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    Courrier des Lecteurs

    Marché des changes: Le démarrage est attendu pour mai

    Par L'Economiste | Edition N°:215 Le 01/02/1996 | Partager

    Le marché des changes devra bientôt démarrer. Les banques se préparent à cette échéance. La Société Générale vient d'organiser des séminaires destinés à préparer les entreprises.

    Le marché des changes va démarrer le 2 mai 1996, annonce M. Othman Benjelloun, président du GPBM. Bank Al-Maghrib devrait prochainement publier une circulaire fixant les règles de fonctionnement de ce marché. En attendant, les banques s'apprêtent à aborder ce nouveau virage. La plupart ont fini de mettre en place une salle de marché et la logistique nécessaire. La formation, déjà bien avancée au niveau interne, est élargie aux opérateurs économiques, notamment les financiers des entreprises. La Société Générale vient de boucler un séminaire(1) consacré aux opérations de change et produits dérivés à l'intention de cette catégorie d'intervenants. L'animatrice, Mme Anne-Charlotte Paoli, de Sogemarc, une filiale de la Société Générale France spécialisée dans la formation, a alterné la théorie à la pratique de manière à mieux familiariser les participants aux opérations effectuées sur ce compartiment du marché des capitaux.
    Le Marché des Changes représente le lieu (physique ou non) où les opérateurs échangent des devises contre d'autres. En d'autre termes, il est formé par la rencontre de l'offre et de la demande de devises dont l'équilibre détermine le prix d'échange appelé cours de change.

    Cotation continue

    Pour le Maroc, l'instauration d'un tel marché va engendrer une modification significative du système de traitement des opérations en devises, rappelle M. Abderrahim Rhiati, directeur de l'International et de la Trésorerie de la Société Générale. En effet, Bank Al-Maghrib n'aura plus le monopole de la gestion des devises. L'obligation de cession à l'Institut d'émission fera place à une obligation de cession aux intermédiaires agréés qui seraient autorisés à effectuer des transactions entre eux et à se constituer des positions en devises. Les cours seraient déterminés par les intermédiaires agréés à l'intérieur des fourchettes arrêtées par Bank Al-Maghrib qui est le dernier recours. Il est noté que les transactions seraient exécutées selon la norme internationale (J+2). Les opérateurs devraient ainsi avoir connaissance des taux de change applicables le jour où les ordres d'achat ou de vente de devises sont donnés, voire au moment même de la passation de leurs ordres.
    Le projet prévoit quatre types d'opérations.
    Il sera ainsi possible d'entreprendre des opérations au comptant ou spot. Les banques pourront acheter ou vendre des devises contre Dirhams en continu au cours de la journée, avec obligation d'effectuer les règlements valeur deux jours ouvrables. Il est fait remarquer que les ordres d'achats et de vente de devises remis par les intermédiaires agréés à Bank Al-Maghrib sont exécutés à J+3 et les taux de change qui leur sont applicables à j+1.
    La Banque centrale affichera en permanence les cours auxquels elle est disposée à acheter ou vendre des devises contre Dirhams.

    Pour les opérations initiées par les banques au profit de leur clientèle, le choix des devises à traiter ne fait l'objet d'aucune restriction.
    Deuxième possibilité: Les opérations à terme de gré à gré seraient librement conclues. Cependant, il est souligné qu'un marché des changes à terme ne pourra se développer que sous réserve de l'existence de taux de prêt-emprunt homogènes sur le Dirham, auquel cas, les banques pourront librement offrir des cours pour des maturités allant de 1 à 12 mois pour conclure des opérations à terme de gré à gré. Bank Al-Maghrib pourra afficher, en cas de besoin, des cours à terme indicatifs.
    Dans un tel contexte, le Trésor n'assurera plus la couverture du risque de change au profit des institutions financières pour les nouvelles lignes de crédit. De même le système de couverture du risque de change pour les exportations et pour les importations réalisées dans le cadre des régimes économiques en douane devrait disparaître.

    Marché fermé

    Troisième cas: Les banques pourront effectuer entre elles des opérations de trésorerie, notamment des dépôts à échéance fixe, la maturité et la rémunération étant laissées à la discrétion des opérateurs en fonction de leurs propres besoins.
    Bank Al-Maghrib affichera en continu les conditions applicables aux dépôts qui seront effectués auprès d'elle. Les cours offerts par la Banque centrale seront fixés avec pour objectif l'encouragement des échanges interbancaires. Ils refléteront les conditions du marché international et ne concerneront qu'une liste limitée de devises. Par ailleurs, les disponibilités des comptes de non-résidents pourront continuer de faire l'objet de placements auprès des banques étrangères.
    Quatrième opération qui devrait être autorisée: Les swaps. Toutefois, l'échéance pourrait être limitée à un maximum de 6 mois.
    Ce Marché des Changes présente plusieurs caractéristiques soulignées par M. Rhiati. Le marché serait fermé. Ainsi, les banques ne pourront pas traiter des opérations avec leurs filiales et succursales ainsi qu'avec les banque étrangères. Elles seraient autorisées à prendre une position de change équivalente à 20% de leurs fonds propres. Excepté le Dollar et le franc français pour lesquels il serait possible d'atteindre le seuil de 10%, le risque encouru sur chaque devise n'excéderait pas 5% des fonds propres. Les banques seraient tenues de placer en fin de journée leurs excédents auprès de Bank Al-Maghrib.

    Alié Dior NDOUR.


    Le point sur les produits dérivés

    Le séminaire organisé par la Société Générale s'est voulu pratique. Les participants ont eu, à travers des exercices, à manier les services, notamment les produits dérivés, qu'ils pourraient solliciter auprès des banques. Il existe trois groupes de produits dans la famille des produits dérivés.
    Le terme ou futur: il s'agit de l'engagement ferme d'acheter ou de vendre un actif à une date ultérieure à un prix fixé. Dans un marché à terme, les transactions ne donnent pas lieu en principe à une livraison effective des actifs. A l'échéance, le contrat donne lieu au versement du différentiel entre le prix convenu au départ et le prix de l'actif au comptant le jour du dénouement. Il est souligné que ce produit ne coûte rien. Mais le cours à terme fixé est unique.
    Quant à l'option, elle constitue le droit d'acheter ou de vendre un actif à une date future, à un prix déterminé au départ. Ce droit à un coût dépendant du prix fixé par l'utilisateur.
    Les options sont divisées en deux groupes. Il s'agit des options d'achat ou call (droit d'acheter un actif) et les options de vente ou put (droit de vendre un actif).
    L'option constitue une couverture contre une évolution défavorable du cours de change et élimine l'aspect spéculatif dans la décision de couverture. De plus, elle permet de gérer les transactions commerciales incertaines. En effet, si la transaction couverte n'est pas effectuée, il est possible de la revendre avant sa maturité ou de la garder sans l'exercer. La perte maximale est limitée à la prime. L'un des désavantages relevés porte sur le coût et le décaissement à l'achat de l'option.

    Le swap, ou échange, est une opération qui permet d'échanger les conditions de prix d'un engagement financier. C'est un échange de devises avec promesse de faire l'opération inverse à une échéance déterminée à l'avance. Le marché des swaps est essentiellement interbancaire à l'exception des sociétés qui gèrent globalement une trésorerie multidevises importante.
    Il peut s'agir aussi d'un swap d'intérêt, une opération permettant de modifier son exposition au risque de taux d'intérêt afférent à un emprunt ou à un placement.
    Les opérations de swap sont principalement destinées à la couverture du risque de change, à l'établissement de cours de change en valeur décalée ainsi qu'à la couverture d'opérations de trésorerie. Le swap ne supporte pas de coût, mais les conditions de prix échangés sont uniques.
    Globalement, les produits dérivés permettent de réduire l'exposition aux risques ainsi que le coût d'endettement. Ils servent également à optimiser le rendement des ressources financières. Outre la gestion des besoins de financement imprévisibles, ils offrent par ailleurs la possibilité de couvrir les décalages de trésorerie en terme de date, de devises ou de natures des taux, et de dégager des gains spéculatifs.

    Alié Dior NDOUR.

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