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    Economie

    Marchés financiers de Paris et de Londres : Le Maroc reste sur un trend haussier

    Par L'Economiste | Edition N°:196 Le 21/09/1995 | Partager

    La grande crainte des milieux d'affaires et des associations professionnelles ne s'est pas réalisée. Les marchés financiers étrangers n'ont pas donné suite aux analyses catastrophiques qui ont circulé sur le Maroc.


    "C'est incroyable, nous nous battons tous les jours pour attirer des investisseurs étrangers, et nous nous faisons tirer dans le dos, dit M. Amyn Alami, le nouveau président de la société gestionnaire de la Bourse de Casablanca, alors qu'il faut valoriser, pas brader le capital-confiance qu'a le Maroc".
    Son sentiment, partagé dans les milieux bancaires et chez les exportateurs, provient de la multiplication des incidents de communication. "Certains journalistes jouent du catastrophisme avec une grande légèreté, sans mesurer les risques de leurs propos, poursuit M. Alami, surtout que la dévaluation n'est pas la solution aux problèmes du Maroc".
    Les cacophonies des pays émergents ne sont pas rares, font remarquer les analystes de ces marchés, dans les banques comme Morgan Stanley, JP Morgan, Indosuez, BFCE... Les pays découvrent souvent la communication en même temps que les marchés financiers. Mais, "durant les six derniers mois, vous avez eu droit à trois lancements de dévaluation et à une apocalypse dans vos réformes économiques: ce doit être un record" , ironise un analyste britannique qui ne veut pas être cité (sa banque espère un contrat avec le Ministère de la Privatisation). "Mais vous devriez dire autour de vous qu'il faut cesser de s'amuser avec l'information et qu'il faut que votre gouvernement cesse de se contredire lui-même". Cet opérateur londonien ne prend pourtant pas les choses trop au sérieux: "nous pensons que le papier Maroc est sur trend haussier, parce que les fondamentaux sont corrects et que nous croyons en la parole du Trésor".

    Chez Morgan Stanley, qui a aussi des espoirs de contrats, même approche mais moins critique vis-à-vis du gouvernement ou des journalistes. M. Arnaud Grémond, en charge des pays émergents, considère que le pays est un "cocktail positif" même s'il est évident depuis longtemps que "les problèmes ne viennent pas uniquement de la conjoncture-sécheresse". "Les Marocains sont peut-être plus pessimistes sur eux-mêmes que nous ne le sommes parce que nous avons plus de recul", commentent en général les Britanniques, dont plusieurs avaient eu en main des comptes rendus de l'interview royale sur TV5.
    Plus portés sur la politique, les analystes parisiens, comme ceux de Indosuez, avaient déjà noté, à l'occasion de leurs enquêtes de terrain, que l'enjeu se plaçait dans la programmation des réformes et pas sur les réformes elles-mêmes. Un analyste d'Indosuez faisait même remarquer, non sans finesse, que "le Maroc est champion dans l'art du contournement silencieux des résistances aux réformes". Ce silence peut donner l'impression d'immobilisme ou d'irrationalité aux regards non avertis, confiait-il à l'issue de son voyage d'études.
    En fait, les traders sur la dette, à Paris comme à Londres, font tous la même analyse, quelle que soit la banque pour laquelle ils travaillent: le papier Maroc est sur un trend haussier qui peut aller jusqu'à un cours de 65% sur le marché secondaire de la dette. Cette analyse vient de se confirmer le mercredi 20 septembre à 13H40GMT, avec le dernier point disponible sur le marché de la dette.
    La tranche A, qui correspond à la dette de l'Etat, et qui est la seule liquide, s'est traitée ce mercredi à 64%, contre 62,5% lundi. L'évolution du cours reste donc à la hausse: 58,37% à la fin juillet, 60,5% le 10 août et 62% début septembre. "C'est exactement ce qui était prévu", note la salle des marchés de la BMCE-Paris. Chez elle comme dans les autres salles des marchés à Paris et à Londres, les critères sont identiques: le rendement à maturité est fort (15,8%), le risque d'incident de non-paiement est très faible, la dette marocaine suit le comportement de la dette argentine.

    La tranche B, qui représente des créances sur les Offices et garanties par l'Etat, reste très peu liquide, bien que recherchée.
    Quant aux opérations sur les Dirhams convertibles, essentiellement traitées par les banques tunisiennes off-shore et la BMCE-Paris, elles se sont montrées peu sensibles à la troisième vague de rumeurs sur la dévaluation. La première vague en mars dernier n'avait pas provoqué de rush de cessions: les opérateurs marocains étaient montés au créneau, donnant à leurs clients leur garantie que cette information était fausse(1). Ils avaient d'ailleurs réclamé à cette occasion que les pouvoirs publics réagissent plus vite et plus fermement face au marché. Les deux autres vagues, en août puis début septembre, ont eu un moindre impact: "Nous savons maintenant qu'au Maroc il y a des problèmes d'analyse de l'information, donc nous sommes plus circonspects pour nous servir de tout ce qui en arrive".

    Nadia SALAH.

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