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    Marché secondaire et marché financier : Le taux de référence contribuera à la transparence

    Par L'Economiste | Edition N°:181 Le 25/05/1995 | Partager

    Avec le marché secondaire, le taux de référence deviendra l'instrument privilégié de la politique monétaire. Bons du Trésor, certificats de dépôt et billets de trésorerie constitueront les titres échangés sur ce marché. Celui-ci contribuera à diversifier les sources de financement et drainer les liquidités à court terme en attendant des opportunités de placement.


    Constitué uniquement du marché interbancaire, le marché monétaire devra bientôt intégrer un marché secondaire où les titres de créances déjà émis seront négociables.
    A ce jour, la loi sur les titres de créances négociables (TCN) et l'arrêté du ministre des Finances portant sur l'adjudication des bons du Trésor ainsi qu'une circulaire d'application de cet arrêté ont déjà été adoptés. (Cf L'Economiste nos172 &173).
    Il reste cependant l'adoption d'un décret et d'un arrêté ministériel pour préciser les modalités d'application de la négociabilité des autres titres de créances, à savoir les certificats de dépôt et les billets de trésorerie.
    Selon certains responsables, "cette mise en place serait imminente, car les textes sont finalisés et n'attendent plus que l'accord du Conseil de gouvernement". Cependant, d'autres professionnels laissent entendre que le marché secondaire devra fonctionner dans un premier temps avec les seuls bons du Trésor, "le temps que la machine soit rodée".

    Banques et entreprises sur le marché


    Toutefois, une fois l'entrée en vigueur des deux textes effective, le marché monétaire devra ensuite intégrer le reste des titres négociables.
    Parmi les titres qui seront échangés sur le marché secondaire, figurent en premier lieu les bons du Trésor placés par Bank Al-Maghrib pour le compte du Trésor. Ils seront émis par voie d'adjudication pour un montant unitaire nominal de 1 million de DH et revendus le cas échéant sur le marché.
    En second lieu, les certificats de dépôt émis par les banques représentent un moyen de collecter des liquidités soit auprès des confrères, soit auprès des entreprises ou des particuliers. Ils se distinguent des dépôts à terme par leur négociabilité.

    Enfin, les billets de trésorerie permettent aux entreprises de se procurer des capitaux d'emprunt auprès des sociétés ayant des excédents de trésorerie à placer. C'est un outil de désintermédiation bien que la banque intervienne dans leur mise en place. En effet, les billets de trésorerie émis à ce jour par quelques grandes entreprises sont domiciliés auprès d'une banque chargée de les placer auprès d'une autre société cliente. Mais la mise en place de la nouvelle formule des billets de trésorerie exigera une plus grande transparence dans les modalités d'émission. Les sociétés émettrices doivent disposer de 5 millions de DH au moins en fonds propres et publier leurs comptes trimestriels certifiés.
    D'une part, un visa préalable du CDVM (Conseil Déontologique des Valeurs Mobilières) leur sera imposé avant toute émission de billets de trésorerie. D'autre part, la banque domiciliatrice sera tenue de diffuser l'information à tous les souscripteurs potentiels, qu'ils soient clients ou non.

    Un taux de référence réel


    Une fois en place, le marché secondaire permettra d'établir un taux réel de référence, d'assurer la liquidité des titres et de faciliter les arbitrages entre les différents placements. Les retombées directes de l'expansion du marché secondaire se résument en quatre points: diversification des sources de financement, plus grande indépendance des entreprises dans la gestion de leur trésorerie, proposition d'instruments de gestion moins contraignants et optimisation de l'intermédiation de l'épargne.
    De plus, le marché secondaire constitue "un parking" pour les liquidités détenues notamment par les investisseurs institutionnels étrangers dans l'attente d'opportunités de placements rentables.
    Quant à l'intervention des autorités monétaires sur ce marché, elle sera évidemment fonction des objectifs de la politique monétaire.
    Ainsi, avec le désencadrement du crédit, la politique monétaire s'appuie de moins en moins sur le taux de réserves obligatoires et le plafond d'escompte.

    Bank Al-Maghrib devra privilégier davantage les interventions directes sur le marché pour influer sur le taux d'intérêt selon la pression exercée par l'offre et la demande. En cas de pression à la hausse sur les taux, Bank Al-Maghrib injectera des liquidités sous forme d'avances garanties par des titres. En cas de pression à la baisse, elle épongera l'excès de liquidités en plaçant ces derniers.
    Outre les placements des bons du Trésor, la banque centrale aura recours à la prise en pension et aux rémérés (vente de titres avec une option de rachat dans un délai et à un prix connus).
    Ces actions influent donc directement sur les mouvements du taux de référence. Ce dernier reflète à la fois l'état de la conjoncture et de la politique monétaire ainsi que le niveau des taux de croissance du PIB et d'inflation.

    Mouna KABLY.

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