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Affaires

Marché du mouton à Casablanca
La tarification du droit d’entrée pas respectée

Par L'Economiste | Edition N°:1940 Le 18/01/2005 | Partager

. Fellahs et revendeurs paient jusqu’à 500 DH par camion . Le mouton moins cher que l’année dernière A des dizaines de mètres de l’entrée du souk Ifriquia, la route est barrée. Au plus important souk aux moutons à Casablanca pendant cette période de l’Aïd, c’est le grand vacarme et l’heure est à la précipitation. De jeunes porteurs croulent sous le poids des bêtes qu’ils transportent sur leurs épaules et se déplacent rapidement en lançant des “balak balak”. Derrière les porteurs, tout un cortège formé des acheteurs du mouton suit: le chef de la famille, un ou deux enfants et parfois la mère aussi. Un jeune porteur qui n’a pas résisté aux “assauts” répétitifs du mouton, a trébuché et la bête, effrayée, a pris la fuite. L’acheteuse, une femme seule, crie, impuissante. C’est finalement le conducteur d’un triporteur qui a sauvé la mise en maîtrisant le mouton. A l’intérieur du souk, des centaines de véhicules sont pleins de moutons “sardi”. Les Casablancais, pour des raisons de “look” peut-être, raffolent de cette race. Les vendeurs tiennent leurs moutons par les cornes et le cou et s’alignent au pied des véhicules. Les meilleures bêtes restent exposées dans les camions. Bien en haut, loin de la foule des curieux et aussi pour leur éviter d’être tout le temps tripotées. Fiers de leur marchandise, des fellahs ne tarissent pas d’éloges sur ses qualités. Cette année, l’offre est très grande, assure un vendeur. “Et les prix sont à la baisse. C’est une différence d’environ 300 DH par rapport à l’année dernière”, ajoute-t-il. Le Maroc a vécu deux bonnes années agricoles successives et cela a eu des répercussions positives sur la qualité du cheptel national et sur son état de santé. “Cela fait des années que les acheteurs du souk Ifriquia n’ont pas connu une telle offre et de tels prix”, avance un acheteur, satisfait.En plus de la baisse des prix, les vendeurs de moutons dans ce souk souffrent d’un autre problème: les tarifs du droit d’entrée. Pour eux, la tarification n’est pas respectée. “On ne sait pas comment les percepteurs calculent ce droit. Nous sommes obligés de payer jusqu’à 500 DH la journée par camion. Les camionnettes payent entre 250 et 300 DH”, indique un vendeur. “Nous ne savons pas exactement sur quels critères ils se basent. Parfois c’est par camion, d’autres fois, c’est par tête de moutons”, assure un vendeur. “Deux camions avec le même nombre de moutons ont payé des sommes différentes chez les mêmes percepteurs. L’un a payé 400 DH, l’autre 500 DH. Allez comprendre pourquoi”, ajoute son voisin. Le droit d’entrée a déjà provoqué des querelles entre vendeurs et percepteurs. Mais ces coups de gueule restent vains. Ceux qui ne se plient pas à la volonté des percepteurs sont interdits d’accès au souk. Contactés dans leur quartier général composé de trois tentes caïdales, les percepteurs n’ont pas été convaincants. Leur “porte-parole” a préféré garder le flou sur la question des tarifications. Ses réponses ont été ambiguës et ses manières abruptes. Aucune réponse claire n’a été donnée. Hassan Bih, chargé de la division “Développement des ressources financières” au Conseil de la ville a affirmé que le souk Ifriquia a été concédé à des privés pour la somme de 1,4 millions de DH. Les tarifs du droit d’entrée sont de 5 DH par mouton, plus 30 DH pour les camions et 15 DH pour les camionnettes. “Les 1,4 million de DH représentent une bonne entrée d’argent pour la ville. Mais, c’est aux autorités locales de veiller à ce que la tarification soit respectée”, indique-t-il. Mohamed Akif, président de l’arrondissement de Ben M’Sik dont le souk relève, confirme les dépassements des percepteurs. “Ces dépassements nuisent aux fellahs et se répercutent sur le prix final des moutons. Les autorités locales doivent réagir rapidement”, avance-t-il.Pour une bonne vente, l’emplacement dans le souk est prépondérant. Les places à côté de l’entrée principale sont les plus prisées. Pour avoir ce privilège, il faut “se réveiller tôt”. De son bled de la région de Ben H’med, Saïd, un “kessab” prend la route à 20h, la veille. Avec d’autres voisins, ils transportent leurs moutons à 50 DH la tête. Ils arrivent vers 2h du matin au souk. Quand ils n’arrivent pas à écouler toute leur marchandise dans une seule journée, ils sont contraints de passer la nuit dans des écuries en payant la somme de 15 DH par tête de mouton.L’arrivée des fellahs au souk fait le bonheur des petites gargotes de fortune. Thé à la menthe, œufs durs, sardines frites ou abats au pois chiche, tout est à vendre sous des tentes en lambeaux, ou simplement en plein air. Fellahs, “chenaka” et porteurs viennent y casser la croûte après une longue journée de négociations et de travail. Ils semblent apprécier ces repas mélangés à de bonnes doses de poussière. Cependant, les “restaurateurs” sont plutôt insatisfaits cette année. Les prix des moutons sont à la baisse et cela joue également sur les dépenses des vendeurs. “Je peux vous assurer que nous sommes un vrai thermomètre des prix. Quand les fellahs font de bonnes affaires, la première chose à laquelle ils pensent est un bon repas et un bon thé à la menthe. Cette année, les affaires ne sont pas au top”, explique un gargotier.Le vacarme du souk est de temps à autre ponctué par d’agressives engueulades entre les porteurs de moutons. Ils abordent les clients d’une manière un peu exagérée. Leur approche frôle souvent la provocation, voire l’agression. “Ces gens sont en train de faire fuir les acheteurs du souk par leurs mauvaises manières”, commente un client mécontent, qui était sur le point d’entrer en querelle avec l’un d’eux. Tirés, poussés, transportés sur les épaules ou dans des charrettes, tous les moyens de locomotion sont bons pour faire sortir la bête du souk. Un grand nombre de jeunes trouvent dans ce business un moyen de se faire des sous pendant cette période. Ils travaillent toujours en duo. Ahmed, un jeune porteur explique qu’il gagne entre 100 et 150 DH la journée. Il est payé par le client et il reçoit également une commission de 5 DH sur chaque mouton, de la part des chauffeurs des “honda”. Ces derniers, malgré leur grand nombre, ont également leur part du gâteau. “En général, nous n’avons pas de soucis à nous faire quant à l’achat du mouton de l’Aïd. Pendant la période des “awacher”, on peut gagner jusqu’à 3.000 DH”, avance un chauffeur.Mohamed AKISRA

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