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    Politique Internationale

    Marché de la pièce détachée: La valse des prix

    Par L'Economiste | Edition N°:5 Le 28/11/1991 | Partager

    D'aucuns n'ignorent que l'entretien et la réparation des véhicules coûtent chers. Si le marché offre un amalgame de pièces détachées à des prix et qualités différents, le prix reste déterminant dans la décision d'achat. Le réflexe du rapport qualité-prix n'est pas encore acquis par le consommateur moyen.


    Qu'une voiture offre une habitabilité et un confort remarquables, qu'elle dispose d'une direction assistée, d'un verrouillage centralisé et de lève-vitres électriques ou qu'elle soit des plus ordinaires, la satisfaction qu'elle procure quand on est à son volant tourne souvent vite au désagrément dès qu'un de ses organes affiche un malaise.
    A côté du prix relativement élevé des voitures, le fait de s'engager dans des dépenses d'entretien et de réparation, qui sont le plus souvent aléatoires, constitue parfois pour le consommateur moyen un véritable ... frein à l'acquisition d'un véhicule.
    En fait, les conducteurs n'ont pas besoin qu'on les sensibilise à la nécessité d'accorder une plus grande attention à l'état de leur voiture. Ce qu'ils demandent réellement c'est qu'on mette à leur disposition des pièces détachées en fonction de leur pouvoir d'achat.

    Un marché concurrentiel

    D'après un grossiste, le consommateur marocain n'est pas à plaindre en ce sens que le marché de la pièce détachée peut répondre aux besoins de tout un chacun, prix et qualité confondus.
    Une étude du comportement d'achat du consommateur marocain permettrait de mettre en évidence l'importance de l'utilisation des pièces automobiles dites "adaptables" et le rôle prépondérant que joue encore le prix dans la décision d'achat. Dès qu'un automobiliste est contraint de changer une ou plusieurs pièces de son véhicule, c'est à un marché hybride qu'il a affaire. L'on entend parler de pièces "d'origine", "adaptables", "concurrencées" sans en connaître le sens réel. La pièce est d'origine lorsqu'elle est fabriquée par le constructeur lui-même et qu'elle porte sa marque. Elle est également dite d'origine lorsque le constructeur en confie la fabrication à une entreprise spécialisée communément appelée équipementier.
    On entend par "adaptable" toute pièce non homologuée par un constructeur mais qui remplit les mêmes fonctions que la pièce d'origine. Celle-ci peut par conséquent être montée sur des véhicules de n'importe quelle marque.
    Une pièce est dite "concurrencée" lorsqu'elle est identique à celle commercialisée par les constructeurs et leurs concessionnaires à la seule différence que la première n'a pas subi de contrôle qualité.
    Au niveau du marché marocain, la plupart des importateurs et revendeurs disposent d'un stock de pièces "concurrencées".

    Séduction de l'adaptable

    Cependant, en raison du prix élevé des pièces concurrencées, du pouvoir d'achat des consommateurs et de la tendance de la demande, la part des pièces détachées adaptables prédomine dans le stock total des commerçants.
    Une grande partie de ces pièces est fabriquée localement ou importée de pays où la main d'oeuvre est également bon marché.
    Bien que la production locale connaisse une certaine croissance à l'image du parc automobile, elle se tourne davantage vers l'exportation en raison de la vive concurrence qui existe sur le marché intérieur. La concurrence est entretenue par l'importation, la contrebande et la contrefaçon.
    Etant donné la qualité des matières premières utilisées pour la fabrication des pièces adaptables, leur prix est comparativement inférieur à celui des pièces d'origine.
    Si la différence de prix entre ces deux catégories de pièces se justifie, comment expliquer celle existant entre les pièces d'origine et concurrencées ? Pourquoi, à titre d'exemple, le plateau d'embrayage de la Peugeot 205 SR modèle 88 coûte-t-il 639,20 Dh alors que la pièce "concurrencée" ne vaut que 391,62 Dh (maximum 425,00 Dh) ?
    Pour une Super 5, le prix de l'amortisseur arrière atteint 800 Dh (pièce d'origine) et 518 Dh (pièce concurrencée).
    Les grossistes et détaillants expliquent cet écart de prix par la lourdeur des charges de structure et l'importance de la marge bénéficiaire prélevée par les constructeurs et leurs concessionnaires.
    Pour celui qui n'a aucune connaissance du marché, un tel écart ne se justifie pas car les pièces sont supposées être de même qualité et de même pays de provenance.
    Pour les inconditionnels des pièces d'origine, qualité et sécurité riment avec pièces automobiles et le critère économique ne semble guère être pris en ligne de compte dans la décision d'achat. En effet, certains automobilistes achètent un cardan à 2.420,00 Dh pour leur super 5 alors qu'il existe sur le marché des cardans dont les prix n'excèdent pas 1.200,00 Dh.
    Lorsque le véhicule est neuf et /ou haut de gamme, son détenteur a tendance à n'utiliser que les pièces d'origine. Toutefois, dans certains cas, ce comportement change au fur et à mesure que le véhicule prend de l'âge et suivant la nature de la pièce à changer.

    La question qui se pose est de savoir pourquoi les prix oscillent d'un magasin à un autre alors que les prix sont régis par arrêté ministériel du 23 juin 1979.
    Celui-ci dispose que le prix de vente public doit correspondre au maximum au prix de production ou d'importation multiplié par 1,8.
    L'existence de ce plafond permet à chaque grossiste et détaillant d'appliquer la marge bénéficiaire et la remise qu'il juge adéquates.
    Cette liberté d'action expliquerait alors l'écart de prix observé sur le marché.
    D'après une étude menée en 1988, 70% des utilisateurs de pièces adaptables ont avancé qu'ils opteraient pour les pièces d'origine si leur prix est de 10 à 20% plus élevé que celui de l'adaptable.
    Au Maroc, les motivations d'achat du consommateur moyen sont d'ordre économique.
    Par conséquent, "acheter l'adaptable représente un choix rationnel dans la mesure où son prix reste relativement accessible" souligne un automobiliste.
    "Une telle décision d'achat est d'autant plus rationnelle et réfléchie que les prix varient du simple au double voire même au triple", ajoute la même personne. L'exemple des pompes à eau est ici significatif car l'adaptable vaut environ 300 Dh alors que l'origine avoisine, voire dépasse, les 1.000 Dh.
    En outre, si les prix des pièces adaptables ne varient que très peu d'un vendeur à l'autre, la différenciation se situe au niveau du taux de remise accordé.
    Celui-ci peut varier entre 0 et 25% en moyenne.
    Les grossistes et détaillants, contrairement aux constructeurs et à leurs concessionnaires, par les remises attrayantes qu'ils appliquent, drainent de nombreux clients. Si le marché de la pièce d'origine ne suit pas l'évolution du parc automobile, c'est principalement dû à la concurrence qui, par le niveau de ses prix et des remises accordées, se taille une part de plus en plus grande du marché.
    La garantie offerte par les constructeurs, suffit-elle à justifier les différences de prix affichées ?
    Selon un responsable, offrir une garantie représente un engagement de taille et "un engagement, ça se paie".

    Hakima El Mariky

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