi 18 et les officiers le lendemain. Nos démarches auprès de la Comanav pour évaluer l'impact de ces deux journées de grève sont restées infructueuses. Auprès de la CDT, il est précisé que cette grève est motivée par le non-respect par la Direction de la Compagnie des résultats des réunions qui ont eu lieu entre l'Association des marins et le Comité Central des Armateurs Marocains (CAAM).

    Selon les officiers de la Comanav, les statuts de leur association lui donnent l'exclusivité dans les négociations avec les armateurs. Deux réunions ont eu lieu avec le CAAM. La première avec les subalternes le 19 novembre et la deuxième avec les officiers le jour suivant. Elles ont débouché sur des accords «qui n'ont jamais été respectés par la Comanav», déplore un groupe de grévistes. Des négociations entre les marins de la Comanav et des représentants de leur Direction avaient bien eu lieu. Elles ont été consignées dans des procès-verbaux signés par les deux parties. Malgré tout, rien n'a été appliqué, notamment en ce qui concerne le prêt au logement, soulignent les marins.

    Interlocuteur crédible


    Selon M. Abdelkrim Chabiky, le délégué régional des affaires maritimes, la Comanav invoquait, pour se justifier, le processus de restructuration engagé avec l'arrivée du nouveau directeur général, M. M'Hamed Benharrouga. Dans leur version, les syndicalistes affirment que la Direction n'a jamais réellement voulu discuter. Deux ans après son installation à la Direction de la Comanav, «le directeur général n'a jamais daigné recevoir le bureau syndical", disent-ils. Dans les négociations qui ont eu lieu en présence du secrétaire général du Ministère des Pêches Maritimes et de la Marine Marchande, le secrétaire général de l'Association des marins, M. Fatmi, avait pour interlocuteur le commandant Rezky. Des accords ont été conclus «mais reniés juste après par le directeur général». A la suite de quoi le commandant Rezky a déclaré que l'affaire n'était plus de son ressort, souligne le bureau syndical. Aussi, pour que les négociations soient crédibles, les grévistes réclament des «interlocuteurs crédibles, ayant le pouvoir de décision au sein de la Direction de la Comanav». A leurs yeux, ce ne peut être que le directeur général lui-même.

    Autre point de friction: le licenciement des trois officiers responsables du navire Anoual, échoué sur la côte espagnole, qui a donné lieu alors à une grève de protestation contre la sévérité des sanctions. La question a été discutée lors d'une réunion avec le secrétaire général du Ministère de tutelle, le directeur de la Marine marchande et les représentants des parties en conflit. Finalement, les grévistes ayant obtenu gain de cause, il a été décidé que la compagnie devait réintégrer les trois officiers. Seulement, ils sont toujours suspendus, affirment les responsables syndicaux à la CDT.
    Pour le moment, les grévistes ont regagné leurs postes, mais la grève n'est pas abandonnée pour autant. Tout dépendra du résultat des négociations.

    Hakim ARIF.

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